Ouaïte Poher

A force de parler du sexe des anges, l’on finit par couper les poils de cul en quatre.

Depuis que la question « Qu’est-ce qu’être Français ? » a été battue en brèche sous les effets concomitants d’un droit du sang perdu au profit de celui du sol, de « valeurs » républicaines dont le prix aura été de dévaluer mille cinq cents ans d’histoire et, last but not least, d’un relativisme ambiant tenant lieu de pensée dominante, la nationalité est accordée plus généreusement qu’un droit d’entrée dans une boîte de nuit, de nouveaux arrivants font valoir que leurs origines culturelles, ethniques, pourtant fort éloignées des nôtres, les prédisposent à être aussi Français que nous, et nos propres concitoyens certifiés AOC sont subitement pris d’un doute quant au bien-fondé de leur identité.

Depuis peu, le terrain de l’identité s’est déplacé – replacé serait plus exact – à un niveau régional. Idiots utiles de l’entreprise Européenne ™ de destruction des nations, les Zids jouent de cette carte ancienne qui a l’avantage de préserver un enracinement géographique et culturel dans un cadre appelé à disparaître. Avantage relatif quand on connaît la conception « régionaliste » d’un Breton fier de l’être comme Morvan Lebesque ou quand, à l’instar d’Alain Soral, on peut croiser un maghrébin se définir Berrichon sans l’ombre d’un sourire chez les deux interlocuteurs.

N’épiloguons pas sur le terreau culturel, historique, religieux, puisque on se fait fort de nous rappeler que, remué sans cesse depuis les origines, il a fatalement perdu tous ses minéraux d’origine. Se définir catho fait ainsi hausser les sourcils des parpaillots – qui ont pour eux le bon goût, et la prudence, de ne pas nous bassiner avec la Saint-Barthélemy – se gausser les païens fraîchement convertis – qui ne connaissent souvent de Stonehenge ce que leur octroie Gougueule image quand ils l’orthographient correctement – lever le doigt avec insistance les juifs – surtout d’Afrique du Nord – et pétitionner les athées laïcards – qui n’ont pas besoin d’être franc-mac pour savoir que c’est mal. Et n’oublions pas le premier accessit décerné aux mahométans qui savent depuis Chirac que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ».

Que nous reste-t-il ? Être Français, qu’est-ce à dire ? Normands ? C’est la branche Provençale de la famille qui râle. Européens, alors ? Mais de quelle Europe, celle du Cap Nord à la Cappadoce ?..

Blancs, donc ?.. Passons sur les anicroches à la Henri Salvador, et admettons que c’est le plus petit dénominateur commun. Seulement viendra le moment où, face aux évidences, on nous demandera de nous déterminer par rapport à une mire et alors, adieu Berthe !

Enfin, quand cette question sera définitivement réglée, et qu’il n’y aura plus de nationalités, ni même de peuples, l’on peut s’attendre à ce que la nouvelle mode introspective s’attaque à l’identité sexuelle. Ayant pris conscience que nous étions des nomades apatrides sans le savoir, il sera temps de se demander si nous ne sommes pas des transsexuels qui s’ignorent.
———————————————————————————————————

Exercice pratique de citoyenneté du monde.

Votre cousin Auvergnat en I est-il plus franco-européen que votre épicier Berbère en F ?

degrade-gris.gif

———————————————————————————————————

« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture greque et latine, et de religion chrétienne. »

« Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. « 

Adolf H.

Charles De G.

Je sais, je sais (Jean M. alias Jean G.), il faut aussi tenir compte du fait que :

« L’homme blanc est mort à Stalingrad »

Louis-Ferdinand C.

Publicités

Étiquettes : , ,

Une Réponse to “Ouaïte Poher”

  1. Stag Says:

    La grande misère sensuelle et tripière de notre temps, c’est qu’il est possible de mouchenculer sur de telles questions. Quand un peuple a préservé vigoureusement son identité, quiconque la raille ou la questionne finit vite fait au sommet d’un pal. Qu’un moricaud puisse clamer à la fois son identité zéropéenne ET son dégoût des toubabs wacistes, le tout sans se faire dépecer dans l’heure par une jacquerie improvisée, voilà qui en dit plus long sur notre décrépitude que toutes les analyse sociologiques des profondeurs. Nos semblables ont tout simplement accepté de se laisser convaincre de n’être plus les semblables de personne, et puis voilà. C’est sans doute à cela qu’on peut déceler l’odeur de décomposition d’un peuple : dès le moment où, sans se faire encabaner ou pendre, un intello de bas étage peut se demander à voix haute si nous sommes encore vraiment ce que nous sommes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :