Archive for the ‘Cher pays’ Category

Bad Landes

septembre 11, 2014

Le cinéma français se renouvelle, lentement mais sûrement. Et ne me dites pas que le cinoche ricain plus encore parce qu’à part Terence Malick – qu’on ne doit être que trois à voir ici, et qui commence à sérieusement tourner en rond – vous allez tous, au mieux voir Expandables 3   La Planète des Singes

Bref, il y a un putain de film qui vient de sortir, et qui, l’air de rien, risque autant de s’incruster dans la mémoire collective que Le Bar des rails, de Cédric Khan en son temps, sauf que lui risque de méchamment cartonner et donc, proportionnellement, causer des dégâts plus considérables. C’est une histoire – relativement – ordinaire, de deux jeunes gens, à peine sortis de l’adolescence qui tombent amoureux l’un de l’autre, sauf que ça se passe en province, que ça n’a pas l’air de sortir d’une mauvaise pub pour le fromage, mais qu’au contraire les personnages s’inscrivent dans une réalité sociale tangible qui change des faux-bobos parisiens élevés hors-sol ou du prolo de province au misérabilisme soviético-Dickenseien tout aussi factice.

Ou le mec est un moisi qui a du mal à cacher son jeu en balançant – assez réalistement – des Nwârs en figuration, uniquement là où il en faut, et sans exagérer les quotas, ou bien c’est un bien-pensant qui en véritable artiste a laissé s’échapper l’expression d’une jeunesse dont l’ambition n’est pas de participer à la prochaine gay-pride, même en spectateur. Je penche pour la réponse une…

En tout cas, son Badlands soft à la française est la meilleure chose qui soit arrivée en terme d’exemple à suivre dans le genre romantisme pas à deux balles mais au sens noble pour une jeunesse qui se cherche. Juste un film de province comme on n’en faisait plus, sauf que en plus des nanas et des boîtes l’été, ça parle de survivalisme, de menuiserie, de 1er RDP et de dépassement de soi… Ah, et puis il n’y a pas un « Putain ! » (si, un seul dans la bande-annonce..) et rien que ça, c’est rafraîchissant.

Ça s’appelle Les Combattants, c’est réalisé par Thomas Cailley et ça vient de sortir.

 

 

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Whisky sour & picon bière

août 17, 2014

Dans un bistrot de mon quartier, je partage mon saucisson avec ma jolie voisine de comptoir * et ses potes : deux nanas halle-mandes et un moyen gros barbu. Pas barbe style étudiant de yeshiva loubavitch de Brooklyn hipster, non : barbe de dix jours sur une tête de con.

Étant donné l’heure tardive, la promiscuité, et le fait que lieu et contexte s’y prêtent, je squatte leur conversation qui a trait à un sujet d’actualité quasi fdesouchien : que fête-t-on le 15 août ? Fort de… mais fort de quoi au juste : qui ici n’aurait su répondre à la question qui ressort de la culture générale assez basique pour un Français de plus de trente-cinq ans ? Quoi qu’il en soit, le petit topo historico-religieux que je leur sers déclenche chez eux des aveux d’inculture, ou plutôt de déculturation, certains ayant même été au catéchisme et fait leurs communions. Ce n’est pas bien grave, enfin jusque là.

Je décroche pour discuter avec le barman, et quand je raccroche les wagons de la discute d’à-côté, celle-ci porte alors sur la « haine » dont aurait été témoin et victime le petit frère de la jolie voisine. Quid ? Commodo ? Photographe, il se serait fait sortir d’une des Manifs pour tous et aurait eu très peur. Il n’aurait jamais vu autant de haine ™ exprimée. Je fais part de mon étonnement : ayant fait pratiquement toutes les manifs officielles et quelques officieuses, celles-ci se sont surtout distinguées par l’absence de haine, précisément, à l’égard des pédés en tout cas. La fille me maintient ce que son frère lui a soutenu mordicus. J’essaie d’en savoir plus : a-t-il été tèj’ en sa qualité de journaliste (« collabo » ?..) mais alors à quel moment de la manif, en quelle circonstance ? À la toute fin, lors des bastons avec les CRS ?.. Et puis lors de laquelle ? Ça devient de plus en plus flou. Me parle de 30 000 personnes comme si c’était un nombre invraisemblable, je lui réponds qu’il y en a eu plus d’un million. Sentant alors une petite polémique sympathique à livrer, je pousse donc la discussion sur le mariage homo, et fait valoir mes raisons à être contre. Et c’est le drame.

Tête de con se met à couiner, à me parler de l’Église qui serait contre l’amour, que deux personnes ont le droit de s’aimer, et qu’est-ce que ça me fait, d’abord ? Et c’est l’avalanche de poncifs, la boîte à conneries qui dégueule et se répand en corne d’abondance. Le tout en reconnaissant qu’il n’est pas marié, pas payday, et n’a pas d’enfants. Avec évidemment les coup des valeurs ® qui sont forcément mieux transmises par un couple de poilus qui s’enculent que par papa et maman qui violent tous leurs enfants comme chacun sait. Je pose, lassé la question de la lignée, il me répond que ce n’est pas important. Alors je porte l’estocade et lui dit qu’il a de la chance de vivre à une époque où grâce à l’utérus artificiel et les dons du sperme anonymes, on se prépare une jolie trans-humanité, sans passé ni avenir… Le mec bafouille qu’il s’en fout du transhumanisme et que… Sa copine l’entraîne. Pour un peu, il en serait venu aux poings si je l’avais titillé à peine plus. C’est vrai que je suis downtown XVIIIe et que ce ne sont pas les plus finauds sur la question, mais bref, une fois encore, le preuve est faite que ce n’est pas avec des gauchistes qu’on peut réellement polémiquer.

« T’as claqué un Sieg en partant ? Ils en auraient eu pour leur argent. « , me demande un pote à qui je relate la chose. Et moi de poursuivre…

J’aurais dû, mais alors je serais devenu tricard dans ce bar que j’aime bien, tenus par deux jeunes que j’aime bien aussi. Le truc assez marrant, c’est que le lendemain, soit hier soir, alors que je venais de raconter au barman qui n’avait pas trop fait gaffe que j’avais eu une querelle sur les sujets qui fâchent (« ne jamais parler religion, ni politique… »), je me suis de nouveau embrouillé avec un gus (« putain, t’as l’art d’énerver les gens… » ) avec qui j’avais commencé par parler cinoche, puis littérature avant que j’enquille sur Obertone après que lui m’ait parlé de Houellebecq, ce qui a eu le don de le rendre amoq au prétexte qu’il n’y a pas de zones de non-droit en France et que la Police, si elle veut  (arf !..) peut pénétrer où elle veut. Le barman est sorti limite nous séparer parce qu’on, enfin l’autre, s’énervait et parlait fort (je restais calme, right side dandy style…) ; eh ben finalement c’est l’autre qui, bien qu’un peu abimé par l’alcool (et les drogues vu ses dents), n’est pas complétement con, a trinqué avec moi, m’a dit qu’il m’aimait bien tout compte fait, mais que je devais certainement être de droite.
« Anar de… » ai-je précisé.

Toujours rester droit dans ses bottes.

…de saut ! aurait rajouté le Vieux…

 

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* cadeau !..

 

 

 

Ça faisait en réalité très longtemps qu’elle m’avait déjà lâché moi

mai 17, 2012

Il y a à peine une semaine, Xyr  publiait « C’est l’histoire d’un mec« , manifeste qui a connu un succès certain au point d’être repris çà et là.

Un des se lecteurs lui a répondu en pondant un texte analogue, tout aussi splendide avec cependant une nuance de taille : le sang-froid de celui qui sait précisément qui il est, d’où il vient, comment il en est arrivé là et n’a rien à prouver. La plume de Fromage+  trempée dans l’encre de Stag, si vous voulez. Ou d’autres – libre à vous de vous référer à vos éditorialistes imaginaires préférés qui, sans vous offrir des radio-réveils contre un abonnement, ni attendre un kopeck de votre temps de lecture, nous ont, par leur talent, leur rage et leur honnêteté, infiniment mieux accompagné dans le spectacle de dissection de notre époque que leurs homologues salariés de la presse dite écrite dont la tâche aura consisté à servir du bromure à des trépanés trente ans durant.

Le fait est qu’il ne s’agit pas d’un billet publié dans un bleaugue, mais d’une correspondance, d’où l’affranchissement des obligations scripturales publiques qui permet, quand on en a le talent – et le sien n’est pas donné tout le monde – , d’exprimer parfois avec plus de clarté ce que l’on a sur le cœur. 

L’autre singularité de ce texte, enfin, qui le distingue des  virages d’opinion habituels, est l’absence d’expérience traumatique qui a présidé au décillement de son auteur. À l’instar des comateux que ni choc, ni plongée dans l’eau froide ne pourront réveiller, il semblerait qu’il s’en soit sorti.. tout seul. C’est rassurant pour le présent – l’avenir, on aura le temps de voir.

Leur créature leur a échappé. Mieux, elle ne fait plus peur aux enfants…

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/* Email reçu après la publication de l’article « C’est l’histoire d’un mec… » */

