Archive de la catégorie «J'aime beaucoup ce que vous faites»

Le Bal des Dégueulasses ™ nous fait un coup de salaud

juillet 7, 2008

Le Bal des Dégueulasses - LBDD pour les intimes ou les flemmards - ne répond plus depuis la fin de la semaine dernière.

La moisisphère se perd en conjectures sur la page 404 qui s’affiche lorsqu’on tape l’url du Bal des Dégueulasses (et des Possédés) , l’un des meilleurs exégètes, lucide et cohérent, de la décomposition, pour citer M. Couillard - et j’ajouterai intelligible, pour ne pas paraître me limiter à une pâle exhumation de bonne formule. Certains supposent qu’il a pu jeter l’éponge devant l’ampleur augiasesque de sa tâche quand d’autres avancent la crainte de menaces. Je ne crois pas trop à cette dernière hypothèse : si lui était menacé, alors nous sommes tous déjà morts.

LBDD était un catholique (de gauche ?) qui a soudain ouvert les yeux sur son temps et s’est mis à en faire la chronique au jour le jour. Avec désinvolture au début, puis méthodiquement, il a tenu son rôle de sentinelle au milieu de la mitraille de la connerie ambiante. « Connerie » étant à prendre ici dans son sens le plus euphémistique - quasi attendri, si une telle inclination était possible.

Il a occupé une place singulière, celle d’une porte-tambour entre la moisisphère et la portion de la bulotsphère qui se gratte la tête mais répugne toujours à passer le cap, effrayée par les idées aux relents © nauséabonds © . Surtout quand les dites idées sont appréciées par des maîtres-parfumeurs aux nez si sûrs que ceux de la Rue89.

Le Bal des Dégueulasses comptait au nombre des names dropped le plus souvent sur les blogues parce que renvoyer à l’un de ses articles vous donnait à moindre frais l’air fin et intelligent.

C’est une nécro ou je ne m’y connais pas. Pour conjurer le sort, lançons un message personnel :

“Le petit Bal des Dégueulasses est attendu par ses lecteurs au pied de la tour de la Croix-Rouge.

Ceux-ci sont prêts à lui pardonner toute justification de plantade informatique de sa part, et se borneront à ricaner, soulagés en leur for intérieur qu’ils seront”.

Mise à jour du 7 juillet, vers 19 heures…

LBDD explique son geste chez edeo.

Un singe en hiver

juin 2, 2008

C’est inexact, mais c’était pour la beauté du titre. D’une part ce n’était pas en hiver, mais au mitant d’un printemps pourri, et puis ce n’était pas un singe; ou alors un vieux, de l’espèce des vieux gorilles solitaires à qui on n’apprend pas à faire des grimaces.(*) Sinon, pour la différence d’âge Bébel-Gabin, oui, ça pourrait coller - et c’est ainsi qu’on se froisse pour longtemps avec des potes.

On aimerait tous avoir la Ronde de nuit chez soi, à condition d’avoir de la place, mais c’est encore plus illusoire que de prendre le pouvoir sans coup férir à l’issue d’une égrégore bien menée. En revanche, une esquisse dédicacée du même artiste sur un coin de nappe en papier, c’est moins coûteux en assurance, ce n’est pas plus grand qu’un ex libris mais ça n’a pas de prix.
Voici donc l’anti-lettre de château que je me flatte d’avoir reçu de Mister T. pour me remercier de mon invitation sauvage.

J’ai rajouté deux lignes de conclusion apocryphes.

PS. Outre le fait qu’ « Un singe en hiver » [inexplicablement absent du premier volume (1945-1968 ) de « Le Cinéma Français », de Jacques Siclier] illustre l’exemple parfait de ces adaptations parfois supérieures au roman, mesurez maintenant le gouffre qui sépare cette œuvre populaire , livre comme film - comprenez non-intellectuelle et surtout sans putain de messages citoyens - de la fin des années cinquante à la dernière palme d’or.
Inspirez, expirez…
Tirez-vous une balle dans la tête, ou levez votre verre et trinquez à l’inévitable.

