Bad Landes

septembre 11, 2014

Le cinéma français se renouvelle, lentement mais sûrement. Et ne me dites pas que le cinoche ricain plus encore parce qu’à part Terence Malick – qu’on ne doit être que trois à voir ici, et qui commence à sérieusement tourner en rond – vous allez tous, au mieux voir Expandables 3   La Planète des Singes

Bref, il y a un putain de film qui vient de sortir, et qui, l’air de rien, risque autant de s’incruster dans la mémoire collective que Le Bar des rails, de Cédric Khan en son temps, sauf que lui risque de méchamment cartonner et donc, proportionnellement, causer des dégâts plus considérables. C’est une histoire – relativement – ordinaire, de deux jeunes gens, à peine sortis de l’adolescence qui tombent amoureux l’un de l’autre, sauf que ça se passe en province, que ça n’a pas l’air de sortir d’une mauvaise pub pour le fromage, mais qu’au contraire les personnages s’inscrivent dans une réalité sociale tangible qui change des faux-bobos parisiens élevés hors-sol ou du prolo de province au misérabilisme soviético-Dickenseien tout aussi factice.

Ou le mec est un moisi qui a du mal à cacher son jeu en balançant – assez réalistement – des Nwârs en figuration, uniquement là où il en faut, et sans exagérer les quotas, ou bien c’est un bien-pensant qui en véritable artiste a laissé s’échapper l’expression d’une jeunesse dont l’ambition n’est pas de participer à la prochaine gay-pride, même en spectateur. Je penche pour la réponse une…

En tout cas, son Badlands soft à la française est la meilleure chose qui soit arrivée en terme d’exemple à suivre dans le genre romantisme pas à deux balles mais au sens noble pour une jeunesse qui se cherche. Juste un film de province comme on n’en faisait plus, sauf que en plus des nanas et des boîtes l’été, ça parle de survivalisme, de menuiserie, de 1er RDP et de dépassement de soi… Ah, et puis il n’y a pas un « Putain ! » (si, un seul dans la bande-annonce..) et rien que ça, c’est rafraîchissant.

Ça s’appelle Les Combattants, c’est réalisé par Thomas Cailley et ça vient de sortir.

 

 

Whisky sour & picon bière

août 17, 2014

Dans un bistrot de mon quartier, je partage mon saucisson avec ma jolie voisine de comptoir * et ses potes : deux nanas halle-mandes et un moyen gros barbu. Pas barbe style étudiant de yeshiva loubavitch de Brooklyn hipster, non : barbe de dix jours sur une tête de con.

Étant donné l’heure tardive, la promiscuité, et le fait que lieu et contexte s’y prêtent, je squatte leur conversation qui a trait à un sujet d’actualité quasi fdesouchien : que fête-t-on le 15 août ? Fort de… mais fort de quoi au juste : qui ici n’aurait su répondre à la question qui ressort de la culture générale assez basique pour un Français de plus de trente-cinq ans ? Quoi qu’il en soit, le petit topo historico-religieux que je leur sers déclenche chez eux des aveux d’inculture, ou plutôt de déculturation, certains ayant même été au catéchisme et fait leurs communions. Ce n’est pas bien grave, enfin jusque là.

Je décroche pour discuter avec le barman, et quand je raccroche les wagons de la discute d’à-côté, celle-ci porte alors sur la « haine » dont aurait été témoin et victime le petit frère de la jolie voisine. Quid ? Commodo ? Photographe, il se serait fait sortir d’une des Manifs pour tous et aurait eu très peur. Il n’aurait jamais vu autant de haine ™ exprimée. Je fais part de mon étonnement : ayant fait pratiquement toutes les manifs officielles et quelques officieuses, celles-ci se sont surtout distinguées par l’absence de haine, précisément, à l’égard des pédés en tout cas. La fille me maintient ce que son frère lui a soutenu mordicus. J’essaie d’en savoir plus : a-t-il été tèj’ en sa qualité de journaliste (« collabo » ?..) mais alors à quel moment de la manif, en quelle circonstance ? À la toute fin, lors des bastons avec les CRS ?.. Et puis lors de laquelle ? Ça devient de plus en plus flou. Me parle de 30 000 personnes comme si c’était un nombre invraisemblable, je lui réponds qu’il y en a eu plus d’un million. Sentant alors une petite polémique sympathique à livrer, je pousse donc la discussion sur le mariage homo, et fait valoir mes raisons à être contre. Et c’est le drame.