Salut.
Je me permet de te tutoyer, on a peut-etre le même age, à quelques années près.
Je les découvre après la bataille tes textes.. C’est bien écrit, ta sincérité, ta colère prend aux tripes, j’aurais pu en écrire certains paragraphes au mot près, il y a quelques années… C’est toujours très étrange de se reconnaitre dans les mots, dans le vécu d’un autre. Je ne vais pas m’étendre, mais l’enfance gauchiste, les manifs anti-lepen, tes références culturelles, sociales, c’est de l’ultra familier pour moi. Et puis j’ai débarqué à Paris Nord et j’ai vécu la. Trop longtemps.
Y a deux ans, j’avais envie de tout défoncer, j’écrivais des tas de textes comme le tien (en moins bien surement, mais avec la même colère).
Depuis quelques mois, je m’en fous. J’ai pris le parti d’attaquer le seau de pop-corn en attendant tranquillement le point de non-retour, tout en prenant soin de me mettre à l’abri, c’est bien la seule chose de concrète à faire. J’ai même définitivement renoncé à ouvrir ma gueule en public sur le sujet, ça ne sert à rien.
Aucun compte à rendre hein, aucun. Tu sais quoi ? Plus je lis les éditorialistes et les sociologues nous dresser le portrait type du « facho » qui vote pas comme il faut, et plus je me marre, car j’en suis très probablement l’antithèse la plus absolue, mon boulot, mon apparence, mes gout, mon style de vie, ma bibliothèque et mes opinions même, rien de rien, ne me rapproche de près ou de loin des conneries qu’on lit ici et la…C’est une force, sans doute que d’être mésestimé à ce point, et je les emmerde. ON les emmerde. A vrai dire c’est presque une jouissance que de les voir se planter autant. Et d’imaginer qu’ils se prendront un jour toutes les réalités qu’ils nient dans la gueule, comme un boomerang.
Aucun compte à rendre.
Se justifier de « pas etre facho » ? Ça sert à rien. L’imbécile se raccroche à ce mot comme le chien hargneux à son nonos, le mot en lui-même fait office d’argument pour celui qui en manque cruellement par ailleurs. Le débat est stérile. T’as forcément perdu, t’es pas d’accord avec l’imbécile, t’es un facho. CQFD Ca sert à rien de rentrer la dedans.
Se justifier de fréquenter Fdesouche ? Ça sert à rien non plus. Sur ce site, y a de tout, des bas du front à qui on ne confierait même pas un poisson rouge à garder, et des gens épatants, so what ? L’imbécile ne comprend pas que c’est la nature même des espaces de liberté que d’y rencontrer de tout, puisque la liberté, il connait pas. Il est vain d’expliquer à l’imbécile qu’un peu d’esprit critique et de raison, permet de s’y retrouver, de faire le tri et d’y prendre et d’y rejeter ce qu’on veut, autant dans les articles que des les commentaires. Car l’imbécile qui n’est doté ni de l’un ni de l’autre n’y parvient pas, alors il s’obstine à censurer, parce que c’est plus simple. L’imbécile est persuadé que s’il casse le thermomètre, la fièvre s’en ira. Il en est persuadé.
Se justifier de trouver que la vie a Multikultiland c’est pas si enrichissant que ça, mais c’est un peu beaucoup naze en fait ? Ça sert à rien. Le bien-pensant de service te fera un superbe collier en perles de morale, enfin pas longtemps, parce qu’a quatre heures faut pas qu’il rate le train, il visite une chouette maison, dans l’est de Paris, ouais ouais, il quitte le 18ème, parce que tu vois, avec la p’tite qui rentre à l’école et tout ça, enfin tu vois quoi. Mais si tu vois, arrête tes sous-entendus, avec Cécile, on adooorait la vie à Barbès, c’est juste que… oh et puis tiens… Dis donc t’es pas un peu facho sur les bords toi ? Hein ? Hein ?
L’habitude. On s’y fait, a ces gens-la, comme au reste. J’ai appris à en rire, vu que je suis littéralement cerné. L’hypocrite dans ce genre-la, finalement, c’est un gars ou une nana qui ressens les choses comme toi, mais qui n’assume pas encore, parce que le déclic est pas arrivé.
Faut pas se justifier, ça ne sert plus à rien. Le fossé se creuse.
Fous-toi à l’abri tranquillement mais surement, assures-toi un avenir, ici ou ailleurs, parce que c’est à ça que ça sert, d’ouvrir les yeux. Blinde-toi des remarques, des cons, prend la vie avec humour, parce qu’a ce degré de connerie générale, vaut mieux en rire qu’en pleurer et je te passerais les pop-corn.
T’as fais des études, t’as un bon job ? Pars… Va à la rencontre des peuples européens, et tu verra, que les identités sont fortes, vivaces, qu’elles sont aimées, revendiquées… Tu entendra, partout la même rage, partout la même colère, partout les mêmes inquiétudes de la Finlande à La Grèce, de la Lituanie à l’Espagne, et tu mesurera ce que les débats franco-francais ont de ridicule, de borné, a quel point les médias, les intellectuels, les politiques sont à coté de la plaque. Les mêmes débats partout, les mêmes. L’islam, l’immigration, la violence, la régression sociale, culturelle, partout… C’est à la fois vertigineux et terriblement fascinant. Ce qui se passe est inédit par l’ampleur, c’est pas une putain d’anecdote dans notre histoire, c’est fondamental, et ça dépasse de très loin le cadre de nos frontières à nous. Les imbéciles qui ramènent la question au FN n’ont rien compris, le FN c’est rien, c’est une goutte d’eau… Le multikulti ne prend pas, nulle part, personne n’en veut. La propagande ne fonctionne pas, les hypocrites font semblant, mais ils n’en veulent pas non plus, surtout pas pour eux, ni pour leurs enfants. Le décalage est trop fort, ça craque de partout.
Le postulat de départ « méconnaissance = peur = rejet » est faux, archi_faux, c’est l’imposture ultime. On peut savoir et connaitre et rejeter en même temps. On prend les gens pour des cons, le mépris est immense.
Encore une fois, c’est étonnement sans fin pour moi, que de les voir se planter autant. Les discours, les éditos, les articles, c’est du vent, déconnectés des réalités, de l’idéologie pure dont personne ne veut pour soi. Du vent. Du vent terrifiant, mais du vent. Les donneurs de leçons se lisent entre-eux, se parlent entre-eux, le peuple s’en fout et le décalage est immense. Mieux vaut en rire, pour l’instant, tellement c’est grotesque.
Une erreur dans le système, j’aime la formule, mais s’ils savaient, le nombre d’erreurs dans le système…
Je continue de lire Desproges avec passion, de remplir ma bibliothèque de BD de Gotlib et d’Edika, ma discothèque de musique psychédélique et punk en même temps, de vivre pied-nus, à la baba-cool parce que j’aime ça, de fumer un joint de temps en temps pour me détendre, pas trop souvent, de me marrer devant la classe américaine si typique de l’esprit canal qui a bercé mon enfance, de me gaver des grands artistes soul (et noirs !) américains que je vénère, de me passer un disque des Clash, ou de NTM quand j’ai envie, de lire Fluide Glacial et les vieux numéros de Hara-Kiri que ma mère m’a refilé, d’écouter Renaud de passer du temps sur le web, à regarder films et séries, plutôt que devant une télé que j’ai jeté depuis des années. Je n’ai aucun ouvrage traitant de la seconde guerre mondiale dans ma bibliothèque, à part le journal d’Anne Frank. Je les emmerde, j’emmerde la gauche, j’emmerde les donneurs de leçons, j’emmerde les bien-pensants. On peut me traiter de n’importe quoi et même du pire, plus rien ne m’atteint, je sais ce que je suis, je sais ou j’en suis, je sais précisément ce que je veux, et ce que je ne veux plus. Je veux vivre et élever mes enfants dans la culture occidentale, moderne, nourrie d’idéaux de progrès, de sérénité, d’égalité, et de respect. Je veux me tenir loin des fanatiques, des idéologues, des totalitaires, des censeurs, des puritains. Et des faux-culs.
J’ai grandi dans une famille ou on m’aurait allongé une baffe direct si j’avais osé dire une phrase de travers sur un noir ou un arabe. J’ai passé huit ans de ma vie dans un quartier « multiculturel » ou j’ai entendu un nombre incalculable de saloperies inimaginables sur les femmes, les homos, les juifs… Comme jamais auparavant je n’en avait entendu dans ma vie. C’est aussi cette bêtise crasse, cette violence gratuite, cette mentalité abrutie et rétrograde avec laquelle je ne me sens rien en commun que je fuis, que je vomis, et je n’en ai pas honte.
Les vieux cons ultra-conservateurs et vétérans de la cause qui se la jouent sur Fdesouche, on s’en tape aussi. L’important c’est d’être conscient, de savoir, de pas être un putain de mouton, mais de regarder les choses en face pour s’y préparer.
J’ai lâché la gauche le jour ou j’ai réalisé qu’elle ne regardait plus les choses en face, mais ça faisait en réalité très longtemps qu’elle m’avait déjà lâché moi.
Bref. Au plaisir de te lire encore sur ce blog.
Bonne continuation.

C’est Dutroux qu’on assassine !

juin 2, 2011

[Réponse à l’article de Yann Moix. J’en ai profité pour l’améliorer un tant soit peu]

Je viens de lire le pensum de Yann Moix. Laissons tomber l’analyse de texte psychanalytico-miroir à deux balles (en deux mots, c’est le genre de texte qui risquerait de lui servir d’épitaphe) , il fait plus fort que Joffrin en sautant de tout son poids sur le sophisme le plus con de ce début de siècle

Relater un article lu dans le Figaro-Magazine mettant en cause sans la nommer une personnalité politique équivaut («- vaut », pas « -vaudrait », il est on ne peut plus affirmatif en ayant écrit son billet au présent) à émarger à la Kommandantur…

Raccourci qui ferait par conséquent passer la moindre revue de presse pour un brouillon de liste de fusillés et permettrait de comparer ces grandes figures du genre qu’ont été Pascale Clarke et Jean-Michel Apathie à Brasillach et Cousteau (non, pas lui, son frère).

Son utilisation de ce procédé rhétorique serait accessoire, bénin, voire acceptable s’il n’y avait ce léger détail, à savoir des faits de pédophilie. Et c’est là qu’il se ramasse méchamment sur le tapis.

Parce que, si l’on suit sa logique, s’offusquer d’un crime sexuel abject contre des enfants équivaut donc à balancer des Résistants aux Boches.

