Archive for octobre 2007

Le lapin blanc du président

octobre 31, 2007

Revenu comme une baffe qui part sans prévenir en me regardant Président (le seul morceau rock de ce film dont la fin en queue de poisson m’a presque gâché ma soirée * ). C’est marrant parce que j’ai toujours été persuadé de ne rien connaitre de Jefferson Airplane or, cette chanson-là, j’ai l’impression qu’elle m’a accompagnée depuis ma naissance. Même si on s’était un peu perdu de vue.

« Trop connu », avait estimé un pote du virtuel. M’en fous, si l’on se contentait déjà de connaître tout ce qui est trop connu, on aurait acquis un bagage musical qui permettrait de voir venir.

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(*) Je vous l’épargnerai, mais il n’y a rien de pire que les fins qui n’assument pas la conclusion du récit. Ils l’ont écrit à deux plus une troisième. On appelle ça une collaboration, c’est soit pour pallier une panne, soit un docteur appelé après-coup pour une intervention pas toujours heureuse – mieux vaut accoucher dans une maternité, surtout quand il y a des complications, que dans un bus bondé avec le concours d’une infirmière qui se trouvait là – et, bien que le sujet évite et la trop bonne conscience, et le cynisme de bon aloi, cette fin à la con qui ne mène à rien, si ce n’est le faux suspens auquel on ne croit guère, et pour cause, sens très fort l’intervention de dernière minute, ou la concession arrachée à la fatigue.

Autrement, c’est plutôt fortiche dans la description de la mécanique du pouvoir politico-élyséen. Auparavant, et sans remonter jusqu’à l’autre Président, de Verneuil, dont ce n’était à proprement parler pas le sujet, on n’avait eu droit qu’au Promeneur du Champs de Mars, à la main et la calvitie de Mitterrand dans Operation Corned Beef, le reste du corps en version longue dans Le Bon Plaisir. Films dont le sujet – ou la silhouette – reposait sur la description d’une seule et même personne et qui, franchement, évoquaient peu le quotidien et la réalité de l’exercice du pouvoir présidentiel.

Une réalité cinématographique, équivalente dans mon esprit aux réalités littéraires ou artistiques : moins fondée sur l’exactitude des faits que sur leur vraisemblance. Une vraisemblance composée, selon une alchimie délicate, d’ on-dits notoires, de psychologie universelle, d’un minimum d’attention à ce qui est donné à voir dans le moindre reportage, et d’anecdotes qui ne peuvent pas avoir été inventées. Ou bien ce serait trop beau.

En l’espèce, je pense moins à la scène de la jeune comédienne qui débarque à poil dans la chambre du président, plus un cliché qu’autre chose – même si les clichés ne sont qu’une exploitation paresseuse et stéréotypée de faits avérés – qu’au culte révérencieux que rend Claude Rich à la liquette royale que portait Louis XVI en montant à l’échafaud, conservée pieusement et secrètement loin des regards de la populace – pour le cas où il lui viendrait des idées de Restauration ou, plus vraisemblablement, signe manifeste, car honteux, d’un remords fondamental, équivalent au trognon de pomme qu’aurait conservé Adam par-devers lui. Autre hypothèse encore : l’ultime trophée républicain analogue au cœur ou à la tête d’un ennemi vaincu, préservé telle une relique dans le Saint des Saints, illustration de la jalousie mal assumée que les franc-mac athées ont toujours entretenu vis-à-vis du sacré.

Enfin, un quotidien administratif, professionnel, de rapports humains, nécessairement trivial mais cohérent avec un milieu spécifique. Ce dont le cinéma français semble avoir perdu le secret, ou plutôt le contact, depuis que les réalisateurs sont formés à l’ENA du cinoche qu’est la FEMIS, mais que l’on retrouve néanmoins dans certains films tels que La Sentinelle, Les patriotes, ou Scènes de Crimes, aussi exceptionnel à la règle que cela soit de la part de Rochant ou Desplechin, compte tenu de leur cursus.

Dans le cas présent, on aura à l’esprit les scènes de discussions dans les lavabos, les pt’tits jeunes du Parti qui n’en veulent, les rapports avec la presse, le garde du corps rebeu – qui, étant donné sa discrétion, ne semble pas expressément répondre à une obligation de quota – ou le protocole bureaucratique à suivre avant d’obtenir une accréditation Secret-Défense.

