Archive for novembre 2007

Soirée cinoche à la téloche

novembre 16, 2007

Le service public nous gâte. Hier soir, France 3 nous contait avec Le Lien la – certainement – tragique mais édifiante histoire d’une femme, Eva qui, croyant sa fille morte à Ochouitsse (© GP), découvre qu’elle a été élevée par un ex-Milicien.

Je dis « certainement » parce que, sans l’avoir vu mais à la lecture d’un synopsis j’avais le vague pressentiment que le scénario ne s’était pas orienté vers un développement un tant soit peu original. La mère tombant amoureuse du père adoptif qui lui relaterait les joyeusetés de l’épuration, tandis que sa fille lui confierait que beaucoup de choses ont été dites sur les camps dont elle-même n’a jamais été témoin, voilà qui aurait renouvelé le genre. Cela étant, le choix d’un personnage de très jeune enfant ayant pu a priori survivre à la déportation, sans être de la science-fiction, était déjà à la limite de l’historiquement incorrect et l’on peut comprendre que le scénariste n’ait pas eu envie de pousser plus loin le bouchon *.

Par acquis de conscience, j’ai feuilleté les premières occurrences Gougueule et ai vérifié que le scénario exhalait une bonne conscience aussi subtile qu’un déodorant de ouatères. Ouf ! Les jeunes continueront donc à savoir quoi penser, et comment le faire.

Dans la même veine de la lampe de bureau braquée sur le spectateur, ce soir, c’est Arte qui régale en nous servant un Bousquet, sa vie, son œuvre, concocté par Laurent Heynemann cuisinant un Daniel Prévost qui, comme nombre d’acteurs comiques flirtant avec la ringardise, considère qu’un rôle de pète-sec constipé lui assurera une bonne nécro dans la remise à jour du Jean Tulard.

Je crains que ce ne soit un peu indigeste, mais je comprendrai que voir Prévost tenter de se faire passer pour Michel Bouquet puisse séduire les amateurs de naufrages.

En revanche, la double satisfaction – fromage et dessert – est venue, encore une fois, de Direct 8, la danseuse de Bolloré qui, fort de son audience nanométrique, se permet une programmation de films dont la qualité, ou la rareté, sont inversement proportionnelles au coût de leur diffusion. En particulier, les comédies françaises des années soixante-dix, quatre-vingt.

Mieux encore, cette prédilection pour les films à rouflaquette et vestes à carreaux, semble refléter autant des contingences budgétaires qu’un goût manifeste pour une programmation « cinéma de quartier ». Alternant avec des nanards certifiés, on découvre, ou redécouvre, des petits bijoux oubliés qui supporteraient à l’aise une première heure sur M6 – au fait, de quand date le dernier film en noir et blanc sur TF1, même publique ?

Hier soir, donc, je revois Les Gaspards, de Pierre Tchernia qui, à ma grande stupéfaction n’a pas pris une ride est s’est même bonifié avec l’âge. Petite ironie attendue de l’histoire, ce film qui hurle contre la modernisation et les grands travaux pompidolesques, notamment le trou des Halles et les voies sur berges, nous offre le panorama d’un Paris au quotidien en 1974 dont il ne reste plus grand-chose, depuis les clous jusqu’au métro, rames et affiches comprises. Les voitures sont bien entendu orange, les cheveux sous les képis, longs, et les robes, à fleurs.

Mais c’est surtout l’étonnement devant un film à la réalisation classique mais irréprochable, au scénario tout simplement écrit – avec Goscinny au dialogue – amoureux de chaque personnage jusqu’aux plus humbles, alors qu’il abonde en jeux de mots plus ou moins vaseux, comique de situation, gags visuels et autres hénaurmités, comme le Ministère dynamité qui gîte de 45 °, éléments qui semblent parfois incompatibles avec un talent de mise en scène.

Le travail sur les décors démontre, si besoin était, qu’on a presque définitivement oublié cet aspect d’un film dans les productions d’aujourd’hui, à moins de faire dans le film-de-genre-reconstitution-historique où l’on se borne à piller Defrise et Soubrier.

Pour les seconds rôles, Tchernia a fait son marché dans ce qui se faisait de mieux à l’époque, de Robert Rollis à Paul Demange en passant par Carmet, Depardieu, Jacques Legras et Conrad Von Borck. Pour ce qui est des acteurs principaux, c’est simple : il est incompréhensible qu’un film qui ait pu donner d’aussi beaux rôles à des comédiens à la cheville desquels n’arrivera jamais Jean Reno soit aussi peu cité dans leur filmographie.

