Archive for the ‘Non classé’ Category

Bad Landes

septembre 11, 2014

Le cinéma français se renouvelle, lentement mais sûrement. Et ne me dites pas que le cinoche ricain plus encore parce qu’à part Terence Malick – qu’on ne doit être que trois à voir ici, et qui commence à sérieusement tourner en rond – vous allez tous, au mieux voir Expandables 3   La Planète des Singes

Bref, il y a un putain de film qui vient de sortir, et qui, l’air de rien, risque autant de s’incruster dans la mémoire collective que Le Bar des rails, de Cédric Khan en son temps, sauf que lui risque de méchamment cartonner et donc, proportionnellement, causer des dégâts plus considérables. C’est une histoire – relativement – ordinaire, de deux jeunes gens, à peine sortis de l’adolescence qui tombent amoureux l’un de l’autre, sauf que ça se passe en province, que ça n’a pas l’air de sortir d’une mauvaise pub pour le fromage, mais qu’au contraire les personnages s’inscrivent dans une réalité sociale tangible qui change des faux-bobos parisiens élevés hors-sol ou du prolo de province au misérabilisme soviético-Dickenseien tout aussi factice.

Ou le mec est un moisi qui a du mal à cacher son jeu en balançant – assez réalistement – des Nwârs en figuration, uniquement là où il en faut, et sans exagérer les quotas, ou bien c’est un bien-pensant qui en véritable artiste a laissé s’échapper l’expression d’une jeunesse dont l’ambition n’est pas de participer à la prochaine gay-pride, même en spectateur. Je penche pour la réponse une…

En tout cas, son Badlands soft à la française est la meilleure chose qui soit arrivée en terme d’exemple à suivre dans le genre romantisme pas à deux balles mais au sens noble pour une jeunesse qui se cherche. Juste un film de province comme on n’en faisait plus, sauf que en plus des nanas et des boîtes l’été, ça parle de survivalisme, de menuiserie, de 1er RDP et de dépassement de soi… Ah, et puis il n’y a pas un « Putain ! » (si, un seul dans la bande-annonce..) et rien que ça, c’est rafraîchissant.

Ça s’appelle Les Combattants, c’est réalisé par Thomas Cailley et ça vient de sortir.

 

 

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Le Camp des Siens

juin 6, 2008

Ou : A country for old men. Oui, « a ». Si cela avait été « no », il n’y aurait pas eu d’histoire. Pas la même, en tout cas.

Ceci n’est qu’un exercice de style de plus, un « à la manière de » – l’intéressé se reconnaîtra – qui, comme les jeux de rôles en tous genres, laisse inévitablement transparaître des travers, obsessions ou désirs personnels. Le paradoxe du comédien, même dans le cadre d’un jeu littéraire, est qu’il ne cesse jamais d’être lui-même. Peu importe la part de bagages intimes que j’y ai mis, le fait est qu’entre survivre, subir ou disparaître, l’option plateau des Glières à la sauce french redneck constituera une opportunité tout à fait valable.

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Mes amis,

Je vous écris depuis un cyber café en périphérie de la ville, les miens m’attendent dans le break.

C’est décidé, ma famille et moi nous partons. Loin. J’ai préparé mon coup tranquillou depuis un an. Je peux vous le dire : je n’avais pas de problème informatique, j’avais imposé à ma famille un stage de survie en milieu hostile : pas d’électricité, tous à à la lampe à huile, et obligation de se nourrir des fruits et légumes cultivés sur le balcon. Au revoir les cochons d’Inde (cuisinés en civet, c’est pas dégueu, mais faut pas espérer inviter tout l’immeuble) maintenant, on élève des lapins. Et des poules. Des voisins ont tenté de faire signer une pétition : je suis allé voir la concierge, à poil, hirsute, avec le torche-cul sur lequel ils avaient griffonné leurs patronymes de jean-foutre en lui faisant remarquer qu’avec les charