Archive for juin 2008

Timeo Hominem Unius Libri

juin 17, 2008

« Chef ! Venez voir, on a trouvé un livre… »

Le dernier mercredi de ce mois de mai, deux jeunes skinet ont été arrêtés dans une commune de l’Essonne, suite au mitraillage d’une cité à la Sten. Les impacts de balles retrouvés à hauteur d’homme laissent entendre qu’il s’agit d’un petit miracle s’il n’y a pas eu de blessés. Geste imbécile, s’il en est, que les auteurs auraient expliqué en réaction aux harcèlements de jeunes.

La moisisphère a bruit des discussions sur l’opportunité, la légitimité et la pertinence d’un tel acte. J’ai lu peu d’approbation de ce shoot’em up pour rire. Faute d’éléments, je me garderai bien d’en faire ; si vous y tenez, je considère cela couillon, dangereux et improductif.

Je constate toutefois que, pour isolé qu’il soit, « les enquêteurs n’excluent pas non plus la thèse d’un acte purement raciste, de la part de ces deux néonazis » (Le Parisien du 31/05/08 ) ; thèse toujours avancée à sens unique. Je constate également que l’enquête a été menée avec une diligence qui ne manquera pas d’étonner les naïfs pour une agression sans victimes. Je constate surtout que, à l’instar de l’inspection bibliophile menée récemment chez l’Unabomber français, postier de son état, trésorier, secrétaire général et membres au complet à lui tout seul de la FNAR, (lecteur de tonton Adolf et de l’oncle Vladimir Ilitch, ça a du faire tache dans le rapport) les rayonnages des first-person shooters ont été scrutés avec soin. La découverte de documentation nazie (sic) ayant évidemment été pain béni pour les enquêteurs.

Autre temps, autres mœurs ? Je ne sache pas que des ouvrages culinaires en nombre aient jamais été trouvés dans la cuisine d’Issei Sagawa, ni que cela eut pu un instant être envisagé comme élément à charge par un magistrat facétieux, bien que la relation de cause à effets eut été en ce cas plus manifeste. Pas plus, si je veux bien vous épargner des comparaisons tirées par les cheveux et rester sérieux cinq minutes, qu’on n’a su dans le détail ce que renfermaient les étagères de Richard Durn, mis à part un manuel de sanitation et son journal.

Il me semble bien, en revanche, que de la paperasses d’extrême-gauche avait été retrouvée au domicile squat des honeymoon killers français, Audry Maupin et Florence Rey, moins qu’on la leur ait mise sur le dos. Ou bien, en principe et toujours dans ce cas de figure, cela avait du être dans l’espoir y découvrir de lumineuses explications qui, plutôt que de les enfoncer, auraient constitué autant d’éléments à décharge. Étant tenu pour acquis que si la lecture du Petit Livre Rouge ou d’un tract trotskiste récupéré sur un marché lors d’une campagne municipale n’a jamais incité quiconque à faire du rodéo urbain en taxi, le simple fait d’avoir, même malencontreusement, téléchargé un pédéhèffe sur « adolfitlère.com » induit forcément le passage à l’acte du défouraillage à l’arme de collection sur une cité de banlieue.

Foin d’angélisme, les deux gugusses à poil ras n’étaient sans doute pas des poètes, ni non plus des résidents d’une paisible environnement où une erreur d’attribution de lot lors de la tombola de la kermesse paroissiale serait le seul incident susceptible de défrayer la chronique.

Quoi qu’il en soit, on savait que lire des livres était dangereux, on avait oublié que leur possession l’était encore plus. Merci du rappel. Amis liseurs, vous voilà prévenus et placés devant une alternative : vendez vos bouquins chez Gibert, ou attendez-vous à donner aux journalistes matière à étoffer un peu plus encore leur rapport de police article à chaque fois que vous serez impliqué d’une manière ou d’une autre dans un fait divers. Car si nous n’en sommes pas tout à fait à ce stade là, nous nous approchons à grand pas du moment où le moindre incident mettant en scène un concitoyen de souche sera relaté ainsi :

Hier soir, dans la tendre et joyeuse cité (*) de***, M. Marcel Dupont, 56 ans, demeurant au 4, cité Jean-Sébastien Bach, allée 3, escalier C, 9e étage, a violemment aspergé d’eau depuis son balcon une dizaine de jeunes qui profitaient de la fraîcheur du soir pour s’entraîner aux sports mécaniques.