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J’attendais ce midi le passage d’un ami imaginaire comme dirait Gipi… Une relation de fora…
Le mec m’avait foutu un post du genre : Je passe dans ton coin, on pourrait peut être, etc. etc.
Moi, je lui avais répondu que : Oui, pourquoi pas…En fait, je suis toujours là sauf quand j’y suis pas, tu verras bien…
Ce matin, je me suis donc lavé la bite un grand coup (on sait jamais ) et puis j’ai mis du beau linge, histoire de ressembler un peu à quelque chose…
On a beau essayer d’imaginer la tronche d’un mec avec qui on galèje sur un forum, c’est comme à la radio…on est toujours à côté plus ou moins….
Je lui avais dit d’arriver de bonne heure, au mec…parce que moi, à huit heures le soir, j’étais couché. Ch’uis pas vraiment un noctambule exubérant.
Onze heures du mat’, ça m’allait bien… le temps de papoter devant un apéro avant de passer à table; et avec un peu de chance, je ne loupais pas Les Feux de l’amour
A dix heures trente, il m’a téléphoné grognon qu’il était embousé dans les embouteillages sur le périph’…ça commençait bien, notre guinguette.
Il a quand même fini par arriver. Les chiens se sont mis à gueuler et ma femme a compris que c’était ça, du fait qu’il ne vient jamais personne… Elle est sortie pour bien montrer qu’elle avait droit aux initiatives et qu’on était pas chez les bicots oû la femme se planque sous le plumard des qu’une paire de couilles franchit le perron. Je l’ai entendue qui disait des amabilités, alors, je suis sorti, moi aussi…
j’attendais une espèce de dandy genre anglo-saxon de l’espèce : c’était mieux avant… . Y’avait de ça…Bonne allure…
D’emblée, sans respirer, on s’est mit une bouteille dans le pif…un champ’ élevé en fût…10 ans d’âge au moins…un truc qui renardait un peu…faut aimer. Ça vous décrispe les préliminaires… c’est épatant…
Je lui avais dit aussi : tu m’épargnes le coup du bouquet de fleurs pour Madame, hein ?!.. Du coup, il est arrivé avec une saucisse à la main… Pas la sienne, quand même…non ! une saucisse du Perche…ou un truc du genre, parce que du Perche, finalement, il avait pas trouvé…un truc sans doute bien agréable à grignoter pour quelqu’un qui aurait des dents…
Outre une putain de terrine de lièvre et un pâté de foie maison ( “hallal ET casher”) ma femme avait fait un lapin avec un tas de fouillis de plantasses dedans…à s’en péter les durites !…
Moi, je peux vous dire que le mec, c’était un faux maigre !.. le coup de fourchette, putain !.. Il reprenait de tout, tout le temps !.. La cuisinière en était rosâtre de plaisir… S’sentait plus pisser, rapport aux compliments du glouton !.. Le Morgon était épatant, lui aussi…en dix minutes, rinçé !..
Avé le fromage, on s’est engourdi la tétine que notre hôte avait sous le bras en arrivant…
- c’est quoi, ce vin de bougnoule ?..
- Tu le connais pas le Côte Rôtie ?!..
Bien sur que si… je connaissais , mais j’ai quand même eu l’air un peu con sur ce coup là…même à rabâcher que pour moi, l’Algérie commençait sous la Loire, idem pour les Sidi Brahim… C’était de la pure mauvaise foi pour faire le mariole; parce qu’en guise de chasse cousin, putain…ça vous câline la glotte gentiment aussi, c’t'affaire…

On a même pas eu le temps de causer politique…à cause de la bouffe, des boulots, des digressions de ci de là…C’était pas plus mal, d’ailleurs.

Juste avant son départ, on est allé faire un tour au jardin…La mini uzi, il ne connaissait pas vraiment. 1200 prunes minute, ça décoiffe…On était censés arroser le carré de poireaux qui montaient en graine, histoire de faire un peu de sport…il s’est retrouvé en 3 secondes avec le bras en l’air, pile à l’équerre de sa position initiale de tir…

- Fais gaffe…tu vas me butter un écureuil !..

- Oh, ça va ! Fais pas chier ! Tu as peur pour ton cheptel de viande d’hiver ?.. qu’il m’a répondu.
Bon, c’était pas tout, mais j’avais me sieste à faire, et l’autre parigot s’incrustait et commençait à crocheter mon meuble bar, alors je lui ai glissé que son copain - oui, parce que je n’étais qu’une étape régionale dans sa tournée de mondanités - s’impatientait peut-être. Il a fini par décamper et présenter ses hommages à ma Dame sans vomir partout - faut lui reconnaître qu’il sait se tenir - mais quand je l’ai vu démarrer avec ses trois grammes cinq, je me suis dit que, Dieu ou Dieux, il y avait un ange gardien pour les poivrots.

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(*) Erratum : c’est évidemment le jeunot de l’histoire qui incarne le singe en hiver.

[…] Avec ce merveilleux instinct des enfants qui savent où il faut frapper, Marie sut se faire plus petite qu’elle n’était, au bon moment :
- Raconte-moi une histoire, demanda-t-elle en se blottissant un peu.
Fouquet ne savait pas d’histoires.
- Inventes-en une. Tu le faisais quand j’étais jeune, insista-t-elle comiquement.
C’est alors qu’il lui raconta celle du singe en hiver.
- Elle est vraie, dit-il, mon ami de tout à l’heure me l’a apprise, il n’y a pas longtemps : aux Indes, ou en Chine, quand arrivent les premiers froids, on trouve un peu partout des singes égarés là où ils n’ont rien à faire. Ils sont arrivés là par curiosité, par peur ou par dégoût. Alors, comme les habitants croient que même les singes ont une âme, ils donnent de l’argent pour qu’on les ramènent dans leur forêt natale où ils ont leurs habitudes et leurs amis. Et des trains remplis d’animaux remontent vers la jungle.
- Il en a vu des singes comme cela ?
- Je crois bien qu’il en a vu au moins un.
- Le singe imite l’homme, fit-elle machinalement.
- Qu’est-ce que tu dis là ?
- Ce qu’on dit entre camarades pour se faire enrager.
De grands pans de mur obscurcirent les vitres. Après s’être faufilé entre les aiguillages, à travers un taillis de colonnades électriques, le train s’enfonçait dans les tranchées par où s’annoncent les gares de banlieue.
- Notre forêt s’approche, dit Fouquet. […]

Antoine Blondin, Un singe en hiver.