Autrement, l’intrigue du film – l’entrée à l’Elysée en tant que conseiller d’un petit Mariton, ci-devant amoureux de la fille du locataire, au CV lourdingue d’X, fils de militant gauchiste suicidé en cellule, qui décidé opportunément de jouer les chevaliers blancs avant d’être re-conquis par la personnalité du chef de l’État – alterne faiblesses et réussites, mais parce qu’il ne semble pas , s’inspirer de situations et d’une figure éponyme réelles – navré, je n’y ai pas vu Sarko, même s’il se descend une fois une bonne piste de neige – le résultat est déjà en soi méritoire.

NB. Tout bien considéré, veuillez re-qualifier ce qui se situe au-dessus de la vidéo comme une note de haut de page…

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The dope around the corner

octobre 30, 2007

J’ai été témoin d’un joli coup de filet, ce soir.

Trois types dont un qui faisait davantage natif de Belfort que des Tropiques semblent en grande conversation autour d’une berline, coffre ouvert. D’un bref appel de phare je leur rappelle qu’ils sont en train de palabrer devant une entrée de parking. Le plus pâle des trois – quatre en fait, en comptant le passager que je n’avais pas vu – sort nonchalamment et sans un regard un brassard orange fluo plié en quatre, l’agite dans ma direction avec la même conviction que Jake Blue son paquet de Chesterfield à l’entrée de la boîte, avant de se le passer au bras.

Je laisse ce représentant de l’ordre vaquer à ses occupations, et part faire un tour. Sur Campus, on passe du rap ricain audible, sur Courtoisie, la Menhirette (© GP) est interviouvée par un Monsieur qui aurait besoin de prendre des cours de diction ou de changer d’occupation.

À mon retour, la place est libre. En remontant ma rue à pied, je croise des collègues de mon flic en train de serrer trois autres lascars. Propre, net, sans bavure.

Pas de quoi casser trois pattes à un canard, ni a priori de donner lieu à post sur un blog débutant.

Seau ouate ?

En fait, la probité voudrait que j’édite la chanson infra pour en supprimer une strophe, seulement j’ai une confiance limitée dans le caractère durable de ce genre de développement policier.

Alors je vais quand même attendre.

Haricot de mouton et fronsac

octobre 27, 2007

Dîner dans un restaurant de très bonne tenue. Une adresse devant laquelle on passe des années durant en se promettant d’y venir un soir. L’occasion se présente, inopinée, sous les dehors d’un mouvement à suivre, initié par le père d’un pote. Celui-ci nous régalera de l’addition, ce qui ne gâche rien, d’autant qu’on s’est fait plaisir, c’est-à-dire sans excès inutiles, mais en écoutant attentivement son appétit et ses envies. Le vin, c’était du Château Villars 2001. Pas dégueu : on se surprend même à boire de l’eau minérale en accompagnement, pour ne pas avoir à se désaltérer au fronsac, mais ne garder celui-ci que pour le goût et l’ivresse.

La cuisine est délicieuse. J’ai opté pour un haricot de mouton parce que, comme je l’explique, je n’en ai jamais mangé au restau, et que ce plat à des relents cinématographiques autant que littéraires : le genre de plat qu’on s’attendrait à voir servi à un invité de dernière minute dans un film d’Audiard, de Tavernier première époque, un roman de Jacques Perret ou une nouvelle d’Henri Calet. Moins goûtu que le gigot de sept heures, mais moins galvaudé que le pot-au-feu (j’ai failli louper le mien, il y a deux semaines, en étant trop généreux avec les clous de girofles. Si en cuisine, mon adage personnel tend à me faire dire « Dans le doute, rajoutes-en », il y a certains domaines qui ne prêtent pas le flanc à la déconnance, et le clou de girofle en fait partie…) qui, à la carte, fait un malheur chez les bobos qui, chez eux, se régalent de surgelés signés Robuchon cuits au micro-ondes .

