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De l’insurrection qui ne vient pas

mai 19, 2010

L’insurrection ne viendra pas si elle n’est pas déclenchée par des personnes et non pas des évènements.

L’évènement pour lui même ne vaut pas grand-chose.

Seule la diversité de par sa psychologie tribale est aujourd’hui capable de s’agglomérer en masse à la suite d’un incident quelconque, avec les conséquences qu’entraîne la constitution d’une foule, encore faut-il la présence d’un meneur qui, sans avoir nécessairement désiré ce rôle, saura, pourra, en tout cas permettra de l’entraîner dans une émeute.

Notre bon peuple, toutes tendances confondues, exceptions faites des flash-mobs éthyliques lancées via fesse bouc, ne se mobilise plus, et de moins en moins, qu’à l’appel de syndicats sous perfusion qui organisent des manifestations encadrées et festives*.

Certaines professions comme les marins-pêcheurs, les agriculteurs en général et les pompiers sont coutumières de débordements, mais cela fait partie du rituel. Le seul dérapage incontrôlé restera l’incendie du parlement de Bretagne dans les années 1990, consécutive à une connerie, et non pas une volonté délibérée d’y mettre le feu.

À gauche, les gâ sont plus motivés et organisés pour mettre le daoua lors de manifs, mais ça reste du bris de vitre, vite remplacées, vite oubliées. 

Chez nous, il y a de rares actions, comme la poignée de lecteurs de Desouche et e-deo venus s’opposer aux payday bécoteurs – ce qui est en soi assez dérisoire, quand on y réfléchit bien – sur le parvis de Notre-Dame, mais c’est anecdotique et ne traduit pas un mouvement de fond. 200 personnes à tout casser, en comptant large, sur des dizaines de milliers de lecteurs a priori concernés, on est loin du réveil national tant espéré.

Les gens sont pourtant à cran, mais assommés. Leur problème est d’avoir encore de quoi tenir qui les retient d’avoir le sentiment de n’avoir plus rien à perdre. 

L’ennui c’est qu’ils raisonnent toujours par rapport à des biens matériels ou la jouissance d’un confort quand il s’agit de la survie de leur âme. Et je ne raisonne pas uniquement en chrétien, mais donne à ce mot, le sens plus général de ce que qui constitue l’essence d’un peuple et d’un pays.

* Y avait-il des vendeurs de merguez place de la Concorde, le 6 Février 1934 ?..