Manifeste pour l’Art Contemporain

mai 26, 2008

Je voulais dire tout le mal - du bien déguisé - que je pensais du Grand Charles, en particulier sa faculté à passer d’une réflexion sur le hold-up du sacré par la République à une critique de cinoche en passant par des choses plus futiles. J’avais commencé un brouillon dans lequel, de coq-à-l’âne en digressions, j’ai suivi des sentiers de chèvres et gagné d’autres paysages. Le fait est qu’il était loin d’être terminé et que je ne sais plus où je l’ai mis dans le foutoir pas virtuel du tout de mon ordinateur. J’ai tendance, comme dans la vraie vie, à faire des cartons étiquetés « Bureau à la date du tant » et les ranger dans un hangar. Ce n’est pas perdu mais ça s’accumule et, pour corser le tout, j’ai plusieurs hangars.

Maintenant, ami lecteur, si je t’apprends qu’Andy Warhol faisait lui aussi, mais réellement, table rase de son bureau en rangeant régulièrement tout, carnets compris, dans des boites à chaussures * qu’il datait et classait, ce n’est pas pour le seul plaisir de faire des longues phrases, ni par goût du name droping, mais parce que ce parrainage prestigieux autant que pêteux me donne une transition toute trouvée pour introduire l’article de Landru, accompagné d’illustrations originales de Piotr, infra, qui remplira nettement mieux ce vide annoncé.**

Je n’ai touché à rien, hormis les e dans l’o (œ), parce que je ne me lasse pas de les taper depuis que j’ai appris la commande (alt+o), et précisé la dédicace (à l’origine le texte courait sur deux posts). Pour le reste, les points qui s’enfuient et les virgules collées au mot qui suit constituent une signature adn de l’auteur que je me garderai bien de modifier.

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* Les boîtes à chaussure sont ce que l’homme a conçu de mieux pour le petits rangements. Sensiblement inférieures à une feuille au format A4 (21×29,7) elles vous consolent de cette limite de surface en vous rappelant que vous ne pourrez jamais ranger carnets, photographies, stylos, outils de bureaux, couteaux et bricoles diverses dans une chemise ou un classeur.

** Une intervention de Bitru chez Gipi qui relaie un autre du même m’a rappelé que cette publication faisait partie de ma liste CAF (choses à faire), et ce depuis le début d’Un dernier verre quand j’envisageai - mais de façon ‘achement suivie et régulière, n’en doutez pas… La preuve : il y a même une catégorie pour ça - de publier des gens dont j’apprécie le travail.

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Je pense que la prochaine étape de l’ Art Contemporain consistera ,après que l’ on se soit affranchi successivement de la technique et du savoir faire , de l’ esthétique et du sens , du sujet et du support, puis de l’ objet lui même ( virtualisation et surtout la récente mode de la dématérialisation de l’œuvre : Actuellement ll y a des gens qui achètent les droits sur une installation non réalisée et pas forcément destinée à l’être , et cette “enveloppe” , déposée chez un notaire , EST l’œuvre elle même !) , la prochaine étape , donc ,sera de se débarrasser de l’ artiste lui même et par la même occasion du discours qui va avec .

Puisque , clairement , c’est le flux d’argent , public ou privé ,qui crée l’œuvre , qu’elle ne nait plus que par les interactions d’un marché constitué de spéculateurs ignares , de mécènes richissimes en rut de niches fiscales ,de blanchisseurs professionnels ,de gogos ébahis ,de critiques obscurs et de fonctionnaires mondains ,l’interet pour le Capital de maintenir la rémunération et le satut social d’un ” artiste” apparait faible .

La logique financière , à laquelle se réduit désormais la création officielle ,voudrait qu’après l’ avoir délocalisée ( vogue actuelle des artistes chinois et africains), on s’ en passe , tout simplement .

Et comme on a déjà supprimé l’ œuvre ( voir supra) à laquelle on a substitué le discours sur l’ absence d’ œuvre , un critique étant un domestique moins cher qu’un artiste et plus facile à licencier, il ne sera même pas utile de passer par le stade de la robotisation de l’artiste ,stade logique de la fordisation du marché , il ne sera même pas nécessaire de le remplacer par quoi que ce soit .