Service prévenant et à l’ancienne, attentif au moindre détail, allant jusqu’à trop en faire comme le téléphone sur la carte de visite de l’établissement qui se paie le luxe de n’indiquer que l’indicatif en toutes lettre (genre : TURbigo 2112, mais ce n’est pas Turbigo… Ni 2112). Une bonne adresse, mais devenue, pour le commun des mortels, trop chère pour ce que c’est, à l’image de ces artisans rempailleurs qui ne travaillent plus que pour une clientèle de luxe, si éprise d’authentique, mais qu’il faudrait menacer de mort pour qu’elle consente à venir consommer un oeuf mayo maison dans un bistrot un peu plus cradingue, mais non moins institutionnel.

Conversation molle et sans intérêt ; malgré les traits d’union que l’on pourrait tirer entre nous neuf (belle-famille de belle-famille et réciproquement), et en dépit d’un tronc commun, les gens viennent d’horizons trop divers et ne se connaissent pas assez pour se risquer à évoquer les sujets qui fâchent. Et puis l’occasion ne s’y prête pas. Mon seul moment de vérité consistera à partager des appréciations de caféinomane avec mon voisin de gauche (géographiquement parlant). C’est vous dire l’épaisseur du fil du rasoir : un vrai tasseau.

Et alors !?… Ça y est, Côte-Rôtie nous a raconté son dîner. Mais putain, c’est quoi la morale ?.. La chute, bordel !..

J’y viens, j’y viens, mais elle est à l’image de ce dîner entre gens qui, sans être intimes – enfin, pas tous – s’apprécient suffisamment pour faire l’effort de se rappeler leurs prénoms quand ils se revoient.

Je tente une ouverture sur le mode jovial en annonçant le divorce princier présidentiel (oui, je sais, c’est franchement minable, mais on peut pas toujours lancer une conversation sur le mode : « Tout de même, si Pétain était resté au pouvoir après-guerre, on n’aurait peut-être pas tous ces emmerdes, non ? Qu’est-ce que vous en pensez ?.. »). Ça tombe un peu à plat, chacun se faisant un devoir d’affirmer que ça ne l’intéresse pas mais ça permet une certaine ouverture dans la discussion. Les propos se maintiennent sur un mode intello-convenu et se bornent à échanger des opinions contradictoires sur des sujets éculés qui n’appellent qu’un match nul jusqu’au moment où le nom de « BHL » est lancé par un type que je n’ai jamais eu l’occasion de cerner, tout en le soupçonnant d’être à l’antithèse de moi-même et qui, ce soir, commence à sérieusement me gonfler avec sa manière de rustre de se servir de pinard et de conserver la bouteille par devers lui. Qu’on s’entende bien : je n’ai rien contre les ploucs en tant que tels, mais j’abhorre les péteux précieux qui se comportent comme n’oseraient le faire les derniers des péquenots. A moins d’être seul entouré de Quakers, une bouteille de vin reste et se repose au milieu de la table, c’est en deçà du minimum de savoir-vivre. Quasiment de l’ordre de ne pas boufer avec ses doigts au restau. Ou bien retourne dans ta jungle, mais auparavant vire-moi tes pulls en cachemire. Bref, le con, je l’avais déjà dans le nez, aussi je profite de l’occase pour monter au filet et affirmer que Guaino mériterait l’ordre national du mérite pour l’avoir traité de « petit con prétentieux ». Ça coince. Un peu. Je n’ai pas lâché un pet, mais ce n’est pas loin. Pire : je suis en train de prendre parti contre… L’autre se reprend et me répond que BHL a démontré qu’il y avait des passages racisssstes dans le discours de Dakar, du dit Guaino. Fort bien, lui rétorqué-je, mais il y à boire et à manger dans ce discours, on y trouve ce qu’on veut, même que deux paragraphes plus loin, le même Guaino mettra en garde les Africains contre la tentation de la race pure et les enjoindra à se métisser… Et vive le mélange des races dans l’universalité globalisée !.. Le con me rétorque que BHL tente de « sauver la gauche ». C’est sûr que ce rentier milliardaire héritier d’un trafiquant de bois qui oeuvrait à l’époque où la reconnaissance des droits sociaux des nwârs d’Afrique était un gros mot, ou une occasion de se fendre la gueule, est le mieux placé pour donner des leçons de social …isme. J’ajoute que j’ai plus de respect pour l’œuvre sociale du comité des forges dont les effets ont été plus avérés que les dégueulis d’un type dont le fond de commerce a été de chier sur son pays. Il tente de botter en touche en ramenant BHL à sa figure convenue, donc inévitable de son point de vue, d’intellectuel politico-médiatique. Là, je porte l’estocade en rétorquant que, à l’image de son exemple, le monde intellectuel politico-médiatique est mort depuis au moins trente ans, en France. Sous-entendu, que BHL n’est ni plus ni moins qu’une sorte de zombie malfaisant. A bout d’argument, et avant d’embrayer avec sa voisine de table sur un sujet plus consensuel, il me lâche qu’il y a quand même du racisssme dans le discours de Dakar. Point.

