De l’insurrection qui ne vient pas

L’insurrection ne viendra pas si elle n’est pas déclenchée par des personnes et non pas des évènements.

L’évènement pour lui même ne vaut pas grand-chose.

Seule la diversité de par sa psychologie tribale est aujourd’hui capable de s’agglomérer en masse à la suite d’un incident quelconque, avec les conséquences qu’entraîne la constitution d’une foule, encore faut-il la présence d’un meneur qui, sans avoir nécessairement désiré ce rôle, saura, pourra, en tout cas permettra de l’entraîner dans une émeute.

Notre bon peuple, toutes tendances confondues, exceptions faites des flash-mobs éthyliques lancées via fesse bouc, ne se mobilise plus, et de moins en moins, qu’à l’appel de syndicats sous perfusion qui organisent des manifestations encadrées et festives*.

Certaines professions comme les marins-pêcheurs, les agriculteurs en général et les pompiers sont coutumières de débordements, mais cela fait partie du rituel. Le seul dérapage incontrôlé restera l’incendie du parlement de Bretagne dans les années 1990, consécutive à une connerie, et non pas une volonté délibérée d’y mettre le feu.

À gauche, les gâ sont plus motivés et organisés pour mettre le daoua lors de manifs, mais ça reste du bris de vitre, vite remplacées, vite oubliées. 

Chez nous, il y a de rares actions, comme la poignée de lecteurs de Desouche et e-deo venus s’opposer aux payday bécoteurs – ce qui est en soi assez dérisoire, quand on y réfléchit bien – sur le parvis de Notre-Dame, mais c’est anecdotique et ne traduit pas un mouvement de fond. 200 personnes à tout casser, en comptant large, sur des dizaines de milliers de lecteurs a priori concernés, on est loin du réveil national tant espéré.

Les gens sont pourtant à cran, mais assommés. Leur problème est d’avoir encore de quoi tenir qui les retient d’avoir le sentiment de n’avoir plus rien à perdre. 

L’ennui c’est qu’ils raisonnent toujours par rapport à des biens matériels ou la jouissance d’un confort quand il s’agit de la survie de leur âme. Et je ne raisonne pas uniquement en chrétien, mais donne à ce mot, le sens plus général de ce que qui constitue l’essence d’un peuple et d’un pays.

* Y avait-il des vendeurs de merguez place de la Concorde, le 6 Février 1934 ?..

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4 Réponses to “De l’insurrection qui ne vient pas”

  1. Nico de Montreuil Says:

    Question cruciale. Je serais assez d’accord avec votre analyse.
    J’ajoute ceci. Je pense que nous avons des fortes individualités qui pourraient mener de grandes choses. Des évènements, nous en avons eu, et nous en aurons de plus en plus. Ce qui fait défaut, c’est le peuple. La masse. Le travail entamé par la génération du baby-boom a porté ses fruits : A la défense âpre et virile de son âme, le peuple préfère le confort de l’engourdissment qui mènera à la mort.

  2. kobus van cleef Says:

    en 2002 mon boulot était près d’un lieu de manif ( genre place de la mairie . je sais je suis un provincial) et je devais me cogner tous les midis et tous les soirs le passage par les ordures amoncelées après le passage des manifestants contre l’hydre néo-nazie ( oui oui ce fut comme ça qu’on désigna un vieillard; borgne de surcroit . )
    d’un naturel affable et liant je ne m’interdisait pas d’engager la conversation avec les vendeurs de boissons fraiches (et/ou frelattées) qui écumaient les alentours de cette place quasistalinienne ( oui après un siège musclé par les troupes américaines le bled fut reconstruit par des architectes qui voulurent en faire la paradis du peuple )
    ces aimables gagne-petit me confirmèrent qu’ils n’avaient jamais fait d’aussi bonnes affaires depuis 95 et le plan juppé sur les retraites
    j’ignore si les bistrotiers de 1934 s’étaient pareillement enrichis

  3. Frontali Frederic Says:

    Monsieur, Me permettez-vous de publier sur Facebook votre article « De l’insurrection qui ne vient pas » ? Merci par avance pour votre réponse.

    • Côte-Rôtie Says:

      Faites donc !.. Publiez, relayez, essaimez…

      Je vous demanderai seulement d’indiquer la source, à savoir l’auteur (ma pomme !.. ) et un lien renvoyant à l’article originel (ici…) – si tant est que ce soit possible sur fesse bouc (je ne suis pas très au fait des usages : j’ai une page perso qui compte trois cousines et deux voisins de paliers comme « amis » et n’y vais jamais…).

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