Noiret, aristo vieille France qui décore son intérieur souterrain au gré de ses emprunts aux expositions du Grand Palais, ou dans les réserves du Louvre – quoique Le Sommeil, de Courbet ou La Grande Odalisque, d’Ingres, dans les réserves, euh… – préfigure de façon prémonitoire le régent de Que la fête commence. Serrault est Serraultissime sans verser dans le cabotinage, Galabru, commissaire allergique à la littérature, en permanence borderline , se rattrape à chaque fois du bon côté de la barrière, quant à Charles Denner, il campe un ministre des travaux publiques mégalo et très « haute fonction publique » absolument magistral.

Foncièrement anar de droite dans sa peinture d’épicuriens réacs rétifs à l’ordre établi quand celui-ci leur disconvient, Les Gaspards a la correction d’être une comédie tous publics qui ne prend pas ses spectateurs pour des cons.

Suivit Le Convoi, de Peckinpah. Western routier qui n’est rien d’autre qu’une version hard core de Cours après moi, Shérif, mâtinée d’implications politiques d’échelle strictement locale. Film horizontal d’un machisme résolument hétérosexuel, dans lequel les filles tombent amoureuses de gars à gros bras qui ne se croient pas obligés de leur coller un aller-retour pour faire viril, avec Kris Kristoffersen, toujours aussi lisse, Ali Mc Graw, on ne peut plus seventies quand elle était sagement sixties dans The Getaway, Ernest Borgnine qui parodie, en moins sympathique et plus névropathe, son rôle de La Horde Sauvage, scène de mitrailleuse finale à la clef, et pléthore de camions Mack en figurants raccords.

Néanmoins frais et passablement couillu, bien que terriblement daté, le plaisir de découvrir l’avant dernier film du grand Sam Jr – l’autre étant Fuller – a été complètement esquinté par une VF aux abonnés absents.

Sinon, il y avait aussi Docteur Folamour sur Arte, pour ceux qui avaient sept magnétoscopes et deux disques durs. En fait, la politique de concurrence entre les chaînes de télé c’est tout ou rien : soit le Désert des Tartares, soit quinze open bar à thèmes – ou quinze petites amoureuses disponibles – mais tous à la même heure et en des endroits différents.

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(*) D’autres n’ont pas eu cet excès de pudeur en rappelant que si l’on peut pleurer de tout, ce n’est pas une raison pour s’arrêter de vivre. Business as usual, en somme. Témoin, un site dédié aux jeunes qui a illustré scrupuleusement le titre de cette dramatique en bleutant un certain nombre de mots si anodins que l’on se demandait vers quels abysses de la pensée ces ancres pouvaient bien nous mener.

On n’a pas été déçu du voyage.

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« …faut-il dire la vérité à tout prix ? » (sic)

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Ketty Bigotte, une héroïne française

novembre 13, 2007

Pêchée chez les Zéroines – le titre n’est que coïncidence – la version longue de la prestation d’une candidate au Millionnaire. Le mari de la dame fait aujourd’hui la gueule parce que, rétrospectivement, il a honte que le spectacle de son épouse se lâchant en direct soit revu en différé quinze ans après. Ce qui prouve que ce monsieur a accès à internet, et qu’il sait vivre avec son temps. Et ses voisins aussi, sans cela, il ne l’aurait jamais su…

Mais qu’a-t-elle de si scandaleux, cette vidéo flash ? Je vous la résume au cas où elle se ferait virer *.

Une candidate du Nord, à l’accent prononcé, très nature, pompette mais consentante, déconne avec un plaisir manifeste sur un plateau télé. Elle passe son temps à ricaner, multiplie les anecdotes, offre un string à l’animateur bellâtre dont je ne souviens plus du nom, se paie le luxe de faire un faux départ avec la roue – « Excusez-moi, monsieur l’Huissier ! «  – et charrie son mari qui n’a pas du tout envie de monter sur scène. Le public dont la moyenne d’âge tire plutôt vers la tranche pré-retraitée, mais dont la palette d’épiderme est tout à fait homogène, suit, ravi.

L’exemple même de la beauf, dira-t-on. Le terme beauf est méprisant, plus encore que celui de petit blanc : des B.O.F d’après-guerre (petits bourgeois parvenus), on est passé aux beaufs « à la Cabu », dixit Renaud qui en a rajouté une couche, soit l’archétype du franchouillard provincial, pas très fin, de milieu – d’origine – modeste, amateur de camping et d’apéros et volontiers vulgaire. Un plouc, en pire. Un plouc français.

On notera, à cet égard, qu’une grand-mère orientale analphabète, voilée de la tête aux pieds, youyoutant à la mort à la première contrariété ou un clandestin sans-papiers, grand turfiste devant l’Éternel, élevant sa progéniture comme il ne le ferait pas chez lui dans le pays qu’il a quitté à regret, fuyant la misère et la guerre, ne sont pas des ploucs, ni des beaufs mais des gens honorables dont il faut respecter la culture et les coutumes.

