Aujourd’hui, petit exercice de photographie comparée.
J’entends d’ici les huuuuuurlements que pousserait le photographe de l’affiche du film si on lui mettait l’autre sous le nez avec un point d’interrogation.
Évidement que ce con, ou cette conne, n’y a pas pensé – n’est pas compositeur graphique de pochette d’album de techno nazi-pédée qui veut – c’était une “figure” qui traînait quelque part dans un coin de sa tête, tellement poussiéreuse qu’il en a oublié l’origine. Comme une pieta, une cène, un déjeuner sur l’herbe ou une place Tian-An-Men : une scène originelle dont le sens s’est perdu, devenue accessoire à force d’avoir trop servi.
Et encore, s’il les avait fait s’asseoir derrière une table, la productrice l’en aurait sans doute dissuadé, se remémorant un précédent source d’enquiquinements, sans trop bien se rappeler les motifs, il faudra qu’elle retrouve le numéro de Stratégies.
Bien que cela ne se fasse pas de penser à la place des gens, rien n’interdit de postuler que cet artiste du sixième art ait eu envie de donner raison à la fois à Hitchcock qui aurait prétendu que les acteurs n’étaient que du bétail, et à d’autres qui estiment que les femmes ne sont que de la viande. Hypothèse gratuite, j’en conviens, avancée de la même manière qu’on peut aussi s’amuser, toutes proportions gardées (j’adore cette expression qui permet les pires horreurs et les à peu près les plus douteux…), à plaider les circonstances atténuantes à un serial killer. Encore que ce soit faire injure à cette corporation dont nombre de membres ont assumé leurs actes.
Notre époque amnésique pourtant obsédée de la Mémoire ™ aura donc permis la transmutation de charniers en composition glamour. Comme ça, gratuitement, sans même aucune intention de nuire, de choquer ou de susciter un éventuel débat sur la mort du cinéma français.
Et à mon avis, ce n’est pas fini…


Légende :
en haut : tas de bimbos comédiennes semi anorexiques dont une enceinte posant pour le film “Le Bal des actrices”, de Maïwenn. (Qui ?.. )
en bas : fosse commune de déportés à Bergen-Belsen, morts du typhus après leur libération par les Britanniques.
Mots-clefs : actrices, bergen-belsen, moteur !, recyclage, tas, tu prends bien la lumière, viande, wonderful world
février 4, 2009 à 2:52 |
ça fait des émules :
http://www.lepost.fr/article/2009/02/03/1410748_le-bal-des-blogueuses-l-affiche.html#xtor=ADC-218
février 4, 2009 à 3:18 |
Forcément, à force de décliner un concept, on ne s’étonne pas de glisser de “le cinéma à la fosse commune” à “ta mère à poil sur internet”.
En période de crise, le spectaculaire marchand n’a plus qu’un étalage de consommateur à exposer. C’est du Duane Hanson couplé à l’analyse de La Guerre Sociale sur l’exploitation des déportés.
février 4, 2009 à 3:56 |
“Notre époque amnésique pourtant obsédée de la Mémoire” ça c’est bien dit !
Ça c’est un pseudo ! Vive la vallée du Rhône et ses coteaux pierreux !
février 7, 2009 à 2:41 |
[...] Bergen Bimbos « Un dernier verre avant la route [...]
février 14, 2009 à 8:44 |
Ceci figurait dans ma corbeille à spam. Typique de l’inanité de la fonction mise en lien automatique à partir d’un mot-clef. Je souhaite bien du plaisir à mes éventuels visiteurs en provenance de “Popular People”.
mars 17, 2009 à 6:55 |
Spencer Tunick, artiste contemporain, s’est spécialisé dans ce genre de mise en scène, en pleine ville qui plus est. http://www.spencertunick.com ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tunick .