Prévenu par les habitants de l’immeuble, la Police est intervenue pour calmer le forcené et lui confisquer sa bouteille de Cristalline. M. Marcel Dupont, employé à l’agence locale des assurances AXA, 3 boulevard de la République, ouvert du lundi au samedi de 9:00 à 17:30, a été immédiatement appréhendé.

Une fouille en règle du domicile de M. Dupont dont les trois enfants, Pierre, Anne et Jean, scolarisés au Lycée Nelson-Mandela, respectivement en classe de 6e2, 3e1 et Terminale S2, a permis de découvrir des DVD et de la littérature d’extrême-droite (La 317e Section, Français, si vous saviez, Voyage au bout de la nuit et un carnet de chant Scout).

Les dix jeunes victimes ont bénéficié d’une cellule de soutien psychologique.

Leur avocats, mandatés par le MRAP et la LICRA comptent porter plainte pour actes de violence raciste caractérisée.

Enfin, à toute chose malheur est bon, et l’avantage insigne que nous conserverons par rapport aux divers incendiaires de Vitry-le-François, c’est qu’on ne trouvera jamais chez eux autre chose que des magazines de télé, de full contact et de fesse. Pour le Coran, c’est même pas sûr.

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(*) © Mélanchon (« la réalité tendre et douce dans laquelle nous vivons en banlieue… ») in. http://www.dailymotion.com/video/x5hjm1_melenchon-les-fumiers-du-groupe-jus_news poussant un coup de gueule contre le clip « Stress » du groupe Justice, chez FOG.

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Eirin go bragh !..

juin 13, 2008

L’Irlande a voté Non à l’adoption de la notice de l’UE ™

Pour les ceusses avides de commentaires développés, je les renvoie au dernier billet du Bal des dégueulasses.

Ça manque de filles 2

juin 8, 2008

Il y a des droits à payer ?  Pour avoir été mise en ligne ,cette demoiselle devrait avoir obtenu de quoi vivre décemment le reste de ses jours. Adressez-vous au diffuseur originel.

Le Camp des Siens

juin 6, 2008

Ou : A country for old men. Oui, « a ». Si cela avait été « no », il n’y aurait pas eu d’histoire. Pas la même, en tout cas.

Ceci n’est qu’un exercice de style de plus, un « à la manière de » – l’intéressé se reconnaîtra – qui, comme les jeux de rôles en tous genres, laisse inévitablement transparaître des travers, obsessions ou désirs personnels. Le paradoxe du comédien, même dans le cadre d’un jeu littéraire, est qu’il ne cesse jamais d’être lui-même. Peu importe la part de bagages intimes que j’y ai mis, le fait est qu’entre survivre, subir ou disparaître, l’option plateau des Glières à la sauce french redneck constituera une opportunité tout à fait valable.

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Mes amis,

Je vous écris depuis un cyber café en périphérie de la ville, les miens m’attendent dans le break.

C’est décidé, ma famille et moi nous partons. Loin. J’ai préparé mon coup tranquillou depuis un an. Je peux vous le dire : je n’avais pas de problème informatique, j’avais imposé à ma famille un stage de survie en milieu hostile : pas d’électricité, tous à à la lampe à huile, et obligation de se nourrir des fruits et légumes cultivés sur le balcon. Au revoir les cochons d’Inde (cuisinés en civet, c’est pas dégueu, mais faut pas espérer inviter tout l’immeuble) maintenant, on élève des lapins. Et des poules. Des voisins ont tenté de faire signer une pétition : je suis allé voir la concierge, à poil, hirsute, avec le torche-cul sur lequel ils avaient griffonné leurs patronymes de jean-foutre en lui faisant remarquer qu’avec les charges qu’on payait, ce n’était pas pour qu’elle laisse traîner du papier toilette sale dans le hall de l’immeuble. Depuis je n’ai plus de nouvelles.