Je m’égare ? Pas vraiment. Mais revenons à notre affaire, dans le détail, à la lueur de cette appréciation.

Beauf, donc, cette dame endimanchée comme pour un mariage mais coquette, grivoise, gauloise même, mais jamais vulgaire ? Beauf, sa fille mignonne et souriante, pas percinguée, ni dreadloquée, vêtue très correctement, c’est-à-dire ni en baggy, ni en pouffe ? Beauf, son mari moustachu à la brave tête de français moyen, avec son faux air de Henri Virlojeux sur le tard ou de Michel Serrault jeune ? Beauf, cette famille lambda de province qui reçoit monsieur le Curé ?

Pas assez chic, sans doute ? Trop populaire, peut-être ? Trop terroir-biniou, en fait ? Ça ! La danse des canards, ça ne vaut pas La Marseillaise en arabo-andalou…

Hé bien ! Dépêchez-vous de vous en moquer parce que, parti comme c’est parti, ces beaufs-là, vous paraîtront bientôt aussi lointains, nostalgiques et perdus que les paysans de Bouguereau, les ouvriers de Willy Ronnis – même s’il bandait surtout pour les Cocos – ou les rentiers de Cartier-Bresson.

Cette famille à cent lieues de mon milieu, je la trouve hautement respectable. Infiniment plus que le spectacle navrant de ce qui se fait de plus socialement informe, déraciné, fabriqué, laïcisé et que la télé nous vomit tous les jours comme le mètre-étalon de ce qu’il faut devenir.

Pour moi, cette dame, c’est une icône !

(*) http://convertyoutube.com/

L’Histoire par les nuls… et pour les cons !

novembre 13, 2007

Je l’avais évoqué hier en passant, sans l’avoir l’avoir regardé attentivement. Un autre l’a fait pour moi. Un dénommé Néron, qui sévit sur Sub (s’agit-il de Pierre Damiens ? On y retrouve le style, le ton, la patte).

Tout est dit ! Enfin, beaucoup : l’essentiel.

Je lui laisse la parole.

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J’ai écouté, dimanche, le discours de Sarkozy. Gesticulant et grimaçant, tentant vainement d’étirer sa silhouette de bossu, ce gnome a réussi à changer l’anniversaire de la victoire en une sinistre farce… Car, avec ce nain pathétique, tout finit invariablement dans le sordide, dans l’échec, la gabegie.

De sa voix nasillarde, insignifant sous l’Arc immense, le voici qui entreprend l’ambitieux résumé le l’histoire du XXe siècle ! Enchaînant les fariboles tragiques, il recompose le passé dans un non-sens magistral…

Ponctuant son récit de mimiques grotesques, il nous enseigne qu’en 1918, allemands et français sont des peuples frères, broyés par la machine belliciste et que la guerre est une monstrueuse ânerie. Si ce n’étaient quelques regrettables malentendus, on se serait volontiers embrassé dans les tranchées, cinq ans durant, perdus d’amour dans la bouillasse. Dont acte. S’ensuit une profession de foi pacifiste au lyrisme tapageur.

Mais voici que nous apprenons qu’au tournant des années 30, tout compte fait, les boches ne sont pas si fraternels… En fait ils sont la barbarie même, des ogres, des fous sanguinaires ! Du même coup, la guerre se pare des vertus de la justice. Et la boucherie devient belle, utile, salutaire. Tous au turbin ! Allons enfants ! Ne rechignez pas au sacrifice ! Tous comme Guy Môquet !!!

Allons bon… on ne comprend plus très bien ! Alors, la guerre, quand il s’agit de repousser le Fridolin à l’est du Rhin en 1914, c’est une ignominie. Mais quand il faut libérer Varsovie, et Volgograd en 44, pardon ! Quel art sublime, féerie phosphorée, feu d’artifice mégatonnique !

Si vous avez suivi jusque là que reste-t-il sur le tapis, au bilan, après le grand cataclysme? D’un côté des teutons déments, fanatiques, si dangereux qu’il faut couper leur pays en quatre, hérisser le Brandebourg de barbelés pour se prémunir contre leurs récidives meurtrières. De l’autre, des français dont on découvre qu’ils ont pactisé avec le diable… qu’ils sont, eux aussi, bien suspects, bien salopards, pas fiables pour deux sous.

La plus élémentaire logique voudrais qu’on disloque à jamais cette entreprise démoniaque, cette association de malfaiteurs continentale : la nébuleuse franco-germanique de sinistre mémoire ! Hé bien non !!! Notre petit maître reprend son laborieux exposé. La voici la merveille, la panacée, la solution finale du problème goy !!! Il faut faire l’Europe !!! Il faut à tout prix unir les tarés germaniques aux salauds gaulois. Quoi, ils ne veulent pas se mélanger ? Mais c’est marre ! Tombez frontières ! Par ici les beaux traités ! L’acier, l’atome, le charbon, les bagnoles et la boustifaille… tout doit fusionner sur fond d’Hymne à la Joie !