Tête de con se met à couiner, à me parler de l’Église qui serait contre l’amour, que deux personnes ont le droit de s’aimer, et qu’est-ce que ça me fait, d’abord ? Et c’est l’avalanche de poncifs, la boîte à conneries qui dégueule et se répand en corne d’abondance. Le tout en reconnaissant qu’il n’est pas marié, pas payday, et n’a pas d’enfants. Avec évidemment les coup des valeurs ® qui sont forcément mieux transmises par un couple de poilus qui s’enculent que par papa et maman qui violent tous leurs enfants comme chacun sait. Je pose, lassé la question de la lignée, il me répond que ce n’est pas important. Alors je porte l’estocade et lui dit qu’il a de la chance de vivre à une époque où grâce à l’utérus artificiel et les dons du sperme anonymes, on se prépare une jolie trans-humanité, sans passé ni avenir… Le mec bafouille qu’il s’en fout du transhumanisme et que… Sa copine l’entraîne. Pour un peu, il en serait venu aux poings si je l’avais titillé à peine plus. C’est vrai que je suis downtown XVIIIe et que ce ne sont pas les plus finauds sur la question, mais bref, une fois encore, le preuve est faite que ce n’est pas avec des gauchistes qu’on peut réellement polémiquer.

« T’as claqué un Sieg en partant ? Ils en auraient eu pour leur argent. « , me demande un pote à qui je relate la chose. Et moi de poursuivre…

J’aurais dû, mais alors je serais devenu tricard dans ce bar que j’aime bien, tenus par deux jeunes que j’aime bien aussi. Le truc assez marrant, c’est que le lendemain, soit hier soir, alors que je venais de raconter au barman qui n’avait pas trop fait gaffe que j’avais eu une querelle sur les sujets qui fâchent (« ne jamais parler religion, ni politique… »), je me suis de nouveau embrouillé avec un gus (« putain, t’as l’art d’énerver les gens… » ) avec qui j’avais commencé par parler cinoche, puis littérature avant que j’enquille sur Obertone après que lui m’ait parlé de Houellebecq, ce qui a eu le don de le rendre amoq au prétexte qu’il n’y a pas de zones de non-droit en France et que la Police, si elle veut  (arf !..) peut pénétrer où elle veut. Le barman est sorti limite nous séparer parce qu’on, enfin l’autre, s’énervait et parlait fort (je restais calme, right side dandy style…) ; eh ben finalement c’est l’autre qui, bien qu’un peu abimé par l’alcool (et les drogues vu ses dents), n’est pas complétement con, a trinqué avec moi, m’a dit qu’il m’aimait bien tout compte fait, mais que je devais certainement être de droite.
« Anar de… » ai-je précisé.

Toujours rester droit dans ses bottes.

…de saut ! aurait rajouté le Vieux…

 

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* cadeau !..

 

 

 

Moins plus plus égale mieux

août 16, 2013

[Avertissement ! En raisons de cette foutue largeur de colonne incompressible inextensible, le résultat publié est infiniment moins séduisant que sur l’interface de rédaction. Navré. N’avez qu’à vous en prendre à qui vous voudrez : Hollande, Taubira, maître Vergès, les frères Muslmans ou les Chouifs…. En attendant, cliquez sur les images, elle sont mieux en grand]

Donc, disais-je, moins plus plus égale mieux.

Tenez par exemple…

Vous allez me dire que c’est vieux, toussa. Prenons plus récent, mais avec une donnée de départ encore plus difficile  :

ou encore :

Ça fonctionne.

En revanche, le résultat se gâte totalement quand on inverse les propositions ; ainsi plus plus moins égale moins que zéro… :

ou :

Merci à MeuCeu et Zemon

Ça faisait en réalité très longtemps qu’elle m’avait déjà lâché moi

mai 17, 2012

Il y a à peine une semaine, Xyr  publiait « C’est l’histoire d’un mec« , manifeste qui a connu un succès certain au point d’être repris çà et là.

