Archive de la catégorie «À qui le dites-vous ma brave dame»

Voter nuit gravement à votre santé

juillet 7, 2008

Pourquoi se creuser la tête pour trouver des légendes au second degré quand l’évidence saute aux yeux :

Voter, c’est nazi !

[Photo ILYSite exhumée des poubelles - à tri sélectif - de l’Histoire. ]

Timeo Hominem Unius Libri

juin 17, 2008

« Chef ! Venez voir, on a trouvé un livre… »

Le dernier mercredi de ce mois de mai, deux jeunes skinet ont été arrêtés dans une commune de l’Essonne, suite au mitraillage d’une cité à la Sten. Les impacts de balles retrouvés à hauteur d’homme laissent entendre qu’il s’agit d’un petit miracle s’il n’y a pas eu de blessés. Geste imbécile, s’il en est, que les auteurs auraient expliqué en réaction aux harcèlements de jeunes.

La moisisphère a bruit des discussions sur l’opportunité, la légitimité et la pertinence d’un tel acte. J’ai lu peu d’approbation de ce shoot’em up pour rire. Faute d’éléments, je me garderai bien d’en faire ; si vous y tenez, je considère cela couillon, dangereux et improductif.

Je constate toutefois que, pour isolé qu’il soit, « les enquêteurs n’excluent pas non plus la thèse d’un acte purement raciste, de la part de ces deux néonazis » (Le Parisien du 31/05/08 ) ; thèse toujours avancée à sens unique. Je constate également que l’enquête a été menée avec une diligence qui ne manquera pas d’étonner les naïfs pour une agression sans victimes. Je constate surtout que, à l’instar de l’inspection bibliophile menée récemment chez l’Unabomber français, postier de son état, trésorier, secrétaire général et membres au complet à lui tout seul de la FNAR, (lecteur de tonton Adolf et de l’oncle Vladimir Ilitch, ça a du faire tache dans le rapport) les rayonnages des first-person shooters ont été scrutés avec soin. La découverte de documentation nazie (sic) ayant évidemment été pain béni pour les enquêteurs.

Autre temps, autres mœurs ? Je ne sache pas que des ouvrages culinaires en nombre aient jamais été trouvés dans la cuisine d’Issei Sagawa, ni que cela eut pu un instant être envisagé comme élément à charge par un magistrat facétieux, bien que la relation de cause à effets eut été en ce cas plus manifeste. Pas plus, si je veux bien vous épargner des comparaisons tirées par les cheveux et rester sérieux cinq minutes, qu’on n’a su dans le détail ce que renfermaient les étagères de Richard Durn, mis à part un manuel de sanitation et son journal.

Il me semble bien, en revanche, que de la paperasses d’extrême-gauche avait été retrouvée au domicile squat des honeymoon killers français, Audry Maupin et Florence Rey, moins qu’on la leur ait mise sur le dos. Ou bien, en principe et toujours dans ce cas de figure, cela avait du être dans l’espoir y découvrir de lumineuses explications qui, plutôt que de les enfoncer, auraient constitué autant d’éléments à décharge. Étant tenu pour acquis que si la lecture du Petit Livre Rouge ou d’un tract trotskiste récupéré sur un marché lors d’une campagne municipale n’a jamais incité quiconque à faire du rodéo urbain en taxi, le simple fait d’avoir, même malencontreusement, téléchargé un pédéhèffe sur « adolfitlère.com » induit forcément le passage à l’acte du défouraillage à l’arme de collection sur une cité de banlieue.

Foin d’angélisme, les deux gugusses à poil ras n’étaient sans doute pas des poètes, ni non plus des résidents d’une paisible environnement où une erreur d’attribution de lot lors de la tombola de la kermesse paroissiale serait le seul incident susceptible de défrayer la chronique.

