Ticket chic, ticket choc
novembre 3, 2009 par Côte-RôtieLa liste nwâre
septembre 25, 2009 par Côte-RôtieM. Patrick Lozès, président, porte-parole, trésorier et membre principal du CRAN – qu’il ne faudrait pas confondre avec un version en couleur et non-confessionnelle du CRIF – est un monsieur sérieux qui poursuit un combat non moins respectable. Témoin, l’ardeur mise à poursuivre sa tâche qui le contraint à scruter * étudier à la loupe des illustrés pour en extirper tel un point noir comédon les immondices racistes envers ses frères en mélamine.
Prenant mon courage citoyen à deux mains, j’ai mollement et sans effort particulier recensé un petit nombre d’exemples à son attention dans lesquels notre ancêtre à tous a été représenté sous des traits qui le rendent impossible à confondre avec Harry Roselmack. On notera cette vision d’un continent systématiquement dépeint comme légèrement moins développé que Shanghai en 2009…
Qu’il en fasse bon usage – la plupart des auteurs étant morts, il saura j’en suis sûr, retrouver la trace des ayants-droits qui vivent des revenus de leurs méfaits.
[Cette liste sera complétée au gré de mes trouvailles, ou des vôtres.]
On ne présente plus cet ex-Rexiste de sinistre mémoire

Son concurrent Spirou n’était pas en reste

« Péchés de jeunesse », la collection bien nommée

“Nos ancêtres les Gaulois” dans toute leur blonde splendeur

Les rêves de Winsor Mc Kay, cauchemars de l’amateur de mafé au manioc

Yves Chaland, réactionnaire passéiste ayant eu le bon goût de ne pas s’éterniser

Mélanésiens certes, mais le ‘N’ de CRAN n’a jamais signifié euh… numide, si ?

Une parodie du précédent signée Bill Elder, avec un « der » comme dans « Der Stürmer »

Guère étonnantes, en vérité, ces aventures dessinées par Marcel Jeanjean

Un fantôme aux curieux fantasmes

Plus facile de parler du rythme dans la peau que de lister les innombrables inventions noires, messieurs Morris et Goscinny ?..

Chez Rockwell, le white boy ne daigne pas lever les yeux

Jamais en retard d’une horreur à dessiner, Reiser n’hésitait pas à écrire « un nègre »…

Et ça vous fait ‘i’e ?

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* « Scruter » n’est plus un verbe acceptable depuis que Pierre Péchin en a tiré, à la 42e seconde, l’une des répliques d’un sketch qui aurait du rester oublié des mémoires si le ouaibe n’était devenu ce réceptacle à ordures sur l’usage duquel il va bien falloir finir par légiférer un peu sérieusement au nom de la liberté.
Attentifs ensemble
septembre 25, 2009 par Côte-RôtieNous sommes dans le métro, cheminant de la ligne de démarcation vers la zone libre. Cinq gitanes dans la rame sont rejointes un peu plus loin par autant de leur congénères. Elles sont jeunes – l’aînée n’est certainement pas majeure – à l’exception d’une adulte qui pourrait faire office de jeune tante. La dizaine de filles occupe l’espace avec autant d’aisance que s’il s’agissait d’un dressing. Dans le wagon, le lumpen germenat mélangé qui fait office de photo de groupe du parisien de base continue de lire pour la catégorie mâle, et change son sac à main de côté pour les femelles. Les Gitanes se changent, c’est-à-dire qu’elles retirent leur ticheurtes roses à paillettes, qui pour son équivalent noir, qui pour une version claire, parfois agrémentée d’un message touristique comme « I cœur Paris » et s’en débarrassent sur la voie ; les petites vitres ouvertes du métro faisant office de bac à linge sale. L’une d’elle ne doit pas avoir treize ans : très brune, ses poils sous les bras font penser à une petite brosse usagée. À l’approche d’une station de correspondance très fréquentée, je m’attends à une action de grande envergure. Peine perdue, les filles sortent en courant pour gagner le wagon de queue, laissant seule l’aînée de la bande qui a soin de coincer son sac à main sous son pull. On n’est jamais trop prudent avec tous ces voleurs qui rôdent.
Pendant toute la scène, je n’ai cessé de penser à Oliver Twist. Et aussi au fait que j’étais devenu étranger dans mon propre pays et le regardais avec le même curiosité détachée qu’un voyageur des siècles passés découvrant des terres inconnues.
367
août 7, 2009 par Côte-RôtieÉtait-ce dans « La Liste Noire », d’Irwin Winkler * ou « Citizen Cohn », avec James Woods, que l’on voyait Joseph Mc Carthy s’inspirer du chiffre « 57 » présent sur les bouteilles de ketchup Heinz pour le reprendre dans une diatribe dénombrant le nombre de communistes dont il était censé détenir les noms ? L’anecdote de ce chiffre complètement farfelu car gratuit qui donnait corps à une menace est, je crois authentique.
Je repense à ceci par rapport au nombre de 367 burqas, burkas, bourkas, bâches réservées aux femmes muslmanes avec une ouverture pour les yeux et le visage quand il y en a, dénombrées en France, nombre dont les modalités de calcul à un instant T resteront à jamais obscures, et de fait me demande si ça ne correspondrait pas au numéro de modèle du portable ou à la quantité de milligrammes d’un médicament pour la tension d’un des haut-fonctionnaires anonymes qui l’a lancé sur le marché.
Je n’en serais pas plus étonné.
Un chiffre abstrait jeté en pâture aux chiens de garde dont les aboiements ont pour but de nous distraire des véritables dangers et, si vous me permettez l’expression qu’appelle l’allusion condimentaire, de continuer à nous la mettre profond.

