Archive for décembre 2010

Le pays qui n’existait pas

décembre 23, 2010

Il est significatif de la dichotomie entre l’être et le fantasmé que, bien que présent dans la bande-annonce, ce morceau ne figure pas dans « Black Hawk Down ».

De toute façon, la Somalie, c’est les Wampas et Edith Piaf sur un air de Céline et de James Crumley.

Comprenne qui pourra.

Publicités

Ragoût de sanglier et piquette

décembre 10, 2010

[Où il sera assez peu question de sanglier en définitive, mais le titre devait annoncer ma seule expérience et répondre à un vieux post avant que je ne m’aperçoive que tout le fil de cette conversation méritait de figurer ici. Grâce en soit rendue aux différents acteurs de ces navrants témoignages de la faiblesse humaine.

À leur santé !].

Tout les journaux là dessus, bordel… 10/15 cm de neige, et « Paris » est paralysé. Quelle bande de pattes à ressorts, ces parigots.

Un ami d’un voisin village était justement passé, hier…midi moins le quart…Je lui colle une anisette dans le gésier, et puis une autre, parce que sans être Rapy, le gaillard a une belle contenance.

Le groin en l’air, il hume la belle odeur de tripes que Mme le vieux, restée sur un échec cuisant (c’est le moins que l’on puisse dire ! ) la semaine passée, à voulu remettre au plat du jour. 10h qu’elles mijotent, et « il y gouterait bien »… (aux tripes, pas à Mme le Vieux).

J’essaie comme je peux de le dissuader en lui faisant remarquer que les tripes ne sont pas le fleuron de Mme le Vieux, mais, tact et délicatesse, qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise… Vexée comme un poux, Mme sort immédiatement une assiette supplémentaire. J’essaie encore en lui faisant remarquer qu’il s’est mis soudainement à tomber des flocons gros comme des vaches et si collants qu’ils « tiennent » immédiatement au sol ! « Tu es sûr que tu pourras rouler pour rentrer chez toi ? »… Comme il répond que « oui, bien sur » je l’invite bien volontiers à partager les audaces acharnées de Mme…

Pire que Côte-Rôtie ! il en reprend 3 fois, ce con…Il me mange tout mon repas de demain (encore meilleures réchauffées)…Perfidement, je lui sort une canette que nous avons depuis des années, non pour la faire vieillir, mais parce que personne ne s’est jamais décidé à gouter à un truc pareil…à ce « vinho alentejano tinto » made in Portugal. Le breuvage est entre la confiture de cassis et le madère. Il n’y a pas une seule autre canette à la maison, et « il préfère encore ça à de l’eau »… Le glouton a aussi droit à une morceau de fromage tout racorni par le chauffage qui turbine à fond la caisse; mais là encore, il souligne « que c’est l’intention qui compte » et que ca lui rappelle des petits crottins corses gros comme des pièces de 2 euros apres avoir sèché 10/12 ans !

Comme toute initiative un tant soit peu humaine est impitoyablement châtiée en ce bas monde, en représailles, il nous invite pour le lendemain soir, à bouffer chez lui… J’aime pas sortir le soir.

La couche de neige atteint maintenant 10 bons centimètres, lorsqu’il se remet au volant. Peut-être une toute petite chance d’échapper au repas de demain soir ? (il n’a pas de pneus « contact »)..
© Le Vieux

Envoie ton rouge portos je vais te dire ce que j’en pense.

La première fois que j’ai sifflé du rouquin portos c’était faute de mieux. J’arrive chez un pote, grosses moustaches, le quintal, solide culture classique, boxeur de haut niveau, bon musicien, plus ivrogne que moi à l’époque (quelques années) et lui dit, « Jojo j’arrive pas les mains vides ». Le pif nous a fait la première partie de l’apéro tant il passait bien.
Nous faisions des essais : pelures d’oranges vertes mises dans du whisky de seconde zone (Glenfidich). Bof.
On s’ennuyait ferme le dimanche. C’était boire ou baiser. Lui était marié moi pas. Il buvait plus que moi je baisais plus que lui.
Une impression de vide immense. Un truc à rendre fou, alcoolos, dépressifs les moins charpentés du bulbe.

Un jour nous avons trouvé un exutoire : la cueillette des ananas dans la brousse. Puis, un dimanche, autour d’un verre un troisième larron a prononcé le mot « chasse ». Un quart d’heure plus tard le nez piqué de vin, boîtes de bière dans les poches, flingues en main sommes partis tirer des pigeons et des chauve-souris.
Revenus bredouilles, plus cuits qu’au départ.

