Archive for the ‘catholique et français toujours’ Category

Whisky sour & picon bière

août 17, 2014

Dans un bistrot de mon quartier, je partage mon saucisson avec ma jolie voisine de comptoir * et ses potes : deux nanas halle-mandes et un moyen gros barbu. Pas barbe style étudiant de yeshiva loubavitch de Brooklyn hipster, non : barbe de dix jours sur une tête de con.

Étant donné l’heure tardive, la promiscuité, et le fait que lieu et contexte s’y prêtent, je squatte leur conversation qui a trait à un sujet d’actualité quasi fdesouchien : que fête-t-on le 15 août ? Fort de… mais fort de quoi au juste : qui ici n’aurait su répondre à la question qui ressort de la culture générale assez basique pour un Français de plus de trente-cinq ans ? Quoi qu’il en soit, le petit topo historico-religieux que je leur sers déclenche chez eux des aveux d’inculture, ou plutôt de déculturation, certains ayant même été au catéchisme et fait leurs communions. Ce n’est pas bien grave, enfin jusque là.

Je décroche pour discuter avec le barman, et quand je raccroche les wagons de la discute d’à-côté, celle-ci porte alors sur la « haine » dont aurait été témoin et victime le petit frère de la jolie voisine. Quid ? Commodo ? Photographe, il se serait fait sortir d’une des Manifs pour tous et aurait eu très peur. Il n’aurait jamais vu autant de haine ™ exprimée. Je fais part de mon étonnement : ayant fait pratiquement toutes les manifs officielles et quelques officieuses, celles-ci se sont surtout distinguées par l’absence de haine, précisément, à l’égard des pédés en tout cas. La fille me maintient ce que son frère lui a soutenu mordicus. J’essaie d’en savoir plus : a-t-il été tèj’ en sa qualité de journaliste (« collabo » ?..) mais alors à quel moment de la manif, en quelle circonstance ? À la toute fin, lors des bastons avec les CRS ?.. Et puis lors de laquelle ? Ça devient de plus en plus flou. Me parle de 30 000 personnes comme si c’était un nombre invraisemblable, je lui réponds qu’il y en a eu plus d’un million. Sentant alors une petite polémique sympathique à livrer, je pousse donc la discussion sur le mariage homo, et fait valoir mes raisons à être contre. Et c’est le drame.

Tête de con se met à couiner, à me parler de l’Église qui serait contre l’amour, que deux personnes ont le droit de s’aimer, et qu’est-ce que ça me fait, d’abord ? Et c’est l’avalanche de poncifs, la boîte à conneries qui dégueule et se répand en corne d’abondance. Le tout en reconnaissant qu’il n’est pas marié, pas payday, et n’a pas d’enfants. Avec évidemment les coup des valeurs ® qui sont forcément mieux transmises par un couple de poilus qui s’enculent que par papa et maman qui violent tous leurs enfants comme chacun sait. Je pose, lassé la question de la lignée, il me répond que ce n’est pas important. Alors je porte l’estocade et lui dit qu’il a de la chance de vivre à une époque où grâce à l’utérus artificiel et les dons du sperme anonymes, on se prépare une jolie trans-humanité, sans passé ni avenir… Le mec bafouille qu’il s’en fout du transhumanisme et que… Sa copine l’entraîne. Pour un peu, il en serait venu aux poings si je l’avais titillé à peine plus. C’est vrai que je suis downtown XVIIIe et que ce ne sont pas les plus finauds sur la question, mais bref, une fois encore, le preuve est faite que ce n’est pas avec des gauchistes qu’on peut réellement polémiquer.