Un des se lecteurs lui a répondu en pondant un texte analogue, tout aussi splendide avec cependant une nuance de taille : le sang-froid de celui qui sait précisément qui il est, d’où il vient, comment il en est arrivé là et n’a rien à prouver. La plume de Fromage+  trempée dans l’encre de Stag, si vous voulez. Ou d’autres – libre à vous de vous référer à vos éditorialistes imaginaires préférés qui, sans vous offrir des radio-réveils contre un abonnement, ni attendre un kopeck de votre temps de lecture, nous ont, par leur talent, leur rage et leur honnêteté, infiniment mieux accompagné dans le spectacle de dissection de notre époque que leurs homologues salariés de la presse dite écrite dont la tâche aura consisté à servir du bromure à des trépanés trente ans durant.

Le fait est qu’il ne s’agit pas d’un billet publié dans un bleaugue, mais d’une correspondance, d’où l’affranchissement des obligations scripturales publiques qui permet, quand on en a le talent – et le sien n’est pas donné tout le monde – , d’exprimer parfois avec plus de clarté ce que l’on a sur le cœur. 

L’autre singularité de ce texte, enfin, qui le distingue des  virages d’opinion habituels, est l’absence d’expérience traumatique qui a présidé au décillement de son auteur. À l’instar des comateux que ni choc, ni plongée dans l’eau froide ne pourront réveiller, il semblerait qu’il s’en soit sorti.. tout seul. C’est rassurant pour le présent – l’avenir, on aura le temps de voir.

Leur créature leur a échappé. Mieux, elle ne fait plus peur aux enfants…

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/* Email reçu après la publication de l’article « C’est l’histoire d’un mec… » */