Quoi qu’il en soit, on savait que lire des livres était dangereux, on avait oublié que leur possession l’était encore plus. Merci du rappel. Amis liseurs, vous voilà prévenus et placés devant une alternative : vendez vos bouquins chez Gibert, ou attendez-vous à donner aux journalistes matière à étoffer un peu plus encore leur rapport de police article à chaque fois que vous serez impliqué d’une manière ou d’une autre dans un fait divers. Car si nous n’en sommes pas tout à fait à ce stade là, nous nous approchons à grand pas du moment où le moindre incident mettant en scène un concitoyen de souche sera relaté ainsi :

Hier soir, dans la tendre et joyeuse cité (*) de***, M. Marcel Dupont, 56 ans, demeurant au 4, cité Jean-Sébastien Bach, allée 3, escalier C, 9e étage, a violemment aspergé d’eau depuis son balcon une dizaine de jeunes qui profitaient de la fraîcheur du soir pour s’entraîner aux sports mécaniques.

Prévenu par les habitants de l’immeuble, la Police est intervenue pour calmer le forcené et lui confisquer sa bouteille de Cristalline. M. Marcel Dupont, employé à l’agence locale des assurances AXA, 3 boulevard de la République, ouvert du lundi au samedi de 9:00 à 17:30, a été immédiatement appréhendé.

Une fouille en règle du domicile de M. Dupont dont les trois enfants, Pierre, Anne et Jean, scolarisés au Lycée Nelson-Mandela, respectivement en classe de 6e2, 3e1 et Terminale S2, a permis de découvrir des DVD et de la littérature d’extrême-droite (La 317e Section, Français, si vous saviez, Voyage au bout de la nuit et un carnet de chant Scout).

Les dix jeunes victimes ont bénéficié d’une cellule de soutien psychologique.

Leur avocats, mandatés par le MRAP et la LICRA comptent porter plainte pour actes de violence raciste caractérisée.

Enfin, à toute chose malheur est bon, et l’avantage insigne que nous conserverons par rapport aux divers incendiaires de Vitry-le-François, c’est qu’on ne trouvera jamais chez eux autre chose que des magazines de télé, de full contact et de fesse. Pour le Coran, c’est même pas sûr.

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(*) © Mélanchon (“la réalité tendre et douce dans laquelle nous vivons en banlieue…”) in. http://www.dailymotion.com/video/x5hjm1_melenchon-les-fumiers-du-groupe-jus_news poussant un coup de gueule contre le clip « Stress » du groupe Justice, chez FOG.

Suicides sur ordonnance

mars 30, 2008

Pour développer mon pénultième post, j’estime que ces gens qui militent pour l’euthanasie « remboursée par la Sécu », comme je la qualifie, veulent tous les avantages pratiques du suicide * sans les inconvénients moraux .

Étant assisté dans mon exécution - de fait, me donné-je réellement la mort ? là est la question - je n’ai pas à encourir le risque d’un dossier chargé au jour du Jugement Dernier : tout laïque incroyant que je suis, je mets quand même les chances de mon côté et, mine de rien, me décharge sur celui qui m’aura envoyé ad patres. Curieux comme certains principes moraux touchant à l’existence et à son caractère sacré ont la vie dure, même chez les plus publics des libre penseurs. Et quels meilleur moyen de s’en affranchir qu’en cherchant à légiférer sur leur abolition ?

Témoin sur France Inter, hier, au cours d’une émission dont il était l’invité, François de Closets qui a pu, sans contradicteurs, élever la voix et faire de grands gestes indignés avec les bras pour dénoncer le scandale de l’« agonie obligatoire ».

Selon lui, la morale commune voudrait que l’on ne sût mourir sans souffrir, ce qui expliquerait pourquoi une injection de chlorure de potassium encourrait des poursuite au Pénal pour fait d’euthanasie quand une sédation, dont les effets ne sont pas immédiats, l’en absoudrait. Au nom de quoi, en effet, sinon d’un obscurantisme médiéval je suppose, dénieront-on le droit de mourir en douceur ?

Ce « scandale » serait d’autant plus grand, poursuivait-il, qu’il aurait cours dans notre « République laïque » (sic). Je… fais plein de choses pas très propres sur celle-ci - tout en considérant, nolens, volens, qu’elle une évolution politique de facto de l’ histoire de notre pays : on peut être radicalement contre le régime républicain français, nier sa légitimité, on peut difficilement nier sa réalité - mais les questions d’éthique que Closets feint d’ignorer fussent-elles - et elles le sont toutes - des reliquats de la religion catholique, ne me semblent pas a priori incompatibles avec la République laïque. A moins de considérer qu’elle n’en est encore qu’à un stade juvénile de son développement totalitaire, ce que je crois, mais c’est un autre débat.

Quoi qu’il en soit, je ne connaissais pas l’existence de ce pseudo-précepte religieux sur les conditions de notre remise de l’âme à Dieu - nul n’a vocation au martyre, ni à souffrir de la sorte - mais je constate qu’on est en train de mettre sur le même plan le droit à la douceur dans tous les instants de la vie, surtout ceux qui échappent à notre contrôle, avec les avantages pratiques que confèrent l’amélioration du conditionnement des paquets de café. L’accès au Paradis garanti par l’ouverture facile, ça c’est de l’avancée ! Du reste, le même argument de confort prévaut pour le recours systématique à la péridurale, voire la césarienne. Ainsi, la souffrance serait obscurantiste, réactionnaire, misogyne et, n’ayons pas peur des mots utilisés à tort et à travers : catholique.

Je me permets de rappeler que si les douleurs de l’accouchement ont bien un fondement théologique - (Gn., 3, 6), mais puisqu’on ne croit pas en Dieu, hein ? - elles ont aussi une cause physiologique élémentaire dans lequel le Droit Canon n’y est pour rien - je ne vais pas vous faire un dessin. Pourtant, et je parle en toute connaissance de cause, subordonnée à une préparation, une mise en condition attentive, la douleur n’est ni une fatalité, ni une obligation. Bien accompagnée par une sage-femme qui sera présente et aux manettes le jour de l’accouchement - c’est encore un luxe mais, financièrement mieux prise en charge, ce serait une mesure plus incitatrice et utile que la thalassothérapie - une mère peut et sait s’en passer. Ensuite, s’il y en a qui préfère accoucher d’un enfant comme on télécharge un gros .pdf, c’est leur choix…

Pareil pour le passage de vie à trépas. S’il existait un procédé  imparable, absolu, garanti ou remboursé dix fois son prix, de tuer sans souffrance aucune un être humain, on l’aurait sans doute trouvé depuis le temps que l’homme exécute ses semblables par tous les moyens techniques, mécaniques, agricoles ou scientifiques dont il dispose. Enfin, tant qu’il ne s’agite pas dans tous les sens en hurlant comme un goret, les bonnes âmes sont rassurées : il n’a pas souffert. En tout cas, ça ne se voyait pas, et c’est tout ce qu’on lui demande.

J’ai assisté à l’agonie de ma grand-mère, j’étais présent quand un prêtre Basque lui a accordé l’extrême onction quelques heures avant sa mort, en lui parlant avec confiance de Dieu, de Jésus-Christ et de la Saint Vierge avec des mots apaisants, plein d’espoir et d’amour. Je ne sais si elle a souffert - je ne crois pas, étant sous morphine - mais je puis dire qu’elle est morte en paix avec infiniment plus de dignité que ceux qui préfèrent être piqués comme des animaux.

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(*) Quitte à défendre ce droit, et être cohérents, que ne réclament-ils pas la levée de l’interdiction qui pèse toujours sur « Suicide, mode d’emploi » ? Assortie d’une interdiction de vente aux mineurs, cela va de soi. Ce sera toujours plus prudent et moins compliqué à mettre en œuvre que de leur ôter de l’esprit et de l’âme ce désespoir qui les pousse à se flinguer de toutes les manières, quitte à emporter quelques-uns de leurs camarades de Lycée au passage, comme cela tend à devenir la mode.

Apprenons le geste qui sauve

mars 30, 2008

Rappel de quelques petits principes de prudence élémentaire pour éviter de laisser des - trop grosses - traces de doigts partout :

- Ayez toujours une ou plusieurs adresses courriel alternatives, que vous utiliserez dès que vous envoyez de vos nouvelles à quelqu’un d’autre que papa-maman (gmail, yahoo, hotmail, la poste etc. en fournissent gracieusement) ;

- si vous devez vous inscrire à un forum, n’hésitez pas à abuser des adresses jetables (mailinator.com for instance) ;

- dans l’idéal, changez de service pour vos différentes adresses, ex. : monvrainom@truc.com et monpseudo@bidule.net ;

- les adresses de boulot ne concernent QUE le boulot. Même - et surtout… - si vous êtes l’unique employé d’une TPE ;

- n’enregistrez pas les mots de passe d’accès aux sites, fora, blogs persos sur votre ordinateur (évitez autant que faire se peut de les inscrire sur des post-it collés sur votre écran) ;

- ne rentrez pas votre nom de famille sur les sites de généalogie (demandez les informations directement à celle de vos tantes dont c’est le passe-temps) ;

- ne vous inscrivez pas à Fesse Bouc sous votre véritable patronyme. Même pour voir ;

- en règle générale, ne donnez aucun renseignement personnels exacts, pas même votre date de naissance, quand vous remplissez les champs d’informations ;

- supprimez vos cookies au moins une fois par jour (moyen mnémotechnique : avant de vous brosser les dents) ;

- pour les très grands paranos, n’envoyez et ne consultez les courriels de votre adresse bis qu’en ligne (ne configurez pas ce compte sur votre ordi par apple mail, windows mail, entourage, thunderbird…) et via un anonymyzer ou un proxy. Depuis un cyber café c’est encore mieux ;

- le nec plus ultra étant encore de ne pas se servir du ouaibe…

*
*    *

Connectés comme nous le sommes via une box ™ unique, il est patent que nos Fournisseurs d’Accès à Internet et à la Boîte À Cons peuvent établir le relevé détaillés de nos connexions, comme de notre zapping, sans rien dire des coups de fils passés. Je ne me suis pas penché sur la question, j’imagine que ça doit encore coincer aux entournures à cause de ce Judenrat des libertés informatique qu’est la CNIL, mais il est évident qu’à terme, si ce n’est déjà fait, Médiamétrie et consorts n’auront plus besoin d’équiper leurs panels d’équipement spécifiques : leur propre télécommande suffira amplement, pour prendre un exemple trivial. Quant à toutes les autres conséquences, en terme de discrétion de plus en plus relative des communications que nous pouvons espérer preserver par l’entremise des services de GrandFrèreTelecom, je vous laisse le soin d’y songer tous seuls. Vous êtes grands.

Me fait penser que j’ai un brouillon qui traîne sur les dangers du ouaibe, concernant l’addiction, l’illusion platonicienne de la réalité et l’accès spectaculaire à l’information. Quand je viendrai à bout de ma cossardise, je mettrai alors la dernière main à cet exercice de style conspirationniste que j’ai déjà intitulé “Protocoles des Sages de l’Internet”. Le titre claque bien et me permet de prendre date, le cachet du post fera foi en cas de litige ou plagiat (Tu parles, Charles !).

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Godwin *, bientôt prix Nobel de médecine ?

mars 26, 2008

Petite information apprise sur le forum de Desouche. Je vous épargnerai les mauvaises comparaisons sur le thème d’une n’ième histoire Belge : cette variation dans le “débat” sur l’euthanasie - dont les discussions ont pris un tour européen ™ - n’est que la bande-annonce d’un futur projet de loi. Ou, restons optimistes, n’est qu’un franchissement de borne pour mieux asseoir la nécessité de légiférer en faveur de l’euthanasie des vieux.

L’Open Vld annonce de nouvelles initiatives en vue d’étendre la loi sur l’euthanasie aux enfants et aux personnes âgées en état de démence, éventuellement avec une majorité de rechange. C’est ce qu’indiquent mardi les journaux De Standaard, Het Nieuwsblad, Het Volk et De Morgen. Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) ne les arrêtera pas.

Le week-end a été marqué par des critiques émanant du monde catholique, notamment via l’homélie de Mgr Danneels, à la suite de l’euthanasie dont à bénéficié l’écrivain flamand Hugo Claus. Après qu’Etienne Schouppe (CD&V) ait laissé entendre qu’il existe un gentleman’s agreement au sein de la majorité pour ne pas polémiquer sur des dossiers éthiques, le chef de groupe Open Vld à la Chambre, Bart Tommelein lui a répondu qu’il n’y a rien dans l’accord gouvernemental sur ces questions. “Nous chercherons, en tant que groupe libéral, des majorités parlementaires là où c’est nécessaire”. M. Tommelein pense à une extension de la législation sur l’euthanasie aux mineurs et aux déments.