Le temps passant ça devenait sérieux. Un gars sur le toit de la cabine du pick-up toujours bourré, ça tirait de partout. Ça devenait compulsif. On s’arrêtait pour l’apéro du dimanche soir au gré des déplacements chez des hôtes complaisants connus pour aimer la bouteille.
© La Rapière

Je te la siffle à la paille, ta topette ! On fait, chez les Porcs Tout Gays, du rouge qui colle aux papilles comme du réglisse, l’image de la confiote est particulièrement bien trouvée tant c’est en trois dimensions. Du picrate pour bourrins, pas cher du tout, 0% de prestige, ça atteint facilement ses 14,5° – l’équivalent vinassier de l’Amsterdamer des pounques !
Mille fois ça plutôt que les Aloxe-Corton 2000 qu’on m’a offerts récemment, et qui n’auraient pas eu plus de personnalité, de complexité ou de finesse si on les avait reconverti en sangria !
Arrière, vile Bourgogne ! A moi, le Douro !
© Génération Perdue

Un peu pareil. Nous étions allé déjeuner dans un.. Comment définir l’endroit ? Une sorte de ferme auberge dont la spécialité était le sanglier qu’ils élevaient plus ou moins eux-même. Un semi bout du monde de Haute-Provence, la salle de restaurant était vaste et meublée de longues tables que l’on ne voit plus que dans le Seigneur des Anneaux, et ouvrait sur une vue splendide, mais en messieurs bien élevés nous en laissâmes la jouissance aux dames.

Dans le ragoût, noir comme du coke un soir sans lune, surnageaient de grosses rondelles de carottes dont l’orange se détachait telles des balises.

Nous commandâmes du vin, qui nous fut servi sans cérémonie dans des carafes de verre blanc. À la première gorgée, les messieurs s’étranglèrent et les dames tournèrent de l’œil.

J’ai déjà bu des vins dégueulasses (les Cévennes sont championnes en ce domaine), ou de la saloperie ordinaire de restaurants en chaîne spécialisés dans la boustifaille carnée avec des petits drapeaux dans l’assiette mais celui-ci était inouï.

Certes imbuvable au premier abord, du genre à créer un incident diplomatique lors d’un dîner d’étudiants fauchés autour de spaghetti à la carbonara ratées, j’ai fait fi de mes a priori et voulu en savoir plus. Le vin s’apparentait en fait à ces individus mal dégrossis, abîmés par l’existence mais entiers et sincères que le hasard de la vie peut vous faire rencontrer et apprécier le temps d’une soirée, dans un lieu improbable et souvent pourri. Il exhalait la même authenticité que Quasimodo : une bonne nature qui ne voulait de mal à personne et faisait du mieux qu’il pouvait malgré les tares qu’ils se trimballait depuis la naissance. Et à cet égard, s’est révélé bien plus sympathique que nombre des ses congénères élevés en batterie en fûts de chêne.

Le sanglier et lui ont pris langue, ils devaient se connaître parce qu’ils ne se sont rien dit de fâcheux et, tandis que je m’enivrais doucement tout en déjeunant, j’avais le sentiment de faire un repas moyenâgeux dans le fief d’un petit seigneur de province reculée.
© ma pomme…

Moi j’aime le résiné .
Djadjiki , tarama , souvlaki . 


Un coup d’Uzo et envoie le résiné … 

Je regarde les ânes qui trottent , un vieux compte son chapelet d’ambre en buvant du Mastic , le pélikan entre dans l’église , d’un coup d’ailes il éteint les cierges , le Pope le poursuit furieux . 


Un souvenir de jeunesse .
© Landru

Contes ordinaires de la jeunesse

décembre 5, 2010

« Papa, je me suis fait dépouiller mon portable par des « Roumains ». Ils avaient environ dix-sept ans [plus âgés que lui] on n’a rien pu faire, il y avait de la neige plein la rue, ils sont arrivés par derrière et ils nous ont chuchoté dans l’oreille « Tou donne toun portable ou onnne té casse la tête ». J’avais cinq euros, je ne leur ai pas donné, mais le portable, ils avaient déjà commencé à nous palper les poches. Non, t’inquiète pas, à part ça ils ne m’ont rien fait. Le plus relou Ce qui m’énerve [rewriting… ], c’est que j’avais dit à mon copain de prendre un autre chemin, mais il a insisté pour qu’on prenne cette ruelle pourrie, dans laquelle il n’y avait personne… Pfff… Ça ne sert à rien de porter plainte, il s’en foutent… Bon, d’accord, si tu m’accompagnes. »