Salut.
Je me permet de te tutoyer, on a peut-etre le même age, à quelques années près.
Je les découvre après la bataille tes textes.. C’est bien écrit, ta sincérité, ta colère prend aux tripes, j’aurais pu en écrire certains paragraphes au mot près, il y a quelques années… C’est toujours très étrange de se reconnaitre dans les mots, dans le vécu d’un autre. Je ne vais pas m’étendre, mais l’enfance gauchiste, les manifs anti-lepen, tes références culturelles, sociales, c’est de l’ultra familier pour moi. Et puis j’ai débarqué à Paris Nord et j’ai vécu la. Trop longtemps.
Y a deux ans, j’avais envie de tout défoncer, j’écrivais des tas de textes comme le tien (en moins bien surement, mais avec la même colère).
Depuis quelques mois, je m’en fous. J’ai pris le parti d’attaquer le seau de pop-corn en attendant tranquillement le point de non-retour, tout en prenant soin de me mettre à l’abri, c’est bien la seule chose de concrète à faire. J’ai même définitivement renoncé à ouvrir ma gueule en public sur le sujet, ça ne sert à rien.
Aucun compte à rendre hein, aucun. Tu sais quoi ? Plus je lis les éditorialistes et les sociologues nous dresser le portrait type du « facho » qui vote pas comme il faut, et plus je me marre, car j’en suis très probablement l’antithèse la plus absolue, mon boulot, mon apparence, mes gout, mon style de vie, ma bibliothèque et mes opinions même, rien de rien, ne me rapproche de près ou de loin des conneries qu’on lit ici et la…C’est une force, sans doute que d’être mésestimé à ce point, et je les emmerde. ON les emmerde. A vrai dire c’est presque une jouissance que de les voir se planter autant. Et d’imaginer qu’ils se prendront un jour toutes les réalités qu’ils nient dans la gueule, comme un boomerang.
Aucun compte à rendre.
Se justifier de « pas etre facho » ? Ça sert à rien. L’imbécile se raccroche à ce mot comme le chien hargneux à son nonos, le mot en lui-même fait office d’argument pour celui qui en manque cruellement par ailleurs. Le débat est stérile. T’as forcément perdu, t’es pas d’accord avec l’imbécile, t’es un facho. CQFD Ca sert à rien de rentrer la dedans.
Se justifier de fréquenter Fdesouche ? Ça sert à rien non plus. Sur ce site, y a de tout, des bas du front à qui on ne confierait même pas un poisson rouge à garder, et des gens épatants, so what ? L’imbécile ne comprend pas que c’est la nature même des espaces de liberté que d’y rencontrer de tout, puisque la liberté, il connait pas. Il est vain d’expliquer à l’imbécile qu’un peu d’esprit critique et de raison, permet de s’y retrouver, de faire le tri et d’y prendre et d’y rejeter ce qu’on veut, autant dans les articles que des les commentaires. Car l’imbécile qui n’est doté ni de l’un ni de l’autre n’y parvient pas, alors il s’obstine à censurer, parce que c’est plus simple. L’imbécile est persuadé que s’il casse le thermomètre, la fièvre s’en ira. Il en est persuadé.
Se justifier de trouver que la vie a Multikultiland c’est pas si enrichissant que ça, mais c’est un peu beaucoup naze en fait ? Ça sert à rien. Le bien-pensant de service te fera un superbe collier en perles de morale, enfin pas longtemps, parce qu’a quatre heures faut pas qu’il rate le train, il visite une chouette maison, dans l’est de Paris, ouais ouais, il quitte le 18ème, parce que tu vois, avec la p’tite qui rentre à l’école et tout ça, enfin tu vois quoi. Mais si tu vois, arrête tes sous-entendus, avec Cécile, on adooorait la vie à Barbès, c’est juste que… oh et puis tiens… Dis donc t’es pas un peu facho sur les bords toi ? Hein ? Hein ?
L’habitude. On s’y fait, a ces gens-la, comme au reste. J’ai appris à en rire, vu que je suis littéralement cerné. L’hypocrite dans ce genre-la, finalement, c’est un gars ou une nana qui ressens les choses comme toi, mais qui n’assume pas encore, parce que le déclic est pas arrivé.
Faut pas se justifier, ça ne sert plus à rien. Le fossé se creuse.
Fous-toi à l’abri tranquillement mais surement, assures-toi un avenir, ici ou ailleurs, parce que c’est à ça que ça sert, d’ouvrir les yeux. Blinde-toi des remarques, des cons, prend la vie avec humour, parce qu’a ce degré de connerie générale, vaut mieux en rire qu’en pleurer et je te passerais les pop-corn.
T’as fais des études, t’as un bon job ? Pars… Va à la rencontre des peuples européens, et tu verra, que les identités sont fortes, vivaces, qu’elles sont aimées, revendiquées… Tu entendra, partout la même rage, partout la même colère, partout les mêmes inquiétudes de la Finlande à La Grèce, de la Lituanie à l’Espagne, et tu mesurera ce que les débats franco-francais ont de ridicule, de borné, a quel point les médias, les intellectuels, les politiques sont à coté de la plaque. Les mêmes débats partout, les mêmes. L’islam, l’immigration, la violence, la régression sociale, culturelle, partout… C’est à la fois vertigineux et terriblement fascinant. Ce qui se passe est inédit par l’ampleur, c’est pas une putain d’anecdote dans notre histoire, c’est fondamental, et ça dépasse de très loin le cadre de nos frontières à nous. Les imbéciles qui ramènent la question au FN n’ont rien compris, le FN c’est rien, c’est une goutte d’eau… Le multikulti ne prend pas, nulle part, personne n’en veut. La propagande ne fonctionne pas, les hypocrites font semblant, mais ils n’en veulent pas non plus, surtout pas pour eux, ni pour leurs enfants. Le décalage est trop fort, ça craque de partout.
Le postulat de départ « méconnaissance = peur = rejet » est faux, archi_faux, c’est l’imposture ultime. On peut savoir et connaitre et rejeter en même temps. On prend les gens pour des cons, le mépris est immense.
Encore une fois, c’est étonnement sans fin pour moi, que de les voir se planter autant. Les discours, les éditos, les articles, c’est du vent, déconnectés des réalités, de l’idéologie pure dont personne ne veut pour soi. Du vent. Du vent terrifiant, mais du vent. Les donneurs de leçons se lisent entre-eux, se parlent entre-eux, le peuple s’en fout et le décalage est immense. Mieux vaut en rire, pour l’instant, tellement c’est grotesque.
Une erreur dans le système, j’aime la formule, mais s’ils savaient, le nombre d’erreurs dans le système…
Je continue de lire Desproges avec passion, de remplir ma bibliothèque de BD de Gotlib et d’Edika, ma discothèque de musique psychédélique et punk en même temps, de vivre pied-nus, à la baba-cool parce que j’aime ça, de fumer un joint de temps en temps pour me détendre, pas trop souvent, de me marrer devant la classe américaine si typique de l’esprit canal qui a bercé mon enfance, de me gaver des grands artistes soul (et noirs !) américains que je vénère, de me passer un disque des Clash, ou de NTM quand j’ai envie, de lire Fluide Glacial et les vieux numéros de Hara-Kiri que ma mère m’a refilé, d’écouter Renaud de passer du temps sur le web, à regarder films et séries, plutôt que devant une télé que j’ai jeté depuis des années. Je n’ai aucun ouvrage traitant de la seconde guerre mondiale dans ma bibliothèque, à part le journal d’Anne Frank. Je les emmerde, j’emmerde la gauche, j’emmerde les donneurs de leçons, j’emmerde les bien-pensants. On peut me traiter de n’importe quoi et même du pire, plus rien ne m’atteint, je sais ce que je suis, je sais ou j’en suis, je sais précisément ce que je veux, et ce que je ne veux plus. Je veux vivre et élever mes enfants dans la culture occidentale, moderne, nourrie d’idéaux de progrès, de sérénité, d’égalité, et de respect. Je veux me tenir loin des fanatiques, des idéologues, des totalitaires, des censeurs, des puritains. Et des faux-culs.
J’ai grandi dans une famille ou on m’aurait allongé une baffe direct si j’avais osé dire une phrase de travers sur un noir ou un arabe. J’ai passé huit ans de ma vie dans un quartier « multiculturel » ou j’ai entendu un nombre incalculable de saloperies inimaginables sur les femmes, les homos, les juifs… Comme jamais auparavant je n’en avait entendu dans ma vie. C’est aussi cette bêtise crasse, cette violence gratuite, cette mentalité abrutie et rétrograde avec laquelle je ne me sens rien en commun que je fuis, que je vomis, et je n’en ai pas honte.
Les vieux cons ultra-conservateurs et vétérans de la cause qui se la jouent sur Fdesouche, on s’en tape aussi. L’important c’est d’être conscient, de savoir, de pas être un putain de mouton, mais de regarder les choses en face pour s’y préparer.
J’ai lâché la gauche le jour ou j’ai réalisé qu’elle ne regardait plus les choses en face, mais ça faisait en réalité très longtemps qu’elle m’avait déjà lâché moi.
Bref. Au plaisir de te lire encore sur ce blog.
Bonne continuation.