Mais alors, quelle est la conclusion de la splendide démonstration de Yann Moix ? Ben, que les pédophiles sont des héros de la Résistance… CQFD.

Et c’est ainsi que, faute d’avoir un Dreyfus sous la main, on en arrive à prendre la défense d’Emile Louis…

Si cela peut le consoler , il n’est pas le seul à avoir fait preuve d’un aveuglement aussi stupide et même misérable : Laurent Joffrin avait ouvert le bal dans le NouvelObs sur le même air que lui, et deux heures avant que Moix ne macarène comme un diable, Renaud Revel avait pris la danse suivante dans l’Express en associant implicitement les crimes sexuels à des « histoires d’alcôve ».

À l’heure excessivement matinale – d’aucuns l’appellent le milieu de la nuit – où je poste, Libé titre sa une par un « Dirty Ferry » qui conforte si besoin était cette maladresse qui confine à la connerie crasse avec l’emploi de comparaisons totalement inappropriées, sauf à considérer, en l’espèce, que l’Inspecteur (« Dirty ») Harry était un dénonciateur de pédophiles et par conséquent, lui aussi un salaud…

addendum : La play-list s’allonge et les djs se succèdent. C’est au tour de François Miclo d’être pris en flagrant délit de diptèrophilie anale dans Causeur, reprochant pêle-mêle à Luc Ferry de colporter des ragots tout en ne rentrant pas assez dans les détails (leçons de choses à la clef), lui-même évitant prudemment de supputer des résultats d’une éventuelle enquête dont il espère cependant qu’elle fera taire l’importun à défaut de punir le ou les coupables.

Accrochez vos ceintures, cela ne fait que commencer.

PS.
Que l’on soit bien clair : si l’on m’apprend qu’une personnalité ou un anonyme va aux putes ou partouze à tout va avec bobonne, je m’en contrefous, ça le regarde. En revanche, s’il se met à enculer des enfants, avancer comme certains le font que cela ressort de la « vie privée » qu’il s’agirait de « respecter » est une saloperie sans nom, et par ailleurs une apologie de crime.

Eva Joly écrit avec des bottes en caoutchouc

avril 16, 2011

Un connard a forouardé ceci, qui a fini par atterrir dans mon courrier.
Certes, il ne s’agit que de la mise en application d’un mode de sélection des candidats tout droit importé des Zuhèsses des primaires au sein des Ecolos, oups ! de Génération Ecologie-Les Verts, mais parvenir à concilier un tel concentré de langue de bois avec si peu d’enthousiasme méritait qu’on s’y arrêtât cinq minutes…

Chers-e-s ami-es [1]
[Ça se lit comment ? « Cherzezami… euh… esse » ?.. ]

Je souhaite que ces primaires permettent un débat de qualité [2], qu’elles puissent être un premier pas [3] dans le dialogue [4] que nous devons engager avec nos concitoyens autour de notre projet de transformation écologique de la société.
[Les connaissant, à l’allure à laquelle il a fallu se mettre d’accord pour rédiger cette phrase d’une prudence de sioux sur ce qu’il conviendrait peut-être de faire, sont pas prêts d’y arriver à la transformer « durablement » la société.]

L’abandon en rase campagne [5] des projets issus du Grenelle de l’environnement et de la taxe carbone, l’acharnement à défendre le tout nucléaire et sa dissémination dans le monde entier, les tentatives d’imposer l’exploitation du gaz de schiste, le soutien à une agriculture toujours plus intensive au détriment de l’agriculture biologique, le bradage [6] * des services de fret par rail au profit du routiers… sont le vrai bilan des années Sarkozy/ Borloo/ NKM. [Un instant, j’ai cru que c’était le nom d’un groupe de rap. « NKM », sans déconner, c’est pour faire jeune ? Putain ! C’est à l’image de ces lignes, écrites comme un torchon…] La politique de la haine [7] et de la stigmatisation [8] est insupportable. [« Politique de haine et de stigmatisation »… Blam ! La perruque dans le potage… Contre qui, contre quoi ?.. Je remonte… Les agriculteurs bios ? Les cheminots du fret ?.. On devine le militant aux aguets qui à la relecture s’est aperçu avec horreur qu’on n’avait pas placé une ligne sur sur la richesse éternelle de la France. En revanche, ne cherchez pas : les mots « arbres », « labour », « patrimoine », « terroir » ou même « pâquerettes » n’y figurent pas. Les Écolos sont des gens qui n’aiment pas la campagne parce que lorsqu’il ne pleut pas, ça leur flanque le rhume des foins.]

L’écologie politique, c’est l’alternative [9] à une société où tout s’achète et où tout se jette, où notre environnement est soumis aux pillages et à l’exploitation, où la mise en concurrence détruit notre vivre ensemble [10]. [Décodage rapide : l’écologie politique c’est le retour au Cambodge de Pol-Pot.] L’écologie politique, c’est un choix de civilisation [11], qui marie responsabilité, autonomie, et solidarité [12]. [N’en ai pas l’énergie, mais c’est aussi tarte et contradictoire que « Liberté-Egalité-Fraternité ». Z’ont oublié « bonheur », dans la liste. Ah ben non : « joyeuse » figure juste après dans le dernier paragraphe… ]

Je souhaite une campagne collective, joyeuse et imaginative [13]. [Elle sera dans les faits individualiste ET bordélique, chiante comme la pluie et sans rien d’intéressant.] Je compte la mener avec vous [14]. Je vous adresse un premier outil [15] pour commencer à l’organiser : il s’agit d’un appel de soutien, à signer et à faire signer, que vous pouvez trouver sur le site [evajoly.fr]. Ce site est un outil, vous pouvez y suivre la campagne, y participer et l’animer. [On imagine le reste de la boîte à outils : un tournevis pété et un vieux marteau sans manche…]

Cordialement, [La formule déjà pas terrible, mais qui se conçoit dans un courrier formel où il serait déplacé de terminer par un « Je vous embrasse », est navrante dans un contexte de candidature à la Présidence de la République]
Eva Joly

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Laissez tomber le style de bas-salarié du service public, vous avez lu « France », ou même « République » dans ce machin qui a du être griffonné sur un coin de nappe en papier en poussant les bouteilles de vin bio ?..

[1] à [15] : Clichés à la con ou formules toutes faites bien dans l’air du temps.
* « Bradage » n’existe pas. Une seule occurrence dans le TLF, et encore : entre guillemets dans une citation.