Ainsi on aura amené l’Art Contemporain à son expression ultime et à sa vérité pleine et entière , un simple mouvement d’argent vers un quelconque paradis fiscal . Les vrais artistes , qui sont désormais les acheteurs ,verront leur nouveau talent reconnu , ce qui ne manquera pas de flatter leur égo déjà surdimensionné et de leur offrir, enfin directement ,cette aura actuellement usurpée par des sous-fifres . Monsieur Pinault pourra ajouter “Génie” sur sa carte de visite ou même “Picasso” si ça lui chante et nos oligarques auront enfin acheté , à force de le brader, la seule chose qu’il ne pouvaient s’offrir, ou du moins ses apparences , ce qui de nos jours est exactement pareil .

C’est pourquoi , afin de frapper un grand coup de ranger dans la termitière du marché de l’Art Contemporain , je propose à tous les camarades bistrotiens , d’ organiser dans un local adéquat , lors de la prochaine Biennale l’installation suivante .

Sous l’œil bienveillant de grandes photographies en noir et blanc de nos mécènes , une batterie de lessiveuses en ligne brassera des piles de biftons ( yens , euros , dollars …) , tandis que deux ouvriers en salopettes blanches passeront à la céruse ou à la chaux , inlassablement les murs , parquets et planchers de la pièce .

Au centre , dans une vitrine blindée , entourée de deux gorilles en costumes noirs et oreillettes ,parfaitement statiques , sera exposé un chèque d’un milliard de Dolls tiré sur une banque des Iles Caymans et viré sur une société panaméenne .

En fond sonore passera en boucle un air stupide et abêtissant , on hésitera entre Born to be alive ou Pop corn .

Nota .

Le titre de l’exposition sera “Pour une organisation rationelle du Marché de l’Art”
et sous titrée par un court Manifeste :

“Il est temps d’ en finir avec l’ exception Contemporaine , dernier marché à ne pas etre organisé de façon verticale et horizontale , crucifions l’Art une fois pour toutes sur l’ abcisse du Commerce et l’ordonnée de la Production. Rendons l’œuvre à ses vrais auteurs , ceux qui l’achètent et à sa vraie fonctionnalité, aérer leur argent !

Assez d’ artistes capricieux et d’œuvres incompréhensibles , l’œuvre véritable c’est la transaction elle meme et plus encore ses motivations profondes.Par un geste libérateur nous exposons cette vérité et restituons leur statut de vrais créateurs aux vrais acteurs du Marché , les Financiers . “

Ce post est dédicacé à mon ami Tursiops .

« Tu n’es pas ton travail »… mais quand même…

mars 26, 2008

Une brève réflexion de Zentropa sur le boulot. Cavalier solitaire et élégant du ouaibefacho, allant son petit bonhomme de chemin, jamais un mot plus haut que l’autre, égrenant ses pages d’illustrations et de citations précieuses zé variées tel un petit poucet semant avec soin son savoir amassé, il a été l’une de mes plus anciennes étapes de pérégrin du clavier. Sa constance, en ces contrées où les villes champignons laissent parfois place aux villes fantômes avec la soudaineté d’une averse de grêle au mois de mars, me rassure.

Afin de ne pas me limiter à faire le coucou dans son article, j’ajoute que, pour ma part, et quels que soient les nombreux emplois sérieux ou estivaux que j’ai occupé, j’ai toujours eu à l’esprit de ne jamais avoir honte de ce que je pourrais faire. Je dois cependant confesser une incartade à ce principe, bien qu’à mon corps et ma volonté défendants. Pas même bachelier à l’époque, répondant à une annonce aussi brève qu’alléchante de boulot de vendeur faisant miroiter des pourcentages séoudiens, je me suis retrouvé à placer des héliogravures à des gens sans le sou que je bombardais de bobards, dans des cités HLM de villes de la grande banlieue parisienne aux noms chargés d’histoire. J’ai tenu une journée. Il m’est arrivé depuis de négocier et d’obtenir de très confortables salaires auprès d’employeurs qui en avaient les moyens pour des travaux qui ne les valaient peut-être pas - juste retour des choses par rapport à des situations contraires - mais je me suis juré de ne plus jamais gagner de l’argent en l’extorquant aux pauvres.

Sinon, de manière plus éthique encore, dans la présente voie qui est la mienne où je suis amené à relayer ou faire passer des “idées”, je peux toujours, avec une certaine fierté, si, si…, me regarder dans la glace en me disant que pas une fois j’ai commis quelque chose, ou m’en suis rendu complice, qui soit contraire à mes principes.
Après, la vie, c’est autre chose, mais là-dessus, dans ce domaine au moins, non.