Perdu pour perdu

mai 2, 2012

…autant se faire plaisir

[© Loyola, avec la touche de savoir-faire de Tursiops]

Il paraît que ça s’appelle un mème, sans accent circonflexe *, d’après la presse écrite en ligne qui continue de penser qu’internet  ça va, ça vient, mais comme on ne peut plus faire sans, on fera avec mais qui continue de pontifier sur des pratiques vieilles comme le post avec la fatuité d’un scientifique qui pense que l’objet de sa recherche n’existait pas tant qu’il ne l’avait pas découverte, ni ne lui avait donné de nom.

* Mes différents dicos intégrés ne connaissent pas (‘ faut dire que même « courriel » leur a longtemps semblé un gros mot). Peut-être qu’il figurera dans la v. 15 de Firefox…

Les Darwin Awards au service de la lutte contre l’insécurité

octobre 6, 2011

Cet Indien de 33 ans surnommé «Babu», qui menait une vie travailleuse et sans histoires à Paris, a payé de sa vie le 29 septembre un acte citoyen «qui devrait donner l’exemple», selon le directeur adjoint de la police des transports, Serge Rivayrand.

Soyez citoyens : faites-vous buter dans le métro…

À Bollywood, tout finit commence par des chansons

Accessoirement, c’est curieux, hein ? on ne sait pas grand-chose du type qui l’a balancé sur la voie, ni son âge, ni son surnom encore moins sa nationalité et surtout s’il menait lui aussi « une vie travailleuse et sans histoire »

J’oubliais le meilleur presqu’aussi bon, toujours dans cet article du Parisien : Frédéric Mitterrand a, lui, salué «ce pauvre Babu qui fait partie de ces héros ordinaires qui rendent la vie meilleure» et qui «représentait ce qu’il y a de beau dans la culture indienne, le partage, l’attention aux autres».