La clef du tableau électrique dans une poche, la game boy du petit dans l‘autre pour commencer le sevrage, je suis parti faire mes repérages avec deux anciennes relations. Un ancien de l’Indo passé entre les mains de Boudarel à qui on ne la fait plus, et un rebouteux marchand de disques, un peu sourcier sur les bords.

Après avoir sillonné la moitié de la France, j’ai fini par découvrir mon Xanadu.

Une station météo désaffectée dans le *** , près du village de ***. Si on peut appeler « près » 80 bornes. Il y a une ancienne bergerie pas loin. J’ai récupéré le tout et mille hectares de terrain pour une bouchée de pain. Les gars de la Mairie croyaient que ça avait été rasé depuis les années soixante ; ils ne retrouvaient plus les papiers du cadastre. L’ensemble a vécu mais les murs sont sains et les fondations solides. Le temps de retaper les toitures, d’installer le système de chauffage de l’eau et de production de gaz par compost selon la méthode Jean Pain (c’est pas les boug*** qui auraient trouvé ça : pas cher, intelligent, efficace ; de toute manière, c’est ardu de faire du compost de branches broyées dans une région où les arbres n’existent que sous forme de papier relié en Coran ; faut pas trop leur en demander), de labourer quelques hectares pour les patates, les petit pois, les carottes, le potimaron, de faire venir des chèvres, des brebis, des poules, des lapins, des canards, des oies, un couple de dindons, deux poneys, une girafe récupéré à un propriétaire de zoo en faillite qui la cédait au plus offrant, quelques bricoles venant des arsenaux serbes et j’étais fin prêt . En rentrant chez moi après six mois d’absence, j’ai été braqué au couteau à pain par mon aîné. Le manque de lumière et une légère sous-alimentation avaient aiguisé leurs réflexes de défense. C’est de bon augure !

Depuis, j’attendais le moment opportun. La 807e panne ou piratage de Desouche a été un signe limpide : tout à l’heure, j’ai réveillé tout le monde au son de Peggy Sue.

Pour l’éducation des enfants, j’ai emporté le strict nécessaire : un Bled, un Bescherelle, un Grévisse, un Larousse illustré en sept volumes; tout Rabelais, Debord, Kerouak, Baudelaire et Sade pour quand ils seront plus grands. Quelques bouquins essentiels de science et le tour est joué : le moins assidu de mes mômes aura quand même dépassé le niveau d’un polytechnicien d’aujourd’hui. Et avec le rythme de vie de Chantiers de jeunesse en jamboree chez les Komsomols qu’ils se verront imposer au quotidien, ils devraient être parés pour le pire et le meilleur et ne plus craindre grand-chose .

J’ai rempli d’eau une vielle citerne en béton. Elle surplombe la vallée. Désormais, je jouerai les crapauds, les doigts de pieds en éventail, un canotier sur la tête, un famas dans la main, un daïquiri banana dans l’autre et les Stooges à fond la caisse sur ma chaîne qui tournera à l’énergie solaire.

Je vous quitte et vous salue gravement, amis de forum. Et bonne chance ! Que Dieu vous accompagne, nous nous retrouverons entre frères de race sur notre terre libérée. D’ici là, fini les conneries.

Votre *** qui pense à vous.

Un singe en hiver

juin 2, 2008

C’est inexact, mais c’était pour la beauté du titre. D’une part ce n’était pas en hiver, mais au mitant d’un printemps pourri, et puis ce n’était pas un singe; ou alors un vieux, de l’espèce des vieux gorilles solitaires à qui on n’apprend pas à faire des grimaces.(*) Sinon, pour la différence d’âge Bébel-Gabin, oui, ça pourrait coller – et c’est ainsi qu’on se froisse pour longtemps avec des potes.