Point que je lui laisse. Discuter avec des cons me fatigue. Je me console comme je peux en remarquant que mon voisin de droite (toujours par rapport au plan de table), bien qu’extrêmement choqué, à l’époque, par mon aveu naturel d’avoir voté le Cyclope au premier tour et de m’être abstenu au second, m’apprécie humainement de plus en plus.

Pour en finir avec Guy Machin, part II

octobre 27, 2007

J’avais envie de prolonger cette querelle toute byzantine (1) sur le Gay Mocky, en restant sur un plan formel. D’une part parce que c’est l’objet du post et quitte à être futile autant se faire plaisir mais surtout parce que sur le ouaibe, à la télé et dans la presse, j’ai l’impression qu’on a fait le tour des arguments de fond. Même dans le détournement, c’est un peu comme pour Martine : de bonnes idées en appellent de plus convenues qui inspirent parfois des petits chef-d’œuvre, mais très vite, on sent que tout à été dit, d’une manière ou d’une autre. Beaucoup de trouvailles devant d’ailleurs beaucoup à l’actualité plus ou moins immédiate : il y a dix ans, au lieu d’Un 11 septembre peu ordinaire, quelqu’un aurait judicieusement titré Vol 714 pour Lockerbie.

Quant aux arguments du chœur des vierges venant nous mettre en avant des questions de calendrier des programmes scolaires chamboulés et le désarroi qui pourrait en résulter dans la tête de leurs analphabètes de lycéens, je les prendrai un peu plus au sérieux lorsque ils mettront la même énergie à refuser la visite de miraculés qui viennent asséner raconter à des élèves d’ école primaire combien la Guerre et l’Occupation ont été atroces pour une seule catégorie d’individus, avec force anecdotes d’étoiles, de trains, de poux et de policiers français aussi méchants que leur compatriotes civils…

Anyway, j’ai eu envie de revenir vous casser les couilles avec ce film après être tombé sur cet article. [libertesinternets.wordpress.com]. L’auteur, prof d’histoire, fait des manières et trouve que le premier de la classe tire un peu trop la couverture à lui. Parce que c’est bien gentil, mais il n’était pas tout seul. C’est vrai, il y avait Jean-Pierre Timbaud (dans le XIe, près d’Oberkampf, bars rock ou nases), Charles Michels (dans le XVe, c’est paumé, personne n’y va, c’est plus mort que le Bistrotenface, à ce qu’il se dit) et… et… Huyng-Kuhong An. L’Annamite ! Valeureux compatriote de l’Oncle Ho, prof de Français, de surcroît, et comme lui, 100% Coco. (2)

Inutile de vous dire que c’est le seul qu’il cite sur les 26 autres… (3)

Comme Guy et ses petits camarades, il a donc écrit une lettre (4) (sera-t-elle lue aux élèves des Collèges de mécanique de Hanoï ? l’histoire ne le dit pas). Elle nous intéresse pour une phrase : « Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. ».

En clair, on les a isolés en salle d’attente avec du papier et un crayon. Point. Et un prêtre pour faire joli. Ou pour ceux qui auraient la foi athée défaillante. Comme quoi, à l’époque, on avait encore le sens des convenances et de l’essentiel : si la peine de mort devait être réintroduite aujourd’hui, il y a toutes les chances que les condamnés se voient accorder, leur dernière heure venue, le secours d’une cellule psychologique.

Quel intérêt de se repasser un clip à la moviola, me direz-vous ? Ce n’est qu’un putain de clip. Justement ! Un clip de propagande où chaque plan compte, chaque plan est pensé, tourné (pas si mal du reste), monté avec le même soin qu’un film de pub, pour qu’on nous enfonce ce putain de message désincarné dont la finalité est de nous faire chialer sur le sort d’un pauvre garçon, en instillant une bonne dose de repentine.