Dommage qu’il n’ait pas été Japonais, parce que, dépassant sa caricature par les Guignols, notre Fredo national n’aurait pas manqué de célébrer son sens du sacrifice…

C’est Dutroux qu’on assassine !

juin 2, 2011

[Réponse à l’article de Yann Moix. J’en ai profité pour l’améliorer un tant soit peu]

Je viens de lire le pensum de Yann Moix. Laissons tomber l’analyse de texte psychanalytico-miroir à deux balles (en deux mots, c’est le genre de texte qui risquerait de lui servir d’épitaphe) , il fait plus fort que Joffrin en sautant de tout son poids sur le sophisme le plus con de ce début de siècle

Relater un article lu dans le Figaro-Magazine mettant en cause sans la nommer une personnalité politique équivaut («- vaut », pas « -vaudrait », il est on ne peut plus affirmatif en ayant écrit son billet au présent) à émarger à la Kommandantur…

Raccourci qui ferait par conséquent passer la moindre revue de presse pour un brouillon de liste de fusillés et permettrait de comparer ces grandes figures du genre qu’ont été Pascale Clarke et Jean-Michel Apathie à Brasillach et Cousteau (non, pas lui, son frère).

Son utilisation de ce procédé rhétorique serait accessoire, bénin, voire acceptable s’il n’y avait ce léger détail, à savoir des faits de pédophilie. Et c’est là qu’il se ramasse méchamment sur le tapis.

Parce que, si l’on suit sa logique, s’offusquer d’un crime sexuel abject contre des enfants équivaut donc à balancer des Résistants aux Boches.

Mais alors, quelle est la conclusion de la splendide démonstration de Yann Moix ? Ben, que les pédophiles sont des héros de la Résistance… CQFD.

Et c’est ainsi que, faute d’avoir un Dreyfus sous la main, on en arrive à prendre la défense d’Emile Louis…

Si cela peut le consoler , il n’est pas le seul à avoir fait preuve d’un aveuglement aussi stupide et même misérable : Laurent Joffrin avait ouvert le bal dans le NouvelObs sur le même air que lui, et deux heures avant que Moix ne macarène comme un diable, Renaud Revel avait pris la danse suivante dans l’Express en associant implicitement les crimes sexuels à des « histoires d’alcôve ».

À l’heure excessivement matinale – d’aucuns l’appellent le milieu de la nuit – où je poste, Libé titre sa une par un « Dirty Ferry » qui conforte si besoin était cette maladresse qui confine à la connerie crasse avec l’emploi de comparaisons totalement inappropriées, sauf à considérer, en l’espèce, que l’Inspecteur (« Dirty ») Harry était un dénonciateur de pédophiles et par conséquent, lui aussi un salaud…

addendum : La play-list s’allonge et les djs se succèdent. C’est au tour de François Miclo d’être pris en flagrant délit de diptèrophilie anale dans Causeur, reprochant pêle-mêle à Luc Ferry de colporter des ragots tout en ne rentrant pas assez dans les détails (leçons de choses à la clef), lui-même évitant prudemment de supputer des résultats d’une éventuelle enquête dont il espère cependant qu’elle fera taire l’importun à défaut de punir le ou les coupables.

Accrochez vos ceintures, cela ne fait que commencer.

PS.
Que l’on soit bien clair : si l’on m’apprend qu’une personnalité ou un anonyme va aux putes ou partouze à tout va avec bobonne, je m’en contrefous, ça le regarde. En revanche, s’il se met à enculer des enfants, avancer comme certains le font que cela ressort de la « vie privée » qu’il s’agirait de « respecter » est une saloperie sans nom, et par ailleurs une apologie de crime.

DSK, victime de la pub

mai 15, 2011

Et dire qu’il avait quitté le Sofitel avant la permission de 16 heures…

Eva Joly écrit avec des bottes en caoutchouc

avril 16, 2011

Un connard a forouardé ceci, qui a fini par atterrir dans mon courrier.
Certes, il ne s’agit que de la mise en application d’un mode de sélection des candidats tout droit importé des Zuhèsses des primaires au sein des Ecolos, oups ! de Génération Ecologie-Les Verts, mais parvenir à concilier un tel concentré de langue de bois avec si peu d’enthousiasme méritait qu’on s’y arrêtât cinq minutes…

Chers-e-s ami-es [1]
[Ça se lit comment ? « Cherzezami… euh… esse » ?.. ]

Je souhaite que ces primaires permettent un débat de qualité [2], qu’elles puissent être un premier pas [3] dans le dialogue [4] que nous devons engager avec nos concitoyens autour de notre projet de transformation écologique de la société.
[Les connaissant, à l’allure à laquelle il a fallu se mettre d’accord pour rédiger cette phrase d’une prudence de sioux sur ce qu’il conviendrait peut-être de faire, sont pas prêts d’y arriver à la transformer « durablement » la société.]

