Archive for septembre 2009

La liste nwâre

septembre 25, 2009

M. Patrick Lozès, président, porte-parole, trésorier et membre principal du CRAN – qu’il ne faudrait pas confondre avec un version en couleur et non-confessionnelle du CRIF – est un monsieur sérieux qui poursuit un combat non moins respectable. Témoin, l’ardeur mise à poursuivre sa tâche qui le contraint à scruter * étudier à la loupe des illustrés pour en extirper tel un point noir comédon les immondices racistes envers ses frères en mélamine.

Prenant mon courage citoyen à deux mains, j’ai mollement et sans effort particulier recensé un petit nombre d’exemples à son attention dans lesquels notre ancêtre à tous a été représenté sous des traits qui le rendent impossible à confondre avec Harry Roselmack. On notera cette vision d’un continent systématiquement dépeint comme légèrement moins développé que Shanghai en 2009…

Qu’il en fasse bon usage – la plupart des auteurs étant morts, il saura j’en suis sûr, retrouver la trace des ayants-droits qui vivent des revenus de leurs méfaits.

[Cette liste sera complétée au gré de mes trouvailles, ou des vôtres.]

On ne présente plus cet ex-Rexiste de sinistre mémoire

missié tintin

Son concurrent Spirou n’était pas en reste

tembo tabou

« Péchés de jeunesse », la collection bien nommée

jijé nègre blanc

« Nos ancêtres les Gaulois » dans toute leur blonde splendeur

yambo "taranis"

Les rêves de Winsor Mc Kay, cauchemars de l’amateur de mafé au manioc

little_nemo

Yves Chaland, réactionnaire passéiste ayant eu le bon goût de ne pas s’éterniser

chaland001

Mélanésiens certes, mais le ‘N’ de CRAN n’a jamais signifié euh… numide, si ?

mandrake

Une parodie du précédent signée Bill Elder, avec un « der » comme dans « Der Stürmer »

mad001

Guère étonnantes, en vérité, ces aventures dessinées par Marcel Jeanjean

Cadet  Cadette Afrique

Un fantôme aux curieux fantasmes

phantom-large

Plus facile de parler du rythme dans la peau que de lister les innombrables inventions noires, messieurs Morris et Goscinny ?..

lucky luke mississippi

 

Pour Bécassine, la bien-nommée, il n’y a pas bon Banania

 

Chez Rockwell, le white boy ne daigne pas lever les yeux

rockwell002

Jamais en retard d’une horreur à dessiner, Reiser n’hésitait pas à écrire  « un nègre »…

reiser001

Et ça vous fait ‘i’e ?

baba

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* « Scruter » n’est plus un verbe acceptable depuis que Pierre Péchin en a tiré, à la 42e seconde, l’une des répliques d’un sketch qui aurait du rester oublié des mémoires si le ouaibe n’était devenu ce réceptacle à ordures sur l’usage duquel il va bien falloir finir par légiférer un peu sérieusement au nom de la liberté.

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Attentifs ensemble

septembre 25, 2009

Nous sommes dans le métro, cheminant de la ligne de démarcation vers la zone libre. Cinq gitanes dans la rame sont rejointes un peu plus loin par autant de leur congénères. Elles sont jeunes – l’aînée n’est certainement pas majeure – à l’exception d’une adulte qui pourrait faire office de jeune tante. La dizaine de filles occupe l’espace avec autant d’aisance que s’il s’agissait d’un dressing. Dans le wagon, le lumpen germenat mélangé qui fait office de photo de groupe du parisien de base continue de lire pour la catégorie mâle, et change son sac à main de côté pour les femelles. Les Gitanes se changent, c’est-à-dire qu’elles retirent leur ticheurtes roses à paillettes, qui pour son équivalent noir, qui pour une version claire, parfois agrémentée d’un message touristique comme « I cœur Paris » et s’en débarrassent sur la voie ; les petites vitres ouvertes du métro faisant office de bac à linge sale. L’une d’elle ne doit pas avoir treize ans : très brune, ses poils sous les bras font penser à une petite brosse usagée. À l’approche d’une station de correspondance très fréquentée, je m’attends à une action de grande envergure. Peine perdue, les filles sortent en courant pour gagner le wagon de queue, laissant seule l’aînée de la bande qui a soin de coincer son sac à main sous son pull. On n’est jamais trop prudent avec tous ces voleurs qui rôdent.

Pendant toute la scène, je n’ai cessé de penser à Oliver Twist. Et aussi au fait que j’étais devenu étranger dans mon propre pays et le regardais avec le même curiosité détachée qu’un voyageur des siècles passés découvrant des terres inconnues.