Là, notre Nicolas entre en transe ! Il file dans les tribunes, serre toutes les louches, baisouille à tout va ! On l’acclame, l’idolâtre, le touche, l’implore !!! Il n’est que paluches, clins d’œil et connivence ! Il entraîne derrière lui un essaim frénétique. Quand il se résout enfin à rentrer à l’Elysée, ce n’est que pour préparer son prochain bain de foule… De quoi parlera-t-il ? Des retraites, du travail, de l’immigration, de la culture ??? Qu’importe ! Quoiqu’il dise, il y aura toujours assez de cons pour l’écouter.

Comment dit-on « Vous n’avez rien à déclarer ? », en 117 langues ?

novembre 12, 2007

Hier, dimanche 11 novembre, le même jour où notre bon président à tous réécrivait l’histoire en nous expliquant que nos poilus étaient morts à Verdun pour Maastricht, les services douaniers de M. Muammar al-Khadafi ont refoulé 172 passagers français sur le tarmac de Sebha.

Faute d’informations supplémentaires, on ne peut que logiquement supposer qu’il ne s’agissait pas d’ingénieurs de chez Areva venus poser la première pierre de la centrale de désalinisation nucléaire offerte en contrepartie de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Quoique, sait-on jamais, M. Khadafi a, par le passé, souvent fait montre d’un sens de l’humour très personnel.

La raison avancée, au motif d’une loi fraîchement votée, était que leurs passeports n’étaient pas traduits en arabe. Forts des multiples exemples de placards administratifs officiels rédigés en bilingue français-arabe, d’aucuns ne manqueront pas de prédire que ce n’est qu’une question de temps.

En attendant, puisqu’à toute chose malheur est bon, on se prendrait presque à espérer que ce précédent fasse des émules auprès des autres chefs d’état. Au désagrément d’un supplément de poids dans ses bagages à main avec un passeport pesant le poids d’un volume d’encyclopédie, nos compatriotes voyageurs auront la satisfaction d’avoir redonné toute son utilité à l’Imprimerie Nationale vendue 103 millions d’euros HT au roi de la vente par découpe, Carlyle, avant d’être rachetée 327 millions. Toujours HT.

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passport [ˈpaːspoːt] également : [pās’pôrt’, -pōrt’/ˈpæspɔrt, -poʊrt, ˈpɑs-/ pas-pawrt, -pohrt, pahs-]

a document of identification, necessary for foreign travel
Example: a British passport

Arabic: جَواز سَفَر
Chinese (Simplified): 护照
Chinese (Traditional): 護照
Czech: cestovní pas
Danish: pas
Dutch: paspoort
Estonian: pass
Finnish: passi
French: passeport
German: der Paß
Greek: διαβατήριο
Hungarian: útlevél
Icelandic: vegabréf
Indonesian: paspor
Italian: passaporto
Japanese: 旅券
Korean: 여권
Latvian: pase
Lithuanian: pasas
Norwegian: pass
Polish: paszport
Portuguese (Brazil): passaporte
Portuguese (Portugal): passaporte
Romanian: paşaport
Russian: паспорт
Slovak: pas
Slovenian: potni list
Spanish: pasaporte
Swedish: pass
Turkish: pasaport

c.1500, from M.Fr. passeport « authorization to pass through a port » to enter or leave a country (15c.), from passe, imper. of O.Fr. passer « to pass » + port « port. »

Kernerman English Multilingual Dictionary (Beta Version), © 2000-2006 K Dictionaries Ltd.

Souvenirs d’enfance, souvenirs d’en France

novembre 9, 2007

Fête des Morts, lendemain de la Toussaint, j’emmène mes enfants fleurir la tombe de leur arrière-grand-mère. Ça leur fait prendre l’air tout en sacrifiant au culte des ancêtres. Tandis que je ferai une prière, mes enfants s’en iront jouer dans les allées entre les caveaux à l’abandon qui ressemblent à des églises de contes gothiques.

[Contrairement à une idée reçue, c’est le 2 novembre, jour de la Fête des Morts, qu’il est de coutume de prier pour le salut de l’âme de nos proches défunts et, par voie de conséquence, de fleurir leurs tombes, et pas la veille, à la Toussaint.

Contrairement à une autre idée reçue, la Toussaint, fête d’obligation, est une fête joyeuse en dépit du temps de chien qu’il fait habituellement lors de sa célébration : l’Église, ses lieux de culte, ses prêtres et ses fidèles, se fait alors belle pour célébrer le souvenir de ses Saints.]