« T’as claqué un Sieg en partant ? Ils en auraient eu pour leur argent. « , me demande un pote à qui je relate la chose. Et moi de poursuivre…

J’aurais dû, mais alors je serais devenu tricard dans ce bar que j’aime bien, tenus par deux jeunes que j’aime bien aussi. Le truc assez marrant, c’est que le lendemain, soit hier soir, alors que je venais de raconter au barman qui n’avait pas trop fait gaffe que j’avais eu une querelle sur les sujets qui fâchent (« ne jamais parler religion, ni politique… »), je me suis de nouveau embrouillé avec un gus (« putain, t’as l’art d’énerver les gens… » ) avec qui j’avais commencé par parler cinoche, puis littérature avant que j’enquille sur Obertone après que lui m’ait parlé de Houellebecq, ce qui a eu le don de le rendre amoq au prétexte qu’il n’y a pas de zones de non-droit en France et que la Police, si elle veut  (arf !..) peut pénétrer où elle veut. Le barman est sorti limite nous séparer parce qu’on, enfin l’autre, s’énervait et parlait fort (je restais calme, right side dandy style…) ; eh ben finalement c’est l’autre qui, bien qu’un peu abimé par l’alcool (et les drogues vu ses dents), n’est pas complétement con, a trinqué avec moi, m’a dit qu’il m’aimait bien tout compte fait, mais que je devais certainement être de droite.
« Anar de… » ai-je précisé.

Toujours rester droit dans ses bottes.

…de saut ! aurait rajouté le Vieux…

 

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* cadeau !..

 

 

 

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I wish you a Merry Christmas and a Happy New Year

décembre 24, 2008

L’expression « fêtes… de fin d’année » était un raccourci qui sous-entendait Noël et le Nouvel An. Dans le meilleur des cas, on vous souhaitait volontiers de bonnes fêtes de Noël. Quoique la Saint Sylvestre – qui nomme encore de la sorte le 31 décembre, au fait ? – était une fête d’adulte et le réveillon de Noël, une fête de famille empreinte de mystère et de sacré dont la messe de Minuit constituait le point d’orgue (avec ou sans.  Les orgues…). Cette distinction allait cependant de soi, même si on pouvait déplorer cette paresse des mots.

Aujourd’hui, il est patent que cette périphrase est voulue dans le but d’éviter de faire mention de Noël. Au mieux, si on peut appeler cela « mieux », Noël est laïcisé à outrance. On n’en conserve que les symboles les moins religieux, ou vidés de leur substance : outre le sapin désormais présenté comme un objet de consommation saisonnier, on parlera de Père Noël, de rennes, de lutins, de bonhomme de neige, d’étoile peut-être, mais en tant qu’élément de déco. Et encore, devant la concurrence effrénée de sorcières de Noël et autres Noël mandingues (sic…), il a du soucis à se faire, Santa Claus.

En revanche, toute référence religieuse est bannie et la Nativité du Fils de Dieu, sciemment occultée. Je le redemande chaque année, combien de crèches pouvez vu dénombrer dans les vitrines de magasins ? Celles qui restent entières, du moins, pas comme en Belgique ou à Pont-à-Mousson. Et si l’exercice vous semble trop périlleux, essayez de trouver plus d’une carte de vœu souhaitant un Joyeux Noël avec une image de la Sainte Famille au lieu d’un bonhomme de neige ivre mort.

Je ne sais ce qu’il en est en province, mais à Paris vous pouvez vous accrocher pour lire un « Joyeux Noël » illuminé suspendu d’un côté à l’autre d’une rue, quand ceux-ci étaient banals il y a encore quinze ans – je sais, c’est un siècle.

Autre signe d’une évolution dont je n’avais pas pris la mesure : les rues commerçantes autrefois animées de chants de Noël, sont de nos jours désespérément silencieuses. Je n’oserais plus espérer un « Il est né le Divin Enfant », mais même un guilleret « Vive le vent d’hiver » aurait fait l’affaire. Et quand je dis « autrefois » je précise que je suis quadragénaire, et n’ai pas l’âge de Mathusalem. Croisons les doigts pour qu’il ne vienne pas à l’esprit d’un abruti producteur de dix, genre fils de Président, l’idée de faire un… Non, je n’ai même pas envie de le dire.

Joyeux Noël à tous, à vos familles, à vos proches.

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