On aimerait tous avoir la Ronde de nuit chez soi, à condition d’avoir de la place, mais c’est encore plus illusoire que de prendre le pouvoir sans coup férir à l’issue d’une égrégore bien menée. En revanche, une esquisse dédicacée du même artiste sur un coin de nappe en papier, c’est moins coûteux en assurance, ce n’est pas plus grand qu’un ex libris mais ça n’a pas de prix.
Voici donc l’anti-lettre de château que je me flatte d’avoir reçu de Mister T. pour me remercier de mon invitation sauvage.

J’ai rajouté deux lignes de conclusion apocryphes.

PS. Outre le fait qu’ « Un singe en hiver » [inexplicablement absent du premier volume (1945-1968 ) de « Le Cinéma Français », de Jacques Siclier] illustre l’exemple parfait de ces adaptations parfois supérieures au roman, mesurez maintenant le gouffre qui sépare cette œuvre populaire , livre comme film – comprenez non-intellectuelle et surtout sans putain de messages citoyens – de la fin des années cinquante à la dernière palme d’or.
Inspirez, expirez…
Tirez-vous une balle dans la tête, ou levez votre verre et trinquez à l’inévitable.

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J’attendais ce midi le passage d’un ami imaginaire comme dirait Gipi… Une relation de fora…
Le mec m’avait foutu un post du genre : Je passe dans ton coin, on pourrait peut être, etc. etc.
Moi, je lui avais répondu que : Oui, pourquoi pas…En fait, je suis toujours là sauf quand j’y suis pas, tu verras bien…
Ce matin, je me suis donc lavé la bite un grand coup (on sait jamais ) et puis j’ai mis du beau linge, histoire de ressembler un peu à quelque chose…
On a beau essayer d’imaginer la tronche d’un mec avec qui on galèje sur un forum, c’est comme à la radio…on est toujours à côté plus ou moins….
Je lui avais dit d’arriver de bonne heure, au mec…parce que moi, à huit heures le soir, j’étais couché. Ch’uis pas vraiment un noctambule exubérant.
Onze heures du mat’, ça m’allait bien… le temps de papoter devant un apéro avant de passer à table; et avec un peu de chance, je ne loupais pas Les Feux de l’amour
A dix heures trente, il m’a téléphoné grognon qu’il était embousé dans les embouteillages sur le périph’…ça commençait bien, notre guinguette.
Il a quand même fini par arriver. Les chiens se sont mis à gueuler et ma femme a compris que c’était ça, du fait qu’il ne vient jamais personne… Elle est sortie pour bien montrer qu’elle avait droit aux initiatives et qu’on était pas chez les bicots oû la femme se planque sous le plumard des qu’une paire de couilles franchit le perron. Je l’ai entendue qui disait des amabilités, alors, je suis sorti, moi aussi…
j’attendais une espèce de dandy genre anglo-saxon de l’espèce : c’était mieux avant… . Y’avait de ça…Bonne allure…
D’emblée, sans respirer, on s’est mit une bouteille dans le pif…un champ’ élevé en fût…10 ans d’âge au moins…un truc qui renardait un peu…faut aimer. Ça vous décrispe les préliminaires… c’est épatant…
Je lui avais dit aussi : tu m’épargnes le coup du bouquet de fleurs pour Madame, hein ?!.. Du coup, il est arrivé avec une saucisse à la main… Pas la sienne, quand même…non ! une saucisse du Perche…ou un truc du genre, parce que du Perche, finalement, il avait pas trouvé…un truc sans doute bien agréable à grignoter pour quelqu’un qui aurait des dents…
Outre une putain de terrine de lièvre et un pâté de foie maison ( « hallal ET casher ») ma femme avait fait un lapin avec un tas de fouillis de plantasses dedans…à s’en péter les durites !…
Moi, je peux vous dire que le mec, c’était un faux maigre !.. le coup de fourchette, putain !.. Il reprenait de tout, tout le temps !.. La cuisinière en était rosâtre de plaisir… S’sentait plus pisser, rapport aux compliments du glouton !.. Le Morgon était épatant, lui aussi…en dix minutes, rinçé !..
Avé le fromage, on s’est engourdi la tétine que notre hôte avait sous le bras en arrivant…
– c’est quoi, ce vin de bougnoule ?..
– Tu le connais pas le Côte Rôtie ?!..
Bien sur que si… je connaissais , mais j’ai quand même eu l’air un peu con sur ce coup là…même à rabâcher que pour moi, l’Algérie commençait sous la Loire, idem pour les Sidi Brahim… C’était de la pure mauvaise foi pour faire le mariole; parce qu’en guise de chasse cousin, putain…ça vous câline la glotte gentiment aussi, c’t’affaire…