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“Le rendement prévu et le degré de risque ne peuvent être les seuls critères pour un investissement, le choix d’investir en un lieu plutôt que dans un autre, dans un secteur de production plutôt que dans un autre, est toujours un choix moral et culturel.” (Doctrine sociale de l’Eglise, “Epargne et consommation”)

“Si le martyre représente le sommet du témoignage rendu à la vertu morale, auquel relativement peu de personne sont appelées, il n’en existe pas moins un témoignage cohérent que tous les chrétiens doivent être prêts à rendre chaque jour, même au prix de souffrances et de durs sacrifices.” (Jean Paul II)

Ces deux sentences, qui peuvent aisément sortir du cadre de la religion et servir de préceptes à toute éthique militante, montrent bien que notre activité économique et donc professionnelle n’est pas, ne peut pas être, « neutre ».

Les métiers que nous occupons représentent, tout du moins en termes de temps consacré, une part considérable de nos jours. Comment pourrions-nous être autre chose que d’inutiles tartuffes si ces emplois contredisent radicalement, par leur nature, leurs expressions et leurs conséquences, les engagements et convictions que, parallèlement, nous prétendons avoir ? Quel sens autre que celui de ridicule gesticulation peut avoir le collage anticapitaliste ou la conférence sur la justice sociale du week-end si le reste de la semaine est consacré, plus de 40 ou 50 heures, à être le serviteur empressé de la finance ou de la publicité ?
Il n’y a pas d’efficacité politique sans cohérence personnelle.
« Il faut bien vivre ! » s’exclame le chœur des prétendus pragmatiques. Certes. Mais à qui fera-t-on croire qu’aujourd’hui en France la seule alternative possible est entre l’école de commerce et la misère noire, le master en marketing et le trottoir, la fusion-acquisition et la roulotte ?
Même si toute activité salariée est susceptible d’induire un certain nombre de compromis, il subsiste néanmoins indiscutablement des professions qui, à défaut d’être toujours absolument dignes, restent néanmoins décentes (enseignement, recherche, artisanat, agriculture, commerce individuel…) tandis que d’autres, participant activement à la défense et la consolidation du système, sont abjectes par nature et peuvent être assimilées à des actes de collaboration (publicité, finance, télévision, grande distribution…).

Pour être clair, on peut faire proprement ou salement de l’agriculture mais on ne peut faire que salement de la « vente de téléphonie mobile » ou du placement de « crédits à la consommation » puisque l’objet même de l’activité est ignoble.
Et qu’on ne vienne surtout pas parler « d’entrisme », ce mot inventé pour justifier son goût pour le confort et les dorures du système et qui n’a jamais eu d’autres résultats que le développement de l’embonpoint de ses promoteurs.
JesusFranco

Le visage de Vercingétorix a été reconstitué!

mars 2, 2008

Sub est en mode « VIP » depuis presque un an, c’est à dire que seuls les détenteurs de la carte de membre qui n’ont pas effacé leur cookies sont habilités à poster. Conditions de plus en plus draconiennes qui, rajoutées au manque de contradicteurs, refroidissent plus d’une ardeur.

À la suite d’une fausse manœuvre ou d’un acte de repentance nostalgique, le Bureau de Sub a levé la grille quelques jours, au tournant du mois de Mars. Trois trolls et autant de vieux habitués ont joué à l’anesthésiste avec ce forum plongé dans un coma végétatif. L’expérience n’ayant pas été jugée concluante, le ménage a été fait et les catacombes rescellés. Par précipitation ou manque de discernement, un post de Néron en a fait les frais. Un post à sa manière, plein de haine, d’ironie et de jonglage adroit avec les sujets d’actualité qu’il eut été regrettable d’abandonner aux limbes.