L’abandon en rase campagne [5] des projets issus du Grenelle de l’environnement et de la taxe carbone, l’acharnement à défendre le tout nucléaire et sa dissémination dans le monde entier, les tentatives d’imposer l’exploitation du gaz de schiste, le soutien à une agriculture toujours plus intensive au détriment de l’agriculture biologique, le bradage [6] * des services de fret par rail au profit du routiers… sont le vrai bilan des années Sarkozy/ Borloo/ NKM. [Un instant, j’ai cru que c’était le nom d’un groupe de rap. « NKM », sans déconner, c’est pour faire jeune ? Putain ! C’est à l’image de ces lignes, écrites comme un torchon…] La politique de la haine [7] et de la stigmatisation [8] est insupportable. [« Politique de haine et de stigmatisation »… Blam ! La perruque dans le potage… Contre qui, contre quoi ?.. Je remonte… Les agriculteurs bios ? Les cheminots du fret ?.. On devine le militant aux aguets qui à la relecture s’est aperçu avec horreur qu’on n’avait pas placé une ligne sur sur la richesse éternelle de la France. En revanche, ne cherchez pas : les mots « arbres », « labour », « patrimoine », « terroir » ou même « pâquerettes » n’y figurent pas. Les Écolos sont des gens qui n’aiment pas la campagne parce que lorsqu’il ne pleut pas, ça leur flanque le rhume des foins.]

L’écologie politique, c’est l’alternative [9] à une société où tout s’achète et où tout se jette, où notre environnement est soumis aux pillages et à l’exploitation, où la mise en concurrence détruit notre vivre ensemble [10]. [Décodage rapide : l’écologie politique c’est le retour au Cambodge de Pol-Pot.] L’écologie politique, c’est un choix de civilisation [11], qui marie responsabilité, autonomie, et solidarité [12]. [N’en ai pas l’énergie, mais c’est aussi tarte et contradictoire que « Liberté-Egalité-Fraternité ». Z’ont oublié « bonheur », dans la liste. Ah ben non : « joyeuse » figure juste après dans le dernier paragraphe… ]

Je souhaite une campagne collective, joyeuse et imaginative [13]. [Elle sera dans les faits individualiste ET bordélique, chiante comme la pluie et sans rien d’intéressant.] Je compte la mener avec vous [14]. Je vous adresse un premier outil [15] pour commencer à l’organiser : il s’agit d’un appel de soutien, à signer et à faire signer, que vous pouvez trouver sur le site [evajoly.fr]. Ce site est un outil, vous pouvez y suivre la campagne, y participer et l’animer. [On imagine le reste de la boîte à outils : un tournevis pété et un vieux marteau sans manche…]

Cordialement, [La formule déjà pas terrible, mais qui se conçoit dans un courrier formel où il serait déplacé de terminer par un « Je vous embrasse », est navrante dans un contexte de candidature à la Présidence de la République]
Eva Joly

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Laissez tomber le style de bas-salarié du service public, vous avez lu « France », ou même « République » dans ce machin qui a du être griffonné sur un coin de nappe en papier en poussant les bouteilles de vin bio ?..

[1] à [15] : Clichés à la con ou formules toutes faites bien dans l’air du temps.
* « Bradage » n’existe pas. Une seule occurrence dans le TLF, et encore : entre guillemets dans une citation.

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Cortège de parapluies. Une trentaine de militants écologistes et élus locaux ont suivi, dans la gadoue de la côte de Montguichet, les bottes en caoutchouc noires d’Eva Joly, hier après-midi à Chelles. C’est sur les hauteurs de ce terrain boisé de 90 ha, promis par des associations locales à devenir un site de biodiversité et de promenade pédagogique, que la députée européenne d’Europe Ecologie-les Verts (EELV) a choisi de partir en campagne aux côtés des candidats verts locaux aux élections cantonales. […] [Rigoureusement sic in. Le Parisien]

De la révolution comme motif de papier peint

janvier 30, 2011

Au commencement était la « révolution des œillets » – que tout le monde a oublié ; c’étaient les ‘tougaiches.

Depuis, disons depuis l’Ukraine, ou la Géorgie, on a pris l’habitude de donner des noms de fleurs ou de couleur à chaque changement de régime à 180 ° s’opérant dans le monde.

Le départ précipité de Ben Ali ayant été baptisé du doux nom de révolution du jasmin, si Moubarak se tire, parlera-t-on de révolution du papyrus ?..


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