On a même pas eu le temps de causer politique…à cause de la bouffe, des boulots, des digressions de ci de là…C’était pas plus mal, d’ailleurs.

Juste avant son départ, on est allé faire un tour au jardin…La mini uzi, il ne connaissait pas vraiment. 1200 prunes minute, ça décoiffe…On était censés arroser le carré de poireaux qui montaient en graine, histoire de faire un peu de sport…il s’est retrouvé en 3 secondes avec le bras en l’air, pile à l’équerre de sa position initiale de tir…

– Fais gaffe…tu vas me butter un écureuil !..

– Oh, ça va ! Fais pas chier ! Tu as peur pour ton cheptel de viande d’hiver ?.. qu’il m’a répondu.
Bon, c’était pas tout, mais j’avais me sieste à faire, et l’autre parigot s’incrustait et commençait à crocheter mon meuble bar, alors je lui ai glissé que son copain – oui, parce que je n’étais qu’une étape régionale dans sa tournée de mondanités – s’impatientait peut-être. Il a fini par décamper et présenter ses hommages à ma Dame sans vomir partout – faut lui reconnaître qu’il sait se tenir – mais quand je l’ai vu démarrer avec ses trois grammes cinq, je me suis dit que, Dieu ou Dieux, il y avait un ange gardien pour les poivrots.

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(*) Erratum : c’est évidemment le jeunot de l’histoire qui incarne le singe en hiver.

[…] Avec ce merveilleux instinct des enfants qui savent où il faut frapper, Marie sut se faire plus petite qu’elle n’était, au bon moment :
– Raconte-moi une histoire, demanda-t-elle en se blottissant un peu.
Fouquet ne savait pas d’histoires.
– Inventes-en une. Tu le faisais quand j’étais jeune, insista-t-elle comiquement.
C’est alors qu’il lui raconta celle du singe en hiver.
– Elle est vraie, dit-il, mon ami de tout à l’heure me l’a apprise, il n’y a pas longtemps : aux Indes, ou en Chine, quand arrivent les premiers froids, on trouve un peu partout des singes égarés là où ils n’ont rien à faire. Ils sont arrivés là par curiosité, par peur ou par dégoût. Alors, comme les habitants croient que même les singes ont une âme, ils donnent de l’argent pour qu’on les ramènent dans leur forêt natale où ils ont leurs habitudes et leurs amis. Et des trains remplis d’animaux remontent vers la jungle.
– Il en a vu des singes comme cela ?
– Je crois bien qu’il en a vu au moins un.
– Le singe imite l’homme, fit-elle machinalement.
– Qu’est-ce que tu dis là ?
– Ce qu’on dit entre camarades pour se faire enrager.
De grands pans de mur obscurcirent les vitres. Après s’être faufilé entre les aiguillages, à travers un taillis de colonnades électriques, le train s’enfonçait dans les tranchées par où s’annoncent les gares de banlieue.
– Notre forêt s’approche, dit Fouquet. […]

Antoine Blondin, Un singe en hiver.