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Après des années de recherche, Yves Coppens et Marek Halter sont parvenus à reconstituer le visage de Vercingétorix.
Faisant suite à la diffusion officielle du portrait robot de notre héros national, le président Sarkozy a réuni une commission chargée de restaurer dans la conscience populaire notre négritude bafouée par deux mille ans de colonisation gréco-latine. Après avoir initialement protesté contre l’enseignement obligatoire du wolof, Simone Veil s’est dite finalement convaincue du bien fondé de cette mesure, à condition que locuteurs du lingala ne se sentent pas exclus par une réforme aussi abrupte. Pour faire bonne mesure, les émissions des chaînes publiques seront donc sous-titrée dans cet idiome tant apprécié dans les quartiers populaires.
Rama Yade s’est elle aussi emparée du dossier et a convoqué sans délai l’ambassadeur d’Italie afin d’exiger réparation pour le calvaire infligé à son ancêtre gaulois. Face à l’urgence, Louis Schweitzer, président de la Haute Autorité pour la Lutte contre les Discriminations et l’Exclusion a mandaté Dieudonné pour aller faire du testing dans les pizzerias de la capitale. La chaîne de restauration “Le Bistrot Romain” a été condamnée pour incitation à la haine raciale et va devoir changer d’enseigne. Carole Bouquet et Gérard Depardieu se sont proposés pour racheter l’ensemble des établissements pour un euro symbolique.
Par ailleurs, l’ouvrage révisionniste “La guerre des Gaules” a été saisi et passé au pilon. La FNAC l’avait déjà retiré de ses rayons dès les premières rumeurs. Son auteur qui n’est autre que Julius Caesarius est en fuite. Un mandat international a été lancé à son encontre par madame Carla del Ponte. L’arrestation de quelques 3287 professeurs de latin n’a pas encore permis de retrouver sa trace, tant les témoignages divergent. Serge Klarsfeld, a entrepris de traquer le criminel de guerre, de manière totalement désintéressée puisque la prime promise pour sa capture sera intégralement reversée à une fondation d’aide aux avocats nécessiteux que préside son épouse. Après avoir visionné en compagnie d’experts l’accablant documentaire « deux heures moins le quart avant Jésus-Christ », le célèbre justicier a démontré que les allégations de Tite-Live ne sont qu’une ruse grossière destinée à dissimuler la cavale de l’empereur déchu sous une abracadabrante histoire de parricide.
A l’occasion de sa nomination comme secrétaire perpétuel de l’Académie Française, Stéphane Pocrain, fondateur du Comité Représentatif des Associations Noires, a annoncé la suppression immédiate des sinistres pages roses du dictionnaire, dont “les maximes latines sont l’écho d’une domination culturelle intolérable”. Christiane Taubira a renchéri en réclamant que l’ensemble de l’ouvrage soit passé au crible afin d’effacer toute trace de la langue de l’ancien occupant. A l’issue de cette indispensable cure de jouvence, il devrait nous rester près de cent vingt mots d’usage courant, ce qui est plus que suffisant pour retrouver un niveau de civilisation compatible avec notre lignage et facilitera l’apprentissage du français par les nouveaux immigrants.
En visite au Parc Astérix en compagnie du couple présidentiel, Madame Condoleeza Rice a procédé à l’inauguration d’un mémorial que les enfants des écoles devront impérativement visiter pour voir leurs études validées. Ces dernières seront d’ailleurs raccourcies à trois ans, ce qui permettra de réduire le nombre d’enseignants et livrera sur le marché du travail une main d’oeuvre apte à relancer la croissance sans attendre ce que Jacques Attali appelle “cette première vieillesse qu’est la puberté”. Ce dernier a félicité le président Sarkozy pour le nouvel élan qu’il a su insuffler à « une France décomplexée qui renoue avec ses belles racines humanistes ».

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L’Histoire par les nuls… et pour les cons !

novembre 13, 2007

Je l’avais évoqué hier en passant, sans l’avoir l’avoir regardé attentivement. Un autre l’a fait pour moi. Un dénommé Néron, qui sévit sur Sub (s’agit-il de Pierre Damiens ? On y retrouve le style, le ton, la patte).

Tout est dit ! Enfin, beaucoup : l’essentiel.

Je lui laisse la parole.

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J’ai écouté, dimanche, le discours de Sarkozy. Gesticulant et grimaçant, tentant vainement d’étirer sa silhouette de bossu, ce gnome a réussi à changer l’anniversaire de la victoire en une sinistre farce… Car, avec ce nain pathétique, tout finit invariablement dans le sordide, dans l’échec, la gabegie.

De sa voix nasillarde, insignifant sous l’Arc immense, le voici qui entreprend l’ambitieux résumé le l’histoire du XXe siècle ! Enchaînant les fariboles tragiques, il recompose le passé dans un non-sens magistral…

Ponctuant son récit de mimiques grotesques, il nous enseigne qu’en 1918, allemands et français sont des peuples frères, broyés par la machine belliciste et que la guerre est une monstrueuse ânerie. Si ce n’étaient quelques regrettables malentendus, on se serait volontiers embrassé dans les tranchées, cinq ans durant, perdus d’amour dans la bouillasse. Dont acte. S’ensuit une profession de foi pacifiste au lyrisme tapageur.

Mais voici que nous apprenons qu’au tournant des années 30, tout compte fait, les boches ne sont pas si fraternels… En fait ils sont la barbarie même, des ogres, des fous sanguinaires ! Du même coup, la guerre se pare des vertus de la justice. Et la boucherie devient belle, utile, salutaire. Tous au turbin ! Allons enfants ! Ne rechignez pas au sacrifice ! Tous comme Guy Môquet !!!

Allons bon… on ne comprend plus très bien ! Alors, la guerre, quand il s’agit de repousser le Fridolin à l’est du Rhin en 1914, c’est une ignominie. Mais quand il faut libérer Varsovie, et Volgograd en 44, pardon ! Quel art sublime, féerie phosphorée, feu d’artifice mégatonnique !

Si vous avez suivi jusque là que reste-t-il sur le tapis, au bilan, après le grand cataclysme? D’un côté des teutons déments, fanatiques, si dangereux qu’il faut couper leur pays en quatre, hérisser le Brandebourg de barbelés pour se prémunir contre leurs récidives meurtrières. De l’autre, des français dont on découvre qu’ils ont pactisé avec le diable… qu’ils sont, eux aussi, bien suspects, bien salopards, pas fiables pour deux sous.