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Cortège de parapluies. Une trentaine de militants écologistes et élus locaux ont suivi, dans la gadoue de la côte de Montguichet, les bottes en caoutchouc noires d’Eva Joly, hier après-midi à Chelles. C’est sur les hauteurs de ce terrain boisé de 90 ha, promis par des associations locales à devenir un site de biodiversité et de promenade pédagogique, que la députée européenne d’Europe Ecologie-les Verts (EELV) a choisi de partir en campagne aux côtés des candidats verts locaux aux élections cantonales. […] [Rigoureusement sic in. Le Parisien]

Contes ordinaires de la jeunesse

décembre 5, 2010

« Papa, je me suis fait dépouiller mon portable par des « Roumains ». Ils avaient environ dix-sept ans [plus âgés que lui] on n’a rien pu faire, il y avait de la neige plein la rue, ils sont arrivés par derrière et ils nous ont chuchoté dans l’oreille « Tou donne toun portable ou onnne té casse la tête ». J’avais cinq euros, je ne leur ai pas donné, mais le portable, ils avaient déjà commencé à nous palper les poches. Non, t’inquiète pas, à part ça ils ne m’ont rien fait. Le plus relou Ce qui m’énerve [rewriting… ], c’est que j’avais dit à mon copain de prendre un autre chemin, mais il a insisté pour qu’on prenne cette ruelle pourrie, dans laquelle il n’y avait personne… Pfff… Ça ne sert à rien de porter plainte, il s’en foutent… Bon, d’accord, si tu m’accompagnes. »

Vade-mecum du bordel

novembre 7, 2010

[« Bréviaire du chaos » était déjà pris, tant mieux, et pour le titre, le contenu et la pérennité de l’ensemble – je parle bien sûr de Caraco. Mais pour éviter que ce blogue n’aille rejoindre le cimetières des carcasses échouées, il faut bien lui faire prendre l’air, quitte à caboter nonchalamment ; d’où cette compilation de quelques lieux communs personnels. Vous trouverez de plus patentes démonstrations de cette énergie du désespoir (c’est « énergie », le mot important, surtout) qui caractérise tant la fachoréacoréinfoHLPSDNHmosisi… oh merde ! sympatochesphère, tiens !. chez MM. french carcan, Stag aka GIpi, fromage+, Ivane, même qui, s’il date un peu, a entr’ouvert le temps d’un billet sa loge de diva, la fine équipe du Cigibi, le drôle d’oiseau qui prend son pied et bien sûr le Michel Drac’s workship, pour ne citer qu’eux. ]

Autrefois, les enfants rythmaient leur marche en égrenant leurs doigts aux grilles des squares, de nos jours ils évitent les barrières de protection Decaux contre lesquelles ils risqueraient de se blesser.

Les grilles des squares par ailleurs dessinées comme des pilums d’apparat quand, aujourd’hui, le nec plus ultra du « mobilier urbain » serait réformé par l’armée pour inesthétisme patent si on les proposait comme défense anti-char.

Ce sont parmi les plus rétifs à reconnaître les différences entre les races que l’on trouve les plus grands laudateurs de la diversité.

Confusion des genres : être Français – être UN Français.

« La France a toujours été une terre d’immigration »
Comment se fait-il que nous ne soyons pas tous noirs ?

Les grandes écoles et les universités prestigieuses sont l’école hôtelière de l’hyper classe : des fabriques à loufiats de luxe.
Certains parvenant à finir concierges de palaces, cela donne aux autres le courage de continuer à faire les chambre.

J’aime mon époque moins qu’hier et plus que demain.

Nous en voulons à notre époque de nous avoir rendus incapable de transmettre l’espoir à nos enfants.
Et par « époque » nous entendons ces ordures de la génération précédente qui ont délibérément joui du déclin provoqué de leurs successeurs.

Le sentiment d’être séparé d’un océan de merde par un polder dont chaque moellon saute l’un après l’autre…


J’ai parfois le sentiment qu’il s’agit d’une page cachée de l’Apocalypse qui nous est donnée à vivre mais qui a été cachée par Lucifer ou par Dieu pour nous punir.

La Rapière

Il m’arrive moi aussi parfois mais de plus en plus fréquemment de ressentir le Mal à l’œuvre. Il ne peut pas s’agir que de effet de l’histoire, du cours des choses, de l’évolution de nos sociétés, en d’autre termes, ce ne peut être humainement de notre seule responsabilité.

Et ce qui me tue, c’est l’aveuglement et la surdité volontaires de mes contemporains. Ce refus de réaliser, parce que cela briserait le voile de leur assurance que tout ne va pas si mal.

Brûle Babylone, brûle !

juin 15, 2010

[Un constat épique et enlevé signé Landru. ]

Tout est contaminé par un champignon fuligineux , tout est moisi , la France est malade jusqu’au coeur , de ses familles décomposées , de ses mômes camés , de ses commerces faillis , de ses rues taguées . Ce pays est devenu dégueulasse , les gens eux mêmes sont dégueulasses au propre comme au figuré , on se marche dessus , on se vole , demain on s’entretue . Une poubelle , une immense poubelle qui pue la mort , il faut ouvrir les yeux , les gamins se distribuent des coups de surin comme on se disait merde et pendant ce temps des tarés abolissent la fessée ! Putain de décalage , non ? On te verbalises pour une clope et à cent mètres ça deale de l’héro . Tu vas devant les tribunaux pour avoir écrit “tapette” et à coté on distribue des stages d’insertion à des cambrioleurs professionnels . Tout est faux , les chiffres officiels , les statistiques , les sondages , peut être même les élections , de toutes façons si c’est pas truqué en aval ça l’est en amont par la sidération médiatique . Les enfants des riches se barrent tandis que leurs pères expliquent aux chomeurs que tout va bien , il faut juste se serrer la ceinture . On distribue du pognon qu’on a pas , en prévision d’impôts sur des activités qu’on délocalise ou qu’on exécutent fiscalement . Il faut Bac plus cinq pour conduire un tram et les mecs qui le font se font pogromer tout en continuant à se syndiquer chez les défenseurs de leurs agresseurs . Partout des clodos , partout des visages hostiles , des flics aigris qui se vengent de leur ulcère , des ratamars improbables avec des gueules à enlever Pinocchio , des épouvantails d’un mètre vingt venus du fond des marais moldaves pour laver absolument ton pare-brises contre ta volonté , des poufs des antipodes qui godillent en dandinant tout en hurlant dans des portables , avec des derches immenses et qui poussent des brouettes de mômes qui te regardent étonnés avec l’air de se dire “qu’ est ce qu’il fout là celui-là ” , d’autres plus grands qui tiennent les trottoirs et qui te matent comme s’ils allaient te bouffer . Des barbus du douzième siècle en grosses cylindrés allemandes qui maitrisent la technologie . La télé qui gueule , avec les mêmes gueules , des clowns aux salaires de chirurgiens du cerveau , ce qu’ils sont d’ailleurs tant ils nous mangent la tête . Une vie de travail à deux pour avoir une boite à godasses en béton et huit mètres carrés de gazon . Des serpents de gens épuisés qui passent aux caisses avec des chariots de bouffe insipide au prix du platine , de la bidoche pleine d’eau mais égorgée rituellement , des tomates avec des gênes de souris , des sodas avec vingt sucres par verre , des patates qui clignotent quand elles ont soif ., de l’eau du robinet sous plastique , des yaourts qui guérissent du cancer .Adam et Eve qui regardent les clowns de la télé . Eve qui se fait avorter . Adam qui se fait métrosexuel . Caïn qui filme le meurtre d’ Abel avec son portable . Esaü qui bouffe des lentilles OGM et hydroponiques . Des fous qui restaurent la tour de Babel avec le sang des peuples comme mortier . La maison n’a plus ni portes ni fenêtres , ceux qui y vivent croient qu’elle est chauffée en fait c’est le toit qui brûle .