Mais quand pour faire plus vrai, plus authentique, on va jusqu’à tricher sur des détails de la réalité à l’aide d’accessoires soigneusement agencés, choisis, mis en scène, on n’est plus dans l’évocation vaguement héroïque, on est dans le mensonge pur et simple.

Je le sentais depuis le début, j’en ai la confirmation.

Je peux me coucher serein.

‘Scusez pour le linge qui sêche, on nous avait pas dit qu’il y aurait les Actualités.‘Scusez pour le linge qui sêche, on nous avait pas dit qu’il y aurait les Actualités.

Hier, c’était bon, on a eu des rutabagas sauce gribiche. J’en ai repris deux fois.Hier, c’était bon, on a eu des rutabagas sauce gribiche. J’en ai repris deux fois.

Pensez à changer l’eau des fleurs.Pensez à changer l’eau des fleurs.

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(1) C’est-a-dire, par allusion historique, ce crépâge de chignon idéologique sur un sujet qui aurait dû moins encore prêter le flanc à la controverse, tant les données sont limpides et on ne peut plus concrètes pour quiconque a précisément dépassé le niveau de la troisième, tandis que les Turcs répètent leur future intégration à notre belle Union en mettant un peu d’animation dans la ville de son siège social.

(2) « […] né à Saigon, dans ce Vietnam que les colonialistes s’obstinaient alors à appeler Indochine, il était venu en France, à Lyon, pour y poursuivre des études. Qu’il réussit brillamment, au point de devenir professeur stagiaire de français. Non sans s’investir à fond dans la vie politique française. Membre du PCF, Secrétaire des Etudiants communistes de la région lyonnaise, il milite beaucoup, en particulier au sein des Amis de l’Union soviétique aux côtés de son amie et compagne Germaine Barjon. En 1939, après l’interdiction du PCF, il participe à la vie clandestine de son Parti. » (et sic !)

(3) Une bonne fois pour toutes :

* Auffret Jules, 39 ans, de Bondy, conseiller général communiste de la Seine
* Barthélémy Henri, 58 ans, de Thouars, retraité de la SNCF
* Bartoli Titus, 58 ans, de Digoin, instituteur honoraire, militant communiste
* Bastard Maximilien, 21 ans, de Nantes, chaudronnier
* Bourhis Marc, 44 ans, de Trégunc, instituteur, militant communiste trotskiste
* David Émile, 19 ans, de Nantes, mécanicien-dentiste
* Delavacquerie Charles, 19 ans, de Montreuil, imprimeur
* Gardette Maurice, 49 ans, de Paris, conseiller général de la Seine,
* Granet Désiré, 37 ans, de Vitry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des Papiers et Cartons
* Grandel Jean, 50 ans, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste, secrétaire de la Fédération postale Postale de la CGT.
* Guéguin Pierre, 45 ans, de Concarneau, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère, communiste critique, puis trotskiste
* Huyng-Kuhong An dit Luisne, 29 ans, de Paris, professeur
* Kérivel Eugène, 50 ans, de Basse-Indre, capitaine côtier (marin pêcheur)
* Laforge Raymond, 43 ans, de Montargis, instituteur, militant communiste
* Lalet Claude, 21 ans, étudiant
* Le Panse Julien, 34 ans, de Nantes, peintre en bâtiment
* Lefebvre Edmond, 38 ans, d’Athis-Mons, métallurgiste
* Michels Charles, 38 ans, de Paris, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des Cuirs et Peaux
* Môquet Guy, 17 ans, de Paris, étudiant, militant communiste, fils du député de la Seine Prosper Môquet
* Pesqué Antoine, 55 ans, d’Aubervilliers, docteur en médecine
* Poulmar’ch Jean, 31 ans, d’Ivry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des Produits Chimiques
* Pourchasse Henri, 34 ans, d’Ivry-sur-Seine, employé de Préfecture, responsable de la Fédération CGT des Cheminots
* Renelle Victor, 53 ans, de Paris, ingénieur-chimiste
* Tellier Maurice, 44 ans, d’Amilly, imprimeur
* Ténine Maurice, 34 ans, d’Antony, docteur en médecine, militant communiste
* Thoretton Georges, 25 ans, de Gennevilliers, militant communiste
* Timbaud Jean-Pierre, 31 ans, de Paris, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie
* Vercruysse Jules, 48 ans, de Paris, secrétaire général de la Fédération CGT des Textiles

(4) S’il n’y a pas un créneau éditorial à prendre avec ça…

Pour en finir avec Guy Machin

octobre 27, 2007

Lonely days are gone
I’m going home;
My baby just wrote me a letter

The Box Tops The Letter

Mirez ! Mirez !