La plus élémentaire logique voudrais qu’on disloque à jamais cette entreprise démoniaque, cette association de malfaiteurs continentale : la nébuleuse franco-germanique de sinistre mémoire ! Hé bien non !!! Notre petit maître reprend son laborieux exposé. La voici la merveille, la panacée, la solution finale du problème goy !!! Il faut faire l’Europe !!! Il faut à tout prix unir les tarés germaniques aux salauds gaulois. Quoi, ils ne veulent pas se mélanger ? Mais c’est marre ! Tombez frontières ! Par ici les beaux traités ! L’acier, l’atome, le charbon, les bagnoles et la boustifaille… tout doit fusionner sur fond d’Hymne à la Joie !

Là, notre Nicolas entre en transe ! Il file dans les tribunes, serre toutes les louches, baisouille à tout va ! On l’acclame, l’idolâtre, le touche, l’implore !!! Il n’est que paluches, clins d’œil et connivence ! Il entraîne derrière lui un essaim frénétique. Quand il se résout enfin à rentrer à l’Elysée, ce n’est que pour préparer son prochain bain de foule… De quoi parlera-t-il ? Des retraites, du travail, de l’immigration, de la culture ??? Qu’importe ! Quoiqu’il dise, il y aura toujours assez de cons pour l’écouter.

Hommage à SdB

novembre 6, 2007

Serge de Beketch est mort trop tôt pour que la date d’aujourd’hui ait une quelconque valeur d’anniversaire ou numérologique, mais voilà, j’avais du temps.

Au cas où vous ne l’auriez pas compris, Un Dernier Verre etc, se fout de l’actualité immédiate, jusqu’au moment où ça l’arrange. En conséquence, la publication des posts ici-même n’obéit qu’à l’envie la plus subjective. En l’occurrence, plutôt que de me lancer dans une n’ième variation sur l’inanité de l’action de L’arche de Zoé, ou sur l’affaire du viol du jeune français Alex Robert par des Dubaïotes (?) - ce n’est pas moi, c’est sa mère qui balance son identité sur tout le ouaibe - qui mériterait, cela dit, davantage d’attention, j’ai préféré illustrer par l’exemple cette notion si old fashioned de l’amitié et de la fidélité.

Alors que Soral, pour prendre un exemple médiatiquement récent, se complaît à énumérer, sans les nommer, des relations qui l’approuvent en off, Greg, que SdB, je suppose, avait du rencontrer lors de son séjour à Pilote, n’a pas hésité à payer de sa personne en dessinant des couvertures originales pour le Libre Journal.

Greg, fort de - ou faible, selon l’intérêt que l’on peut avoir sur la question - ses opinions réacs, se sentait-il en totale adéquation avec les propos du décadaire de SdB ? La question est secondaire par rapport à son attitude, où seule primait l’amitié traduite par un coup de main, beaucoup plus cher payé que le travail de n’importe quel illustrateur connu pour une campagne institutionnelle bienpensante.

[edit : deux nouvelles illustrations, dont une de Trez, dessinateur de presse de moindre talent pour qui, néanmoins, les remarques précédentes d'appliquent]

[Merci à Acri pour les scans]

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Libre Journal n° 100

L.J. n° 171

Libre Journal n° 171

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Libre Journal n° 193 (décès de Greg)

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Libre Journal n° 104

Les Partisans blancs, par le Chœur Montjoie-Saint-Denis.

J’avais envie de podcaster “Au revoir Camarade”, mais c’est devenu le souk pour mettre en ligne un morceau de musique en mp3. Oui, oui, c’est pour garantir le respect des droits d’auteurs, le travail des artistes… My bollocks !..

La Fwance, Monsieur. La Fwance !..

novembre 4, 2007

J’inaugure une nouvelle catégorie, J’aime beaucoup ce que vous faites, qui annonce sans détour la couleur. Encore et toujours du “recyclage”, donc, mais celui des travaux de connaissances virtuelles *, cette fois, auteurs de post magnifiques, ciselés dans la haine la plus pure et trempés à l’ironie la plus aristocratique.

Ladies and gentlemen, may I introduce you, l’ami Piotr, aussi discret que talentueux.

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Le Monde, via AFP, lundi 18 mars 2030.

M. Basile Boli, premier ministre du nouveau gouvernement présidé par Mme veuve Rachida Dati de Nagy-Bocsa, a instauré ce matin, de manière officielle, et en accord avec le gouvernement, les nouveaux symboles de la Ripouxblique Fwançaise. Selon lui, cette nouvelle Mawianne, en habit traditionnel, reflète mieux les racines multiethniques pluri-millénaires de la Fwance, mais aussi la diversité et le dynamisme des forces vives de notre pays. Elle représente l’attachement viscéral du peuple de Fwance à ses coutumes ancestrales. M.Boli a explicité ainsi la nouvelle devise, dans un discours qui a marqué les esprits et qui restera historique : “La Libewté - ou plus précisément, le libéralisme - est garant de la Divewsité, le tout dans la Festivité”.
Wépublique Fwançaise

Cette décision fait partie d’une série de mesures d’apaisement suite aux récentes truculences en région Parisienne, ayant notamment occasionné la dégradation de nombreuses stations Vélib, l’incendie de la nouvelle MJC “Aimé Césaire”, ainsi que la destruction de la basilique de Saint-Denis.Des jeunes en difficulté ont été interpelés, qui disent avoir provoqué ces incidents “par jeu”, car ne se reconnaissant pas dans un gouvernement où il reste, selon eux, encore “trop de souchiens”.