BRULE BABYLONE BRULE !

De l’insurrection qui ne vient pas

mai 19, 2010

L’insurrection ne viendra pas si elle n’est pas déclenchée par des personnes et non pas des évènements.

L’évènement pour lui même ne vaut pas grand-chose.

Seule la diversité de par sa psychologie tribale est aujourd’hui capable de s’agglomérer en masse à la suite d’un incident quelconque, avec les conséquences qu’entraîne la constitution d’une foule, encore faut-il la présence d’un meneur qui, sans avoir nécessairement désiré ce rôle, saura, pourra, en tout cas permettra de l’entraîner dans une émeute.

Notre bon peuple, toutes tendances confondues, exceptions faites des flash-mobs éthyliques lancées via fesse bouc, ne se mobilise plus, et de moins en moins, qu’à l’appel de syndicats sous perfusion qui organisent des manifestations encadrées et festives*.

Certaines professions comme les marins-pêcheurs, les agriculteurs en général et les pompiers sont coutumières de débordements, mais cela fait partie du rituel. Le seul dérapage incontrôlé restera l’incendie du parlement de Bretagne dans les années 1990, consécutive à une connerie, et non pas une volonté délibérée d’y mettre le feu.

À gauche, les gâ sont plus motivés et organisés pour mettre le daoua lors de manifs, mais ça reste du bris de vitre, vite remplacées, vite oubliées. 

Chez nous, il y a de rares actions, comme la poignée de lecteurs de Desouche et e-deo venus s’opposer aux payday bécoteurs – ce qui est en soi assez dérisoire, quand on y réfléchit bien – sur le parvis de Notre-Dame, mais c’est anecdotique et ne traduit pas un mouvement de fond. 200 personnes à tout casser, en comptant large, sur des dizaines de milliers de lecteurs a priori concernés, on est loin du réveil national tant espéré.

Les gens sont pourtant à cran, mais assommés. Leur problème est d’avoir encore de quoi tenir qui les retient d’avoir le sentiment de n’avoir plus rien à perdre. 

L’ennui c’est qu’ils raisonnent toujours par rapport à des biens matériels ou la jouissance d’un confort quand il s’agit de la survie de leur âme. Et je ne raisonne pas uniquement en chrétien, mais donne à ce mot, le sens plus général de ce que qui constitue l’essence d’un peuple et d’un pays.

* Y avait-il des vendeurs de merguez place de la Concorde, le 6 Février 1934 ?..

« Nous autres, Français » sic

février 9, 2010

[Le débat sur l’identité nationale touchant à sa fin, j’y apporte ma modeste pierre en ressortant un vieil article rédigé pour scriptoblog il y a plus d’un an. Nonobstant ma flemme éditoriale, l’avenir m’a donné raison quant au creux de mon nez sur ce personnage subitement sorti de l’ombre et qui s’accroche à la lumière politico-médiatique et le caractère néfaste et méphitique de son projet.]

* * *

Dimanche 9 novembre 2008, dans le Journal du même nom, un manifeste rédigé par Yazid Sabeg et signé par moult « intellectuels » et politiques appelait à reproduire en France les conditions supposées favorables à l’élection de Barrack Hussein Obama. Manifeste qui a défrayé la chronique…
Devoir de réserve oblige, la première, deuxième, troisième épouse de l’agité Hongrois de Salonique a longuement commenté dans une entrevue signée Claude Askolovitch alias, le rois des mauvais coups, son regret de ne pas pouvoir le signer. Ses propos mériteraient un article à part entière mais j’ai choisi de m’attarder sur l’article de Sabeg qui, en sa qualité de néo-Français idéal, né en Algérie, inconnu du grand public, mais proche des cercles du pouvoir, nous expose sans vergogne son projet de remise au pas du pays entier. Si l’on excepte une syntaxe fleurie, la clarté des objectifs tournés dans une langue de bois de la plus belle essence en fait  un cas d’école.
 » La République doit relever le défi américain », par Yazid Sabeg
« L’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir. »

Oublions l’embouteillage mental qui structure la phrase. Ce qu’il faut retenir c’est que les Américains ne sont pas racistes puisqu’ils ont élu un homme « qui se trouve être Noir ». Un peu comme s’il ne l’avait pas fait exprès et qu’il l’avait été à l’insu de son plein gré. Ou mieux, si cet état qu’on avait voulu taire avait fini par se savoir en cours de campagne, une sorte de coming out : « Ladies and Gentlemen, I must confess that I’m Black ».  C’est pas grave, lui ont répondu les Ricains, on n’est pas racistes. Pas comme ces obscurantistes de Français qui avaient bien un Togolais député-Maire de Bretagne, mais infoutu de faire élire un Président des Zuhèsses. Noir ou pas, d’ailleurs.
« L’Amérique a confirmé la validité d’un modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité. »
L’Amérique élirait un unijambiste aveugle si le système trouvait judicieux de le faire. Cela étant, on ne voit pas comment un fait sans précédent puisse confirmer la validité d’un modèle qui a priori ne le permettait pas. En revanche, on a bien compris, selon cette logique de Shadock trois points, que si Mc Cain  – en définitive celui qui cumulait pourtant le plus d’handicaps : vieux, fatigué, aussi charismatique qu’une assiette d’asperge, du même parti que le Président sortant honni et entiché d’un co-listtier certes très sexy, femme de surcroît, mais objectivement à la limite de la foldingue –  avait été élu, le « modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité » ® en aurait pris un coup.
« Quelle leçon! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, devons bien écouter celle-ci. »
Ce n’est que le début, mais c’est une phrase à encadrer : elle résume toute la lettre et l’esprit de ce discours, jusque dans la forme impérative ; ce qui suit n’en sera qu’une boursouflure assenée tout du long. Chaque mot vaut son pesant de rapports de la HALDE.
« Quelle leçon »