Le porte-parole du Premier ministre, Yves Leterme, a admis que le CD&V ne peut rien contre la recherche d’une majorité alternative par les libéraux en vue d’une extension de cette loi. Paul Wille (Open Vld) annonce d’ores et déjà qu’il sortira du tiroir au Sénat les propositions sur une extension de l’euthanasie aux mineurs et aux personnes en état de démence. “Je ferai de mon mieux pour convaincre aussi des sénateurs CD&V”, précise-t-il. (belga)

(Suivez la direction de la baguette de sourcier)

(*) Le Godwin du point éponyme, bien entendu.

Maths modernes et matières premières

mars 13, 2008

Sachant qu’un baril de pétrole brut dont le prix tourne autour de 100 $ contient grosso modo l’équivalent de 300 pintes et que le litre de super est servi 1,50 € à la pompe ; sachant d’autre part que le porc sur pied se négocie à à 1,20 € les deux livres et que le jambon en tranche se vend dans une fourchette de 20 à 40 € le kilo, il ressort, sur la base d’1 € à 1, 50 $,  que le jambon a un coût de fabrication 26 à 53  fois plus élevé que le litre de carburant après raffinage, pour un prix de matière première au départ égal à un peu moins du double.

Il y a certainement une morale à tirer de cela, je ne l’ai pas trouvée, et je m’en fous un peu. Mais ça fait quand même cher…

Much ado about nothing

février 23, 2008

ou : pensez-vous sincèrement que cet effet d’annonce ainsi que le barouf ordinaire et téléphoné qui l’accompagne va changer le cours des choses ?..

Petit commentaire d’un article du Monde, paru ce jour.

 La gauche et des associations s’opposent à la remise en cause du droit du sol à Mayotte

Les déclarations du ministre de l’outre-mer, Christian Estrosi, interrogé sur France 2 vendredi 22 février, ont suscité de vives critiques de la part de l’opposition et des associations. M. Estrosi a proposé de remettre en cause le droit du sol à Mayotte, une “décision exceptionnelle qui fasse que tout enfant né de parents en situation irrégulière ne puisse plus réclamer son appartenance à la nationalité française”. Il entend ainsi lutter contre l’immigration clandestine sur cette île française de l’océan Indien où “30 % de la population est en situation clandestine, irrégulière” et qui pourrait “être majoritaire dans dix ans”. [La population est composée d'un tiers de clandestins. Un tiers. Et le robinet est grand ouvert. Faut-il rajouter un commentaire à cet état des lieux ou les gens ne savent-ils pas lire ?]

Le député apparenté PS de l’Aisne René Dosière s’est insurgé contre “cette remise en cause du droit du sol” qui est à la fois “inefficace, irresponsable et dangereuse”.  [M. Dosière doit être du genre à préconiser l'installation d'un rideau anti-mouche en lamelles de plastique à l'entrée des bijouteries de la Place Vendôme pour lutter de manière "efficace, responsable et prudente" contre les vols à main armé.]  ” Profondément scandalisée” par cette annonce, Eliane Assassi, sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis, a dénoncé des déclarations “qui ouvrent une brèche dans la remise en cause du droit du sol, lequel a pourtant été au fondement de la République et de la société française”.  [Fondement, mon cul !]  Mme Assassi s’inquiète d’une éventuelle “extension” de ce projet “à d’autres territoires français, voire à la France métropolitaine”.  [D'autres auraient tendance à s'en réjouir, mais pas de faux espoirs : le jour où un gouvernement prendra l'initiative d'un référendum sur la question, le bambara, l'arabe et le... - quelle langue parle-t-on à Mayotte et dans les parages ? - seront majoritairement les langues maternelles de nos concitoyens.]