Réaction légitime que le gouvernement, par l’entremise du Ministre de l’Éducation Post-Coloniale Mme Houria Bouteldja, compte toutefois apaiser. Elle a notamment déclaré, hier, lors d’une allocution vivement applaudie à l’Assemblée Nationale : “La tyrannie coloniale encore persistante aujourd’hui envers les minorités, ainsi que le paternalisme arrogant d’une certaine frange de la population ne sont plus acceptables. Les exactions de ces derniers jours, minimes et démesurément amplifiées par la presse ne sont que justice. Après tout, il n’y a pas eu mort d’homme, seules quelques dégradations sur du mobilier urbain de toute façon obsolète. Il n’y a pas là de quoi faire un plat, quand on voit en comparaison les ravages provoqués par l’esclavage et la colonisation. Les programmes sur ces sujets seront d’ailleurs renforcés, passant de 10 à 15 heures par semaine, quitte à empiéter sur les cours d’art urbain s’il le faut. “

Selon Mme Fadela Amara, Ministre de l’Intérieur, des contrôles ADN devraient être mis en place, en concertation avec la Halde, afin de repérer les individus potentiellement hostiles au nouveau Plan de Métissage. Ces réfractaires refusant d’accueillir chez eux des sans-papiers pour y fonder une famille sont en effet, selon elle, les principales menaces à l’intégration des 10 millions d’entrants annuels, et les principaux créateurs de tension sociale.
Mme Marine le Pen, présidente de “Gars Alités & Vrais Cons : Soumission” s’est, à ce sujet, fait remarquer une fois de plus par sa xénophobie, déclarant que : “Les chinois n’ont rien à faire en Fwance, car si nos racines sont autant chrétiennes que musulmanes, elles ne sauraient être, en aucun cas, taoïstes. Même si je n’ai rien contre le nouveau Plan de Métissage, qui renforcera notre Idéal Ripouxblicain™, cet afflux oriental me semble une menace pour notre identité.”

Par ailleurs, de nouveaux budgets seront prochainement débloqués pour les banlieues. En particulier pour les nombreuses associations de quartier qui œuvrent chaque jour sur le terrain, notamment pour faciliter l’économie souterraine, source de richesse et d’emploi.
Aucune peine ne sera requise contre les perpétrateurs des incidents, reçus ce matin par M.Boli à l’Élysée Montmartre. Le président leur a présenté solennellement les nouveaux attributs de la Ripouxblique. Les jeunes se sont dits satisfaits à l’annonce de la construction d’un vaste espace culturel regroupant mosquée, studio d’enregistrement, stand de tir et halls sans immeubles, à l’emplacement laissé libre par la triste ex-basilique, dont les ruines sont d’ores et déjà - et c’est un soulagement - en cours de déblaiement.
Un nouveau départ qui ne manquera pas de faire remonter M.Boli et son gouvernement dans les sondages.

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(*) Fréquentant les mêmes fora, on ne s’est jamais rencontré pour la plupart mais on a su établir au fil des ans une relation d’estime réciproque sur la base d’opinions communes, mais aussi d’un même regard sur notre espace-temps.

Le fait est que, venant d’horizons sociaux différents, l’on s’est aperçu que l’on avait beaucoup plus en commun et de choses à se dire, même dans le silence, que la masse croissante des jeunes cons abonnés à myspace secondlife facebook qui passent leur journées à pêcher au chalut d’anciennes et oubliées relations de bahut ou de soirée dans le but de meubler leur journées à coups d’échanges d’indications vaines sur leur état psychologique du moment, réactivées tous les quart d’heure.

Ce serait d’une banalité à faire peur, ne serait-ce cette conviction partagée que si tout n’est pas irrémédiablement foutu, savoir qu’on se rapproche à grand pas de la mise à plat du problème et, qu’à tout le moins, on est sérieusement dans la merde, nous donne une longueur d’avance. Éventuellement, le temps de nous préparer.

Certitude qui nous distingue sans équivoque de cette autre génération perdue - celle qui n’en a évidement pas conscience - dont l’acmé des relations dans la caverne est de pouvoir échanger en ligne des photos de vacances ou de beuveries de bar avec tous ses amis.

Le jour où le courant sera coupé, ceux-là saisiront leur portable pour demander par textos à leur amis “keski spass avek free ?”.

Ces cons ne se seront pas aperçus que c’est leur rue qui crame…