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Dans ma rue
(sur l’air d’À Paris, de Francis Lemarque)
Dans ma rue
Le Noich vend des ordis
Le Marocain des fruits,
Et le Syrien du gaz
Son vin est dégueulasse
Qui l’eut cru ?
L’an dernier
La vieille librairie
D’occasion – quelle vieillerie ! -
S’est d’un coup transformée
En coiffeur congolais
Quel cachet !
Un pressing
Où bossent des Cambodgiens
Fait face à l’Egyptien
Où l’on fume la chicha
Au son de “La Raya”
C’est standing
Interlope
Autrefois Portugais
Le pub fut racheté
Par un duo Kabyle
Financièrement habiles
C’est l’Europe
Un bistrot
Tenu par des Chrétiens
Assyro-Chaldéens
Met une note d’exotisme
Dans ce nid d’islamisme
C’est trop beau.
Tel un krak
Une église au nom de Sainte
Forme une vague enceinte :
Sur les plage de cette île
On croise des “jeunes” qui dealent
Que du crack
Si l’on veut
Partir à moindre frais
Les annonces colorées
Des agences de voyage
Proposent des pélerinages
A la Mecque
Dans les classes
Sous la plaque mémorielle
Noirs et Turcs par kyrielle
Captent vite que jamais
Les Français ne devraient
Parler de races
Dans le square
Parmi tous les enfants
Les nouveaux arrivants
Pas tous forcément blonds
S’ils sont baptisés sont
Kossovars
Sur la place
C’est Marseille, c’est Alger
C’est un port d’arrivée
Mais tout ce mélange d’êtres
Me donne l’impression d’être
Dans une nasse
Pas très loin
Le seul restau français
Tenu par des bougnats
Concocte de l’aligot
Et propose des journaux
…Citoyens !
Pour bouffer
Y a bon pour le toubab
Du maïs, des kebbab
Des chinois, des indiens
Un Mc Do et même un
KFC
Avant-hier
On s’est entre-tué
Devant chez le boulanger
Sans que ça ne prête à mal
Rien d’autre qu’un banal
Fait divers
Mes voisins
Votent à gauche sans remords
Préoccupés du sort
De tous ces sans papiers
SDF par milliers
Quel chagrin.
En juillet
Le quatorze ils dansèrent
Au rythme des trouvères
d’Asie, d’Inde et d’Afrique
Une fête nat’ ethnique
C’est plus gai
Larges d’idées
Ils vantent le mélange
Pourtant ça les démange
D’émigrer dès que possible
Vers des cieux plus paisibles
Moins bronzés…
Patriotes
Sont tous nés quelque part
Mais quand ils parlent terroir
Se font très équivoques
Ont moins de racines que
L’eau des chiottes
Comme on peu
On s’console écoutant
Les vieux habitants
Assurer d’une même voix
Vous jurant qu’autrefois
C’était mieux
Pouf… pouf…
(*) Pressemondiale ne prend pas en charge Délit moche une, ou je me suis mal débrouillé ?
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