Point d’exclamation. C’est le chœur des vierges prenant le public à témoin, du haut de son autorité. On se tait et on écoute.
« Nous autres, Français  »

Là, c’est un petit chef d’œuvre de pillage de tombe, d’autant plus impudent qu’il se drape dans un solennel trop grand pour lui.
Je préfère ne pas songer à ce qu’aurait pu penser Georges Bernanos devant ses propres mots exhumés clandestinement par un monsieur qui se permet d’amalgamer à son humble personne de naturalisé, l’ensemble germenique des citoyens d’un pays. Par déformation mentale, j’ai tendance à regarder sous le tapis dès qu’on s’approprie des citations. Je n’ai pas davantage été surpris de découvrir qu’avant lui, c’est Jean Daniel, grand patriote Français devant l’Eternel, qui avait commis cet emprunt libre de droit à Bernanos. Au rayon de ceux qui ne manquent pas d’air, Sebeg fait carrément de l’aérophagie.
« qui revendiquons notre universalisme »

Il n’y a que les tenants du nouvel ordre mondial – que ce soit dans leur ensemble ou leurs franchises francs-maçonnes, messianistes ou libérales – qui osent revendiquer une telle chose. Les Français s’en moquent.  Ils ne revendiquent rien sinon le pastis et le pot-au-feu, voire, s’ils sont en verve, cette combinaison unique d’art de vivre, de sédimentation régionales, de gastronomie, de paysages, d’art, de littérature, d’ingénierie, de sciences, de bravoure, de reliquats païens, de foi catholique, d’histoire, agrémentés d’un goût pour la castagne d’idées à tout propos, qu’on nomme la culture française et qui réveille encore quelques échos chez les générations du monde entier nées avant 1970.
« pour faire pièce à cette diversité,  »

Exemple typique d’inversion accusatoire. C’est précisément à l’homogénéité des Français – relative, certes… – que veut s’en prendre Sabeg et qui, pour ce faire,   les accuse à coups de sophisme de ne pas être assez zélés dans l’application d’une démarche à laquelle ils n’ont jamais souscrit.
« devons bien écouter celle-ci. »