“SUSPENDRE LA LÉGALITÉ RÉPUBLICAINE”

Du côté des associations, les réactions sont aussi vives. Dans un communiqué, France Terre d’asile a qualifié de “provocations” les propos de M. Estrosi qui touchent au “sacré de la République, le droit du sol”.  [ Machinalement, quand on associe les mots "sacré et "sol", me viennent à l'esprit des couplets d'une vieille chanson d'autrefois où il était question d'une flamme sacrée qui montait du sol natal, mais pas du droit des peuples à disposer d'un passeport français par la grâce d'une sage-femme.] Elle a fustigé la stigmatisation “de l’immigré, éternel fraudeur, abusant de l’hospitalité (…) détournant les lois” que M. Estrosi “espère sans doute productive à quelques encablures des élections municipales”. [Si c'est le miracle de la "stigmatisation" qui la gêne, je suis d'accord pour la remplacer par des actions plus rationnelles telles que "clouer au pilori", puis "éjecter sans autre forme de procès".]  SOS-Racisme a fait part de son “indignation” et a demandé au gouvernement de “renoncer” à cette proposition “intolérable” de M. Estrosi.  [La publication d'un communiqué dans un quotidien doit obéir à des mots-clefs. "Indignation", "intolérable", scandale", "valeurs de la République", "sos racisme", "comme c'est triste" font d'évidence partie de la liste.]  Selon SOS-Racisme, cette mesure “ne répond en rien au problème de l’immigration (…), occulte ce qui serait une vraie solution : le codéveloppement (…) et revient, ni plus, ni moins, à suspendre la légalité républicaine”.  [En l'occurrence, elle est tout sauf "occulte", ce serait plutôt sa trop grande "visibilité", le soucis.]

Le président du MoDem, François Bayrou a, lui, reconnu qu’il fallait trouver “une autre règle”. Il a appelé à “ne pas en faire un sujet passionnel” bien qu’il faille “trouver une solution pour éviter que ces déséquilibres s’accroissent” à Mayotte.  [Très bien. Mais quelle règle, quelle solution, propose-t-il, alors ? Allo ?.. Toujours fascinant, ces gens qui ambitionnent de diriger le pays et sont capables de parler pour ne rien dire sans se liquéfier de honte. Ni que personne ne leur lance des pierres. Ou des tomates.] Le juriste spécialisé en droit constitutionnel, Guy Carcassonne, a jugé qu’un aménagement du droit du sol n’était pas “contraire à la Constitution”. M. Carcassonne a rappelé que “le droit du sol [avait] été reconnu par les lois de la République, mais ce n’[était] pas du tout un principe constitutionnel”. “Ce droit a été fait en 1889 pour répondre aux exigences de la conscription dans l’idée d’une revanche contre l’Allemagne.”  [ Merci, M. Carcassonne, pour ce rappel constitutionnel qui donnera de quoi alimenter les pages "débats" de nos colonnes, vous pouvez regagner votre bocal à formol.]

Comment dit-on “Vous n’avez rien à déclarer ?”, en 117 langues ?

novembre 12, 2007

Hier, dimanche 11 novembre, le même jour où notre bon président à tous réécrivait l’histoire en nous expliquant que nos poilus étaient morts à Verdun pour Maastricht, les services douaniers de M. Muammar al-Khadafi ont refoulé 172 passagers français sur le tarmac de Sebha.

Faute d’informations supplémentaires, on ne peut que logiquement supposer qu’il ne s’agissait pas d’ingénieurs de chez Areva venus poser la première pierre de la centrale de désalinisation nucléaire offerte en contrepartie de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Quoique, sait-on jamais, M. Khadafi a, par le passé, souvent fait montre d’un sens de l’humour très personnel.

La raison avancée, au motif d’une loi fraîchement votée, était que leurs passeports n’étaient pas traduits en arabe. Forts des multiples exemples de placards administratifs officiels rédigés en bilingue français-arabe, d’aucuns ne manqueront pas de prédire que ce n’est qu’une question de temps.

En attendant, puisqu’à toute chose malheur est bon, on se prendrait presque à espérer que ce précédent fasse des émules auprès des autres chefs d’état. Au désagrément d’un supplément de poids dans ses bagages à main avec un passeport pesant le poids d’un volume d’encyclopédie, nos compatriotes voyageurs auront la satisfaction d’avoir redonné toute son utilité à l’Imprimerie Nationale vendue 103 millions d’euros HT au roi de la vente par découpe, Carlyle, avant d’être rachetée 327 millions. Toujours HT.