Ma grand-mère est enterrée dans un caveau familial qui date de la fin du siècle précédent le denier *. Il a la forme d’un catafalque en marbre blanc, recouvert de noms gravés au fur et à mesure de leur inhumations. Les tous premiers, ainsi que le nom de la famille, une devise et la croix l’ont été en relief. C’est sobre, assez chic, ça a même une gueule certaine

Près d’elle, et parmi les derniers occupants, reposent ma tante, résistante, et son mari, prisonnier de guerre évadé. Mon grand-père est enterré sur la Côte d’Azur, près de la mer. Il y a eu un cafouillage, ou un mauvais suivi, et il n’a jamais reçu sa pierre tombale. Au lieu de trouver ça sordide, je me dis que mon grand-père, avec juste une croix en bois flanquée d’une plaque en cuivre plantée sur un tumulus, a une tombe de cow-boy. Quand on voit les monstruosités que proposent aujourd’hui les pompes funèbres, il est loin d’avoir perdu au change. Mes deux autres grands-parents ont été inhumés en provence, au nord, à l’autre extrémité, dans leur caveau familial, en granit gris, sous des cyprès géants. Le premier à gauche, en s’engageant dans l’allée centrale de l’ancien cimetière.

A peine la grille franchie, des volontaires du Souvenir Français m’alpaguent font la quête contre un reçu autocollant. Le badge est une cocarde mods inversée – aux couleurs françaises, donc – avec un zigouigoui au centre : une main brandissant un glaive devant l’Arc de triomphe, dont le rendu esthétique est désastreux. Même si on devine l’intention.

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Petit, j’étais plus familier avec Les Gueules Cassées et Les Ailes Brisées. On croisait régulièrement des gens qui vendaient des dixièmes de la Loterie Nationale ou tenaient des guérites de tir à la carabine à leur enseigne. Les Ailes Brisées, symbolisées par trois avions, n’évoquaient pas grand-chose, sinon des Boildieu retraités marchant lentement avec une canne, ou lisant dans leur salon assis sur une chaise roulante, en robe de chambre, une écharpe autour du cou. Et encore, à condition de faire un effort d’imagination. En vérité, l’association d’idées était essentiellement mécanique : on avait davantage en tête l’image de biplans détruits dans les combats. Au pire, des hangars oubliés occupés par des avions au rebut. Les Gueules Cassées en revanche, outre la délicieuse licence qu’elles offraient de pouvoir exprimer des gros mots, charriaient avec elles des souvenirs terribles et mal perçus de la Guerre de 14. On croyait ces figures disparues dans un passé mythique quand il ne s’agissait que d’un manque de vocabulaire. On les prenaient pour d’autres.

Témoin, ce vieux monsieur souriant du village familial qui n’avait plus de menton et passait ses journées à s’essuyer la bouche avec un grand mouchoir. J’ai longtemps cru que ce n’était qu’une affaire de dentier. Mince, sec et se tenant relativement droit, il portait un béret et, ce que n’améliorait pas son handicap, parlait avec un accent cévenol à couper au Laguiole. Parmi les vieux de sa génération, je me souviens d’une vieille dame qui lui a survécu des années. Mes père et oncles la surnommaient le théorème de Pythagore parce qu’elle était courbée à angle droit. Cela n’a pas vraiment de rapport, mais je ne vois pas où j’aurais pu la placer, sinon.

La mission du Souvenir Français a pour objet d’entretenir les tombes des soldats morts pour la France, de célébrer leur souvenir, de transmettre aux générations successives l’amour de la Patrie, les valeurs de la République, et plus généralement, de conserver la mémoire de de celles et ceux qui sont morts pour la France, ou qui l’ont servi, dans la gloire ou dans l’ombre, afin de préserver la liberté et les droits de l’homme (comprendre : le S. F. est une assoc’ trois points).

Morts pour la France… Nos villages sont remplis de monuments qui donnent une assez bonne indication de la densité de population locale à l’époque. Ils font partie du paysage, et semblent moins inspirer les artistes peintres que les cimetières civils. Y a-t-il eu des morts contre la France ; des soldats français qui auraient combattu contre leur pays, sous uniforme étranger ? Rien n’est impossible : la statistique historique est riche en découvertes surprenantes, même si les données s’avèrent, dans certains cas, infinitésimales.

Des morts par la France, cela étant, il y en eu quelques-uns, sans parler des mutins. Les plus – disons-le très vite – célèbres ont même bénéficié d’une citation respectueuse, du moins digne, en tout cas appuyée de la part de Audiard fils dans Un héros très discret d’après le roman de Deniau. Du reste, si l’on fait attention aux plans de visages de collabos tabassés, assis sur un banc, dans un couloir, on sent qu’on est passé un peu au-delà de la simple anecdote. Ça change, un film sur l’Occupation qui ne dénonce pas.