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Film raté car un peu mou, dans lequel De Niro se retenait à chaque plan de trop en faire, écrit selon une approche victimaire des protagonistes – la question n’étant pas de savoir si oui ou non, les blacklistés étaient coupables, ou du moins si les soupçons sur eux étaient fondés, mais de s’attacher à montrer la dégradation de leur conditions de vie d’employés de studios sous contrat – celui-ci valait dans mon esprit par cette réplique de Scorsese campant Joseph Losey (Joe Lesser, à l’écran) qui confiait avant son exil pour l’Angleterre: “Si je reste [et donc balance mes copains], je ne pourrai plus me regarder dans la glace. Et j’adore me regarder dans la glace.”
La journée du loden
avril 11, 2009 par Côte-Rôtie…ou de l’écharpe Burberry’s
[Titre savoureux suggéré par zeppelin sur masouche]
Personnellement, je n’ai rien entendu de la sorte. Ces propos, s’ils ont été dits, interviennent dans un contexte où mes agresseurs étaient drogués ou ivres. Par ailleurs, ils n’étaient pas tous issus de l’immigration. La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à partie par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. L’un des assaillants en survêtement, rasé, avait d’ailleurs une couleur de peau très pâle…
Le Figue à rôts
http://video.rutube.ru/6d8c97f8ff1a921a750c9f566ac8f55f
[PS. Article qui arrive comme les carabiniers, mais je n'arrivais n'arrive toujours pas à mettre en ligne des vidéos russkies]
Vers la guerre civile ? Oui, à 64 %
mars 27, 2009 par Côte-RôtiePas en ligne, plus en kiosque…
Hier, dans le Parisien du jeudi 26 mars 2009, un sondage en page 9 sur-titré « Le mécontentement gronde », demandait :
Pensez-vous que, avec la Criiise, les Français :
• Vont plutôt se résigner et se replier sur la sphère privée * : 31 %
• Vont plutôt finir par se révolter, par manifester violemment leur mécontentement : 64 %
En temps normal – dans les années soixante, peut-être – on aurait tempéré de soi-même le sens premier de ces mots, aujourd’hui, ils me semblent relever de la litote prudente. En clair, l’information à retenir n’est pas le taux de réponses positives mais bien le fait que Le Parisien demande aux Français s’ils sont prêts à rejouer la Révolution, l’épuration, et la Saint-Barthélémy, s’il reste un peu de temps, et dans l’ordre qu’ils voudront…
* Intéressante évolution de l’expression « sphère privée » jusqu’alors exclusivement accolé à « religion » – vous savez, ce droit consenti à être catho en dehors des heures de bureau – et qui désignait grosso-modo son studio mais qui, en ces temps d’unions contre-nature aux lignages farfelus, sert dorénavant de périphrase à « famille ».
Ochouitsse : un banal accident de la route
février 11, 2009 par Côte-RôtieNon, ce n’est pas moi qui le prétend, ni un quelconque prélat traditionaliste dont on aurait ressorti une coupe au montage, gardée pour la bonne bouche, non, c’est seulement l’avocat d’une vieille dame qui se réveille soixante-cinq ans après et réclame plein de sous pour la déportation de son père.
“On demande simplement à être traité comme n’importe quel citoyen, victime de l’amiante ou d’un accident de la circulation, quand on subit un préjudice on demande à ce qu’il soit réparé”, a poursuivi l’avocat…
Époque farce qui traîne d’une main au tribunal et si possible en prison quiconque avancerait l’hypothèse que les déportés seraient morts ailleurs et autrement que dans des chambres à gaz, mais permet au détour d’une plaidoirie pour la bonne cause de ramener cela au rang d’un accident de vélib’.
C’est à se demander si Harendt ne s’était pas trompée de cible en théorisant sur la « banalité » du mal.
En tout cas, parti comme on l’est, les révisionnistes auront beau jeu d’arguer qu’ils ne font que remettre en question un constat automobile.
PS.
Oui, ça fait deux posts en en une semaine sur le même sujet, traités différemment, mais étant d’une génération pour qui cet épisode ne faisait pas encore partie des humanités obligatoires en maternelle mais constituait un élément de la jeunesse de nos parents au même titre qu’Hiroshima et Nagasaki, le 6 juin, la bataille du Vercors ou le Pont de la Rivière Kwai, donc du monde qui nous a immédiatement précédé, je ne cesse de m’épater de l’usage excessivement désinvolte que peuvent en faire ses gardiens attitrés.