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passport [ˈpaːspoːt] également : [pās'pôrt', -pōrt'/ˈpæspɔrt, -poʊrt, ˈpɑs-/ pas-pawrt, -pohrt, pahs-]

a document of identification, necessary for foreign travel
Example: a British passport

Arabic: جَواز سَفَر
Chinese (Simplified): 护照
Chinese (Traditional): 護照
Czech: cestovní pas
Danish: pas
Dutch: paspoort
Estonian: pass
Finnish: passi
French: passeport
German: der Paß
Greek: διαβατήριο
Hungarian: útlevél
Icelandic: vegabréf
Indonesian: paspor
Italian: passaporto
Japanese: 旅券
Korean: 여권
Latvian: pase
Lithuanian: pasas
Norwegian: pass
Polish: paszport
Portuguese (Brazil): passaporte
Portuguese (Portugal): passaporte
Romanian: paşaport
Russian: паспорт
Slovak: pas
Slovenian: potni list
Spanish: pasaporte
Swedish: pass
Turkish: pasaport

c.1500, from M.Fr. passeport “authorization to pass through a port” to enter or leave a country (15c.), from passe, imper. of O.Fr. passer “to pass” + port “port.”

Kernerman English Multilingual Dictionary (Beta Version), © 2000-2006 K Dictionaries Ltd.

Le foutage de gueule permanent

novembre 5, 2007

Dans le Parisien de dimanche, Christine Lagarde, ci-devant Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, a déclaré à propos des mesures à prendre face au baril à 100 $ que les Français n’avaient pas de pétrole, mais des idées ; qu’elle leur recommandait de se mettre à la bicyclette ; que nous avions de la chance d’avoir un Euro fort : avec un taux de change moins favorable, nous la sentirions autrement passer à la pompe, l’augmentation du pétrole ; et que, non, le gouvernement ne modifiera pas la TIPP : on n’avait plus de fric, il ne fallait pas déconner. Enfin, que “nous” avions pris contact avec les pays producteurs de pétrole qui doivent encore être terrorisés de l’entretien.

Elle n’a pas rajouté que les Français pouvaient aller se la mettre bien profond parce qu’elle ne s’exprime pas comme Fadela Amara, mais le cœur y était.

A la rigueur, qu’elle prenne ses concitoyens pour des cons n’est pas un précédent en soi, même si elle le fait sans prendre de gants. En revanche, qu’elle ait l’air aussi incompétente sur le domaine que le Ministre de l’Agriculture Albanais sur celui des sous-marins nucléaires, ne fait a priori pas partie de l’exercice.

 

martine-ch-lagarde.jpg

The dope around the corner

octobre 30, 2007

J’ai été témoin d’un joli coup de filet, ce soir.

Trois types dont un qui faisait davantage natif de Belfort que des Tropiques semblent en grande conversation autour d’une berline, coffre ouvert. D’un bref appel de phare je leur rappelle qu’ils sont en train de palabrer devant une entrée de parking. Le plus pâle des trois - quatre en fait, en comptant le passager que je n’avais pas vu - sort nonchalamment et sans un regard un brassard orange fluo plié en quatre, l’agite dans ma direction avec la même conviction que Jake Blue son paquet de Chesterfield à l’entrée de la boîte, avant de se le passer au bras.

Je laisse ce représentant de l’ordre vaquer à ses occupations, et part faire un tour. Sur Campus, on passe du rap ricain audible, sur Courtoisie, la Menhirette (© GP) est interviouvée par un Monsieur qui aurait besoin de prendre des cours de diction ou de changer d’occupation.

À mon retour, la place est libre. En remontant ma rue à pied, je croise des collègues de mon flic en train de serrer trois autres lascars. Propre, net, sans bavure.

Pas de quoi casser trois pattes à un canard, ni a priori de donner lieu à post sur un blog débutant.

Seau ouate ?

En fait, la probité voudrait que j’édite la chanson infra pour en supprimer une strophe, seulement j’ai une confiance limitée dans le caractère durable de ce genre de développement policier.

Alors je vais quand même attendre.