Ceux-là ont eu droit à un monument en Allemagne. Un monument made in Germany, cela va de soi. Pas sur le lieu de leur exécution même même. Plus loin. Dans le village de Bad Reichenhall.

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(Le carton noir est d’origine, sur la photo. En revanche, les douze impacts représentés sur la plaque disent bien ce qu’ils veulent dire. Ce n’est pas que décoratif)

L’on ne s’attend pas à ce que le Souvenir Français le fleurisse ou l’entretienne, ce n’est pas son objet, ce serait même déplacé. En revanche, on aimerait beaucoup qu’ils se bouge sérieusement le cul avant que le cimetière de Mers-El-Kebir n’achève de ressembler à une carrière de gravats. Mais peut-être que tout cela n’a aucune importance. Qui se souvient de Douaumont, de Mers-El-Kebir, de Bad Reichenhall ? Qui se souvient de ce qui n’a pas été dûment et très récemment célébré avec pompes et circonstances ? Qui se souvient de ce qui autrefois faisait partie de la mémoire commune ? Les vieux, les obsédés de la question, et les honnêtes gens – pluriel paritaire pour « honnête homme » ?

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 Mers-el-Kebir 2005

Le souvenir fait partie de l’éducation, de la transmission ; participe de la relation entre passé et présent qui pérennise la vivacité d’un patrimoine. Un pays qui ne souvient plus est un pays qui meurt. En tant que Nation, du moins. En France, l’alzheimer national est entretenu par des commémorations de moins en moins en phase avec la mémoire collective, ou qui la neutralisent, à l’instar de Jeanne Calment, à qui l’on demandait sans cesse de se remémorer une seule et même période de sa vie.

Forcer les gens à se souvenir à coups de lois, selon une orientation donnée, est le meilleur moyen de les en dégoûter. Dans une paire d’années, les collégiens de France ne sauront même plus pourquoi, Guy Machin a été fusillé…

[edit : dans son édition du 9 novembre, Rivarol signale que le monument établi sur le lieu même de leur exécution a été détruit par les autorités bavaroises au prétexte que les commémorations étaient devenues des « manifestations politiques d’extrême droite ». Voilà une mesure qu’elle est finaude : on devrait démolir tous les monuments dont les visites pourraient être considérées comme politiques, on libèrerait ainsi une bonne partie du territoire.]

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(*)Le soucis avec le passage à l’an Mille Neuf Cent Deux Mille, c’est que le XIXe a cessé du jour au lendemain d’être le siècle dernier, sans devenir foncièrement plus lointain pour autant. A contrario, employer ce terme quand on évoque les années quatre-vingt dix, rebute. Ou fait précieux.

Ça manque de filles

novembre 8, 2007

…remédions à cela.

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Hommage à SdB

novembre 6, 2007

Serge de Beketch est mort trop tôt pour que la date d’aujourd’hui ait une quelconque valeur d’anniversaire ou numérologique, mais voilà, j’avais du temps.

Au cas où vous ne l’auriez pas compris, Un Dernier Verre etc, se fout de l’actualité immédiate, jusqu’au moment où ça l’arrange. En conséquence, la publication des posts ici-même n’obéit qu’à l’envie la plus subjective. En l’occurrence, plutôt que de me lancer dans une n’ième variation sur l’inanité de l’action de L’arche de Zoé, ou sur l’affaire du viol du jeune français Alex Robert par des Dubaïotes (?) – ce n’est pas moi, c’est sa mère qui balance son identité sur tout le ouaibe – qui mériterait, cela dit, davantage d’attention, j’ai préféré illustrer par l’exemple cette notion si old fashioned de l’amitié et de la fidélité.

Alors que Soral, pour prendre un exemple médiatiquement récent, se complaît à énumérer, sans les nommer, des relations qui l’approuvent en off, Greg, que SdB, je suppose, avait du rencontrer lors de son séjour à Pilote, n’a pas hésité à payer de sa personne en dessinant des couvertures originales pour le Libre Journal.

Greg, fort de – ou faible, selon l’intérêt que l’on peut avoir sur la question – ses opinions réacs, se sentait-il en totale adéquation avec les propos du décadaire de SdB ? La question est secondaire par rapport à son attitude, où seule primait l’amitié traduite par un coup de main, beaucoup plus cher payé que le travail de n’importe quel illustrateur connu pour une campagne institutionnelle bienpensante.

[edit : deux nouvelles illustrations, dont une de Trez, dessinateur de presse de moindre talent pour qui, néanmoins, les remarques précédentes d’appliquent]

[Merci à Acri pour les scans]

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Libre Journal n° 100

L.J. n° 171

Libre Journal n° 171

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Libre Journal n° 193 (décès de Greg)

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Libre Journal n° 104

Les Partisans blancs, par le Chœur Montjoie-Saint-Denis.