Lundi soir, l’ORTF nous a diffusé la bande-annonce du film « Guy Môquet, l’enfance brisée d’un jeune homme qui soixante ans plus tard fera oublier le nom de Jean Moulin ou même celui de Jean-Pierre Timbaud qui était pourtant à ses côtés ». *

Ce petit bijou de néo Qualité Française tourné avec des moyens conséquents démontre qu’en matière de propagande nous avons dépassé nos glorieux aînés du cinéma Stalinien. Petit problème, le réalisateur, n’est pas Eisenstein. Ni même Capra pour rester dans le registre patriotique pompier empreint de savoir-faire. Non, dans la forme, on la joue prudent et préfère puiser dans le catalogue des clichés immémoriaux.

Comment était habillé le héros du film, le jour de sa mort ? Les portables des prisonniers étant confisqués à leur arrivée dans les camps, on a peu de documents. En fait aucun. Qu’à cela ne tienne, coco, on n’a qu’à prendre une des rares photo qu’on a de lui, peu importe la date, et composer exactement le même costume. Ce qui me fait ouvrir une parenthèse et conseiller aux futur fusillés, avant de vous engager dans le tractage, de veiller à détruire les photos de vous-même prises lors d’une soirée limite, si vous ne voulez pas que la postérité vous immortalise en drag queen alcoolisée, faute de mieux. De même, évitez le portrait torse nu sur la plage, même flatteur, si vous ne voulez pas que le film de votre exécution ressemble à Tarzan contre les Nazis… (aka Le Triomphe de Tarzan).

Cette question réglée, on peut alors s’en donner à cœur joie. Au lieu de tomber d’un coup sur eux-mêmes comme des vieilles merdes (c’est pas glamour, mais c’est une réalité physique), les fusillés meurent en faisant le saut de l’ange, les mains des témoins saignent en s’agrippant d’émotion aux barbelés, l’officier SS à la tête de cauchemar semble sorti de Hell Boy (au fait, étaient-ce bien des SS qui composaient le peloton ? C’est pas grave, on ne va pas se mettre à chipoter. Et puis c’est pour la bonne cause), « Schnell ! » et « Raus ! » alternent avec les « Allons Enfants… », le prêtre tourne en rond l’air désolé, les visages sont graves, et les gendarmes français ont des têtes de fumier. Signalons quand même cette prise de liberté folle avec les canons du genre : pas un figurant ne porte LA canadienne sans laquelle on ne saurait produire un bon film sur la Résistance ©

Le carton de fin cite, à travers leur logos, la vingtaine de partenaires commerciaux. Là où ils ont manqué d’audace ou de jugeotte, c’est de ne pas faire sponsoriser le clip par un annonceur choisi. Les cahiers Clairefontaine ou les Stylos Waterman présentent : « La lettre », c’eût été carrément vendeur…

Vous me direz qu’il y a pourtant La Poste, mais elle a fait sa timide.

[guymoquet.lcpan.fr]

Guy Môquet l’a échappé belle

Guy Môquet l’a échappé belle

 

Un officier Allemand tout en nuances

Un officier Allemand tout en nuances

 

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(*) La veille, sur France 5, Daniel Piccouly, la fille de la Carrère d’Encausse et quatre autres nanas avaient lu la dernière lettre de Jean Moulin Honoré d’Estiennes d’Orves Jean Prévost un maquisard des Glières un Milicien Nicolas Sarkozy Guy Machin

Toute polémique mise à part, ça s’apparentait à le fusiller une deuxième fois.

Un mot du syndic

octobre 27, 2007

Pressemondiale, mon logeur, gratifie tous les nouveaux arrivants d’un message tartignolle que j’ai décidé de laisser en place pour le moment. Appelons cela de la correction. Vu le prix du loyer, c’est pas cher payé.

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