C’est le problème général des franchises : Mc Do ou Louvre, dès qu’il y a de l’agent en jeu, on est tout de suite moins regardant…
Acheter des cigarettes un Dimanche
février 9, 2009 par Côte-RôtieCafé-tabac rue Chauchat, à l’angle de la rue Lafayette, tenu par des Chinois. Bientôt sept heures.
À ma commande d’un verre de Côtes-du-Rhône, la patronne qui porte un pull en V au logo Tommy Hilfiger discrêt demande confirmation par “un ballon de Côtes ?” dans le plus pur idiome limonadier.
Marbre pisseux, menuiseries brunâtres et appliques improbables dorées, la déco inchangée depuis une vingtaine d’année si ce n’est trente respecte les canons bistroquetiers d’un ordinaire oublié. Moitié d’Arabes Que des Français au zinc. Posé entre les bouteilles de Ricard et le panonceau à chaînette “Nos Sandwiches”, un pécé portable crachotte à pleins poumons de la variète de restau viet.
Je bois mon verre en dépiautant machinalement mon paquet de cigarettes quand la patronne accueille en mandarin un aréopage de compatriotes débarquant en terrain conquis dans ce troquet paisible. Je n’entendrai plus un mot de Français jusqu’à ce que je sorte de l’établissement.
On en est encore à recommander la lecture du Camp des Saints alors que Paris s’est déjà transformée en métropole cosmopolite ™ à la Blade Runner. L’avenir, c’est un remake d’Un Singe en Hiver, avec Chow Yun-Fat et Jackie Chan.
Nous en sommes parvenus à un point où l’on regretterait presque que Bruel n’ait pas incarné un jeune aristocrate fin de race pour y retrouver, tant bien que mal, l’image déformée d’un monde encore debout.
Bergen Bimbos
février 3, 2009 par Côte-RôtieAujourd’hui, petit exercice de photographie comparée.
J’entends d’ici les huuuuuurlements que pousserait le photographe de l’affiche du film si on lui mettait l’autre sous le nez avec un point d’interrogation.
Évidement que ce con, ou cette conne, n’y a pas pensé – n’est pas compositeur graphique de pochette d’album de techno nazi-pédée qui veut – c’était une “figure” qui traînait quelque part dans un coin de sa tête, tellement poussiéreuse qu’il en a oublié l’origine. Comme une pieta, une cène, un déjeuner sur l’herbe ou une place Tian-An-Men : une scène originelle dont le sens s’est perdu, devenue accessoire à force d’avoir trop servi.
Et encore, s’il les avait fait s’asseoir derrière une table, la productrice l’en aurait sans doute dissuadé, se remémorant un précédent source d’enquiquinements, sans trop bien se rappeler les motifs, il faudra qu’elle retrouve le numéro de Stratégies.
Bien que cela ne se fasse pas de penser à la place des gens, rien n’interdit de postuler que cet artiste du sixième art ait eu envie de donner raison à la fois à Hitchcock qui aurait prétendu que les acteurs n’étaient que du bétail, et à d’autres qui estiment que les femmes ne sont que de la viande. Hypothèse gratuite, j’en conviens, avancée de la même manière qu’on peut aussi s’amuser, toutes proportions gardées (j’adore cette expression qui permet les pires horreurs et les à peu près les plus douteux…), à plaider les circonstances atténuantes à un serial killer. Encore que ce soit faire injure à cette corporation dont nombre de membres ont assumé leurs actes.
Notre époque amnésique pourtant obsédée de la Mémoire ™ aura donc permis la transmutation de charniers en composition glamour. Comme ça, gratuitement, sans même aucune intention de nuire, de choquer ou de susciter un éventuel débat sur la mort du cinéma français.
Et à mon avis, ce n’est pas fini…


Légende :
en haut : tas de bimbos comédiennes semi anorexiques dont une enceinte posant pour le film “Le Bal des actrices”, de Maïwenn. (Qui ?.. )
en bas : fosse commune de déportés à Bergen-Belsen, morts du typhus après leur libération par les Britanniques.
à propos de diversité
janvier 29, 2009 par Côte-RôtieSans parole, avec une conclusion logique signée Piotr