J’avais envie de podcaster « Au revoir Camarade », mais c’est devenu le souk pour mettre en ligne un morceau de musique en mp3. Oui, oui, c’est pour garantir le respect des droits d’auteurs, le travail des artistes… My bollocks !..

Le foutage de gueule permanent

novembre 5, 2007

Dans le Parisien de dimanche, Christine Lagarde, ci-devant Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, a déclaré à propos des mesures à prendre face au baril à 100 $ que les Français n’avaient pas de pétrole, mais des idées ; qu’elle leur recommandait de se mettre à la bicyclette ; que nous avions de la chance d’avoir un Euro fort : avec un taux de change moins favorable, nous la sentirions autrement passer à la pompe, l’augmentation du pétrole ; et que, non, le gouvernement ne modifiera pas la TIPP : on n’avait plus de fric, il ne fallait pas déconner. Enfin, que « nous » avions pris contact avec les pays producteurs de pétrole qui doivent encore être terrorisés de l’entretien.

Elle n’a pas rajouté que les Français pouvaient aller se la mettre bien profond parce qu’elle ne s’exprime pas comme Fadela Amara, mais le cœur y était.

A la rigueur, qu’elle prenne ses concitoyens pour des cons n’est pas un précédent en soi, même si elle le fait sans prendre de gants. En revanche, qu’elle ait l’air aussi incompétente sur le domaine que le Ministre de l’Agriculture Albanais sur celui des sous-marins nucléaires, ne fait a priori pas partie de l’exercice.

 

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La Fwance, Monsieur. La Fwance !..

novembre 4, 2007

J’inaugure une nouvelle catégorie, J’aime beaucoup ce que vous faites, qui annonce sans détour la couleur. Encore et toujours du « recyclage », donc, mais celui des travaux de connaissances virtuelles *, cette fois, auteurs de post magnifiques, ciselés dans la haine la plus pure et trempés à l’ironie la plus aristocratique.

Ladies and gentlemen, may I introduce you, l’ami Piotr, aussi discret que talentueux.

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Le Monde, via AFP, lundi 18 mars 2030.

M. Basile Boli, premier ministre du nouveau gouvernement présidé par Mme veuve Rachida Dati de Nagy-Bocsa, a instauré ce matin, de manière officielle, et en accord avec le gouvernement, les nouveaux symboles de la Ripouxblique Fwançaise. Selon lui, cette nouvelle Mawianne, en habit traditionnel, reflète mieux les racines multiethniques pluri-millénaires de la Fwance, mais aussi la diversité et le dynamisme des forces vives de notre pays. Elle représente l’attachement viscéral du peuple de Fwance à ses coutumes ancestrales. M.Boli a explicité ainsi la nouvelle devise, dans un discours qui a marqué les esprits et qui restera historique : « La Libewté – ou plus précisément, le libéralisme – est garant de la Divewsité, le tout dans la Festivité ».
Wépublique Fwançaise

Cette décision fait partie d’une série de mesures d’apaisement suite aux récentes truculences en région Parisienne, ayant notamment occasionné la dégradation de nombreuses stations Vélib, l’incendie de la nouvelle MJC « Aimé Césaire », ainsi que la destruction de la basilique de Saint-Denis.Des jeunes en difficulté ont été interpelés, qui disent avoir provoqué ces incidents « par jeu », car ne se reconnaissant pas dans un gouvernement où il reste, selon eux, encore « trop de souchiens ».

Réaction légitime que le gouvernement, par l’entremise du Ministre de l’Éducation Post-Coloniale Mme Houria Bouteldja, compte toutefois apaiser. Elle a notamment déclaré, hier, lors d’une allocution vivement applaudie à l’Assemblée Nationale : « La tyrannie coloniale encore persistante aujourd’hui envers les minorités, ainsi que le paternalisme arrogant d’une certaine frange de la population ne sont plus acceptables. Les exactions de ces derniers jours, minimes et démesurément amplifiées par la presse ne sont que justice. Après tout, il n’y a pas eu mort d’homme, seules quelques dégradations sur du mobilier urbain de toute façon obsolète. Il n’y a pas là de quoi faire un plat, quand on voit en comparaison les ravages provoqués par l’esclavage et la colonisation. Les programmes sur ces sujets seront d’ailleurs renforcés, passant de 10 à 15 heures par semaine, quitte à empiéter sur les cours d’art urbain s’il le faut. « 