La boucle du garot est bouclée. « Obey », commandait Big Brother. « Ecoutez », ordonne plus doucereusement Sabeg.
« En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l’empêche d’être fière de son pays. »
Comment cette frange des « jeunes », disons, ceux qui ont plus de deux heures de lucidité par jour entre la PS3, la défonce, le vol, le deal, les agressions racistes et le caillassage de flics, pourraient en effet d’être fiers d’une France qui rembourse inlassablement les édifices publics qu’ils vandalisent, saccagent, brûlent ; ordonne à ses policiers de ne plus les poursuivre quand ils fuient même à tricycle ; les relâchent de prison avant terme ; renie sa religion historique ; multiplie les lois qui transforment leur concitoyens – de terre et de sang, eux, pas seulement de papiers –  en criminels de la pensée potentiels ; fait tout y compris l’humiliation publique pour qu’ils se sentent si peu « négligés » ?
« Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l’ordre civique qui restent vains et incompris. »
Démonstration communautaire de maghrébins racistes contre chuintement de soupape de ceux qui se sont contentés du minimum syndical de l’indignation  – « Comme si l’on crachait sur la Marseillaise, vous vous rendez compte ? » Non. Personnellement, je ne me rends plus compte parce que cette frange désespérée de la jeunesse crache tant partout, par terre, sur le drapeau (quand elle ne le brûle pas en public comme à Toulouse), sur les gens et qu’un peu plus, un peu moins, sincèrement… – réunis dans un bel euphémisme de « crispations identitaires ».
C’est de la belle ouvrage, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises :
« Il ne faut pas s’étonner que la popularité d’Obama soit si forte ici : elle témoigne des aspirations de tous les enfants de la République, qui vivent par procuration une reconnaissance que la France ne leur donne pas. »
N’y eut-il pas cette virgule, je lui aurais accordé le bénéfice de la bêtise : il arrive même aux pires crapules – ce que ne saurait être ce monsieur – de parler avec leur cœur.
Cette virgule permet d’asseoir le mensonge à la forfaiture.
Mensonge. Comment peut-on encore décemment  évoquer un  déni de reconnaissance quand tout est fait, depuis le lavage de cerveau obligatoire perpétré dès la maternelle, pour que nous tolérions l’étranger sur notre propre sol au prix de la honte de soi et de l’effacement de notre mémoire collective ?
Forfaiture. Il n’y a pas d’autre mots pour qualifier la mainmise sur toute une Nation, fut-ce en tant que porte-voix auto-designé d’une minorité, dans le dessein de lui faire suivre une voie qui n’a jamais été la sienne.
Et en prime, flagrant délit de prise des lecteurs pour des abrutis : quand Le Monde fait état de sondages annonçant des élections virtuelles de Barrack Obama  par 93 % des Français, Sebeg sait pertinemment qu’il fait acte de propagande, pas de journalisme.
« Elle trahit aussi la mauvaise foi de ceux qui saluent la victoire de la modernité hors de nos frontières, pour tolérer ici le statu quo. »
Donnez trois mots à cet enfileur de perles payé à la tâche,  ils vous en tresse un pensum. Ses phrases font les délices du lexicologue et la migraine du lecteur lambda.
Passée au tamis, cette boue mentale nous avertit que les autres – ceux qui sont reconnaissants à la France, je suppose – sont ravis que l’Obama ait été élu.. ailleurs que chez eux. C’est sans doute possible, c’est surtout le signe que le travail a été mal fait puisque il existerait encore des refractaires.
On notera au passage que ce « statu quo » qui attise la hargne de Yazid Sabeg  s’appelle ailleurs « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de ne pas se laisser enquiquiner » ; et qu’en prime, la « tolérance » se voit d’un coup retirer toutes ses vertus
Faisons simple : l’objectif annoncé de ce manifeste est que nous en venions tous à souhaiter, de toute notre âme, un Obama chez nous.
« Pourtant, la société française est l’une des plus métissées du monde. »
Ici, je me tâte. Dois-je renvoyer à l’exemple enchanteur du Brésil, ou celui de l’Afrique du Sud black governed, et me passer de commentaire ? Rappeler que le sens premier de métissage est celui d’un croisement entre races différentes, synonyme d’abâtardissement et que, sur un plan démographique, la France en est, et peut-être même pour longtemps, encore loin ?  Ou apprendre à ce connard – vous me pardonnerez d’appeler les choses par leur nom – que le métissage du graillon de kebab et d’une daube provençale aura plus de rapport avec le parfum de sanitaires mal entretenus que toutes les combinaisons d’influences, choisies, savamment et patiemment entremêlées dans l’espace et le temps ?
« Mais quelle conception de l’homme faut-il se faire pour accepter que l’élite économique, politique, sociale y reste une chasse gardée ? »
Ça, c’est nouveau ! C’est je crois bien sans précédent – j’en parlais dimanche soir avec Michel Drac, il pourra vous le confirmer – cette méta démagogie des élites qui appellent à leur propre remplacement par ceux qui en sont historiquement, intellectuellement, socialement  – « naturellement »  dirais-je, c’est-à-dire pour de bonnes raisons – exclus. Il ne me semble pas qu’au plus hystérique de la Révolution Française, ses acteurs principaux aient demandé au peuple, j’entends autre chose qu’un concept abstrait mais bien sa réalité la plus plébéienne, les ploucs en somme, d’occuper réellement le pouvoir.
Ne nous leurrons pas. Yazid Sabeg à l’instar d’Attali qui ne réclamera pas l’euthanasie à son prochain anniversaire, ne veut en aucun cas se voir remplacé de son vivant, ni non plus ses successeurs désignés. Il veut tout bonnement que soit rendu impossible une quelconque possibilité de renouvellement desdites élites par la destruction de toutes les classes sociales, éduquées, en les enfouissant sous un brassage de population.
« Les pays qui réussissent à promouvoir l’égalité et la justice, ceux-là seuls auront leur place dans la mondialisation des hommes et des idées. Les autres sont condamnés à devenir des provinces de la démocratie, rétrogrades, décalées, hors du coup. Pour en sortir, nous avons besoin de politiques résolument volontaristes pour l’équité et la diversité. Il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour la faire advenir : c’est un processus de longue haleine et non pas spontané, que nous avons le devoir et l’intérêt d’engager. »
Méditez ce terrifiant programme d’assujettissement programmé des Nations et des peuples au nom d’un idéal. Son auteur nous annonce avec la froideur d’un rapporteur de l’ONU ou d’un haut fonctionnaire de la Commission Européenne que nous allons ingurgiter  de l’ « égalité » et de la « justice » par tous les pores de la peau jusqu’aux plus cachés synapses, quitte à ce que nous en crevions. Il est toujours risible de voire se répandre comme un prurit chez les bien-pensants, professionnels de l’anti-fascisme, le caractère éminemment totalitaire de leur projet dès lors qu’ils se mêlent de vouloir notre bien. A fortiori quand ils nous en exposent les modalités.
« Les Etats-Unis ont engagé en leur temps des actions positives qui ont fait émerger une classe moyenne noire qui a été l’antichambre de l’élite. Sans doute faut-il les adapter au contexte français. Mais nous en avons tant besoin ! »
Ce Monsieur ne semble pas savoir qu’il y avait une bourgeoisie noire qui vivait séparée, bien avant qu’on force les Universités à accueillir des Noirs qui ont fini par faire la démonstration qu’ils étaient plus enclins aux Black Studies ou au sport qu’à la physique quantique. Mais, quitte à comparer des sociétés qui n’ont rien de commun, pourquoi on ne chercherait-on pas plutôt à copier la Grande-Bretagne avec qui nous avons historiquement plus de liens et calquer leur système scolaire plus élitiste encore que le nôtre, tant qu’à faire ? Je vous laisse multiplier les exemples.
Au pire, parmi celles qui aspirent à conserver la distinction d’être devenues Françaises, nous avons seulement besoin de personnes capables. C’est-à-dire prêtes, désireuses et en mesure de faire la preuve par elles-mêmes de leurs mérites et de leur vertu. À la force de leur poignet et de leur intelligence, donc, comme cela a toujours été le cas.
«  La France est fatiguée des médiateurs, des organismes aux dénominations tonitruantes, des actes symboliques et des déclarations formelles. »
Sincèrement, je me suis demandé en lisant ces lignes, s’il n’était pas simplement en train de monter un hénaurme canular.
« Avec l’arrivée d’Obama, on ne pourra plus faire très longtemps le coup de la diversité ennemie du mérite, ni justifier l’injustice par le principe d’égalité. »
Il est rétrospectivement surprenant que lors de l’élection de « W » Bush  dont le côté côté neu-neu – « différent » en terme pudique de bonne famille – avait nourri tant d’éditoriaux, l’on ne soit pas venu nous demander de signer des tribunes pour la promotion des mongoliens, ni du reste améliorer quoi que ce soit à leur prise en charge.
« Nous, acteurs de la vie publique, Français et Françaises de bonne volonté, soucieux de la promesse démocratique de notre pays, désireux de restaurer une conscience civique authentique, demandons la mise en œuvre effective d’un programme minimal pour l’égalité réelle: »
Ce qui se présente comme un préambule de Constitution rédigée en songeant à la place qu’elle prendra dans les livres d’histoire, est beau comme une mise au pas totalitaire.
Cela débute par des mots dont un bordel de Kinshasa ne voudrait plus tellement ils ont été vidés de leur substance, et se termine logiquement par la promesse enthousiaste de faire table rase de ce que nous sommes encore, d’un systématisme que n’auraient pas renié les poètes du Kampuchea démocratique.
«     * Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations.
* Systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires.
* Promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement.
* Inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat.
* Limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique.
* Soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité . »

Combattre… systématiser… promouvoir… limiter… forcer… soumettre… organiser…
Vœux pieux et grand principes généreux diront les derniers naïfs, tels des poulets rivés par les pattes sur la chaîne avant la décapiteuse.
Soyons magnanimes envers ceux-ci : faisons-leur lire ces lignes en remplaçant simplement les propositions avancées par « discrimination positive d’une élite de souche française » et s’ils se récrient demandons-leur simplement : pourquoi ?
Ceux qui marqueront un temps d’arrêt pour réfléchir seront sauvables, les autres qui avanceront une explication toute prête se seront condamnés eux-mêmes.
Nous autres, Français, et c’est un Français qui vous parle, savons désormais ce qui nous attend. Il n’appartient qu’à nous de nous y opposer.

PS. Dans le même numéro, André Kaspi préconise, dans son rapport à paraître, de faire le ménage dans les commémorations. Comprendre : les garder toutes in fine, quitte à mettre les plus farfelues sous cloche, déclenchant la polémique des gardiens de la repentance. Un bon cru, décidément.
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