Selon Mme Fadela Amara, Ministre de l’Intérieur, des contrôles ADN devraient être mis en place, en concertation avec la Halde, afin de repérer les individus potentiellement hostiles au nouveau Plan de Métissage. Ces réfractaires refusant d’accueillir chez eux des sans-papiers pour y fonder une famille sont en effet, selon elle, les principales menaces à l’intégration des 10 millions d’entrants annuels, et les principaux créateurs de tension sociale.
Mme Marine le Pen, présidente de « Gars Alités & Vrais Cons : Soumission » s’est, à ce sujet, fait remarquer une fois de plus par sa xénophobie, déclarant que : « Les chinois n’ont rien à faire en Fwance, car si nos racines sont autant chrétiennes que musulmanes, elles ne sauraient être, en aucun cas, taoïstes. Même si je n’ai rien contre le nouveau Plan de Métissage, qui renforcera notre Idéal Ripouxblicain™, cet afflux oriental me semble une menace pour notre identité. »

Par ailleurs, de nouveaux budgets seront prochainement débloqués pour les banlieues. En particulier pour les nombreuses associations de quartier qui œuvrent chaque jour sur le terrain, notamment pour faciliter l’économie souterraine, source de richesse et d’emploi.
Aucune peine ne sera requise contre les perpétrateurs des incidents, reçus ce matin par M.Boli à l’Élysée Montmartre. Le président leur a présenté solennellement les nouveaux attributs de la Ripouxblique. Les jeunes se sont dits satisfaits à l’annonce de la construction d’un vaste espace culturel regroupant mosquée, studio d’enregistrement, stand de tir et halls sans immeubles, à l’emplacement laissé libre par la triste ex-basilique, dont les ruines sont d’ores et déjà – et c’est un soulagement – en cours de déblaiement.
Un nouveau départ qui ne manquera pas de faire remonter M.Boli et son gouvernement dans les sondages.

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(*) Fréquentant les mêmes fora, on ne s’est jamais rencontré pour la plupart mais on a su établir au fil des ans une relation d’estime réciproque sur la base d’opinions communes, mais aussi d’un même regard sur notre espace-temps.

Le fait est que, venant d’horizons sociaux différents, l’on s’est aperçu que l’on avait beaucoup plus en commun et de choses à se dire, même dans le silence, que la masse croissante des jeunes cons abonnés à myspace secondlife facebook qui passent leur journées à pêcher au chalut d’anciennes et oubliées relations de bahut ou de soirée dans le but de meubler leur journées à coups d’échanges d’indications vaines sur leur état psychologique du moment, réactivées tous les quart d’heure.

Ce serait d’une banalité à faire peur, ne serait-ce cette conviction partagée que si tout n’est pas irrémédiablement foutu, savoir qu’on se rapproche à grand pas de la mise à plat du problème et, qu’à tout le moins, on est sérieusement dans la merde, nous donne une longueur d’avance. Éventuellement, le temps de nous préparer.

Certitude qui nous distingue sans équivoque de cette autre génération perdue – celle qui n’en a évidement pas conscience – dont l’acmé des relations dans la caverne est de pouvoir échanger en ligne des photos de vacances ou de beuveries de bar avec tous ses amis.

Le jour où le courant sera coupé, ceux-là saisiront leur portable pour demander par textos à leur amis « keski spass avek free ? ».

Ces cons ne se seront pas aperçus que c’est leur rue qui crame…

Avant-goût

novembre 4, 2007

Les guéguerres de mercenaires pro-israéliens vs pro-palestiniens sont passées de mode, quant aux parties de Schtroumpfs noirs vs Schtroumpfs bleus blancs elles ne font plus lever un sourcil, en tout cas moins que pour un accident de vélib. Ainsi va la hype.

Jamais en reste de nouveauté et de développement, la dernière amélioration de jeux de rôles ex situ est l’affrontement Kurdes vs Turcs par chez nous.

Petit rappel pour ceux qui auraient manqué le début : bien qu’il reste encore des segments à conquérir en province, le marché du kébab est parvenu à saturation et désormais la concurrence fait rage pour maintenir une position dominante entre les deux principaux acteurs – à côté, McDo et Quick, c’est du gentleman’s agreement.

En attendant de voir les effets du lobbying mené dans les couloirs de l’OMC et de l’UE ™, et faisant suite à leur action Bruxelloise, des représentants des traiteurs et restaurateurs turcs, brandissant bien haut l’étendard de leur entreprise, sont venus manifester devant un commissariat à Sarcelles leur réprobation devant ce qu’il considère une entrave à la concurrence.

J’avance cela comme explication, je ne suis pas certain que ce soit la bonne, mais devant le peu d’atermoiements de nos instances dirigeantes pour qui, quand le commerce va, tout va, je n’en voie pas d’autres.

Enfin, rassurons-nous, étant donné que les protagonistes ont tous la même gueule, voilà au moins un différent qu’on se saurait considérer comme râhcissste. C’est donc avec impatience que nous attendons la future intégration de ces messieurs-dames dont l’apport économico-culturel s’annonce des plus …énergique.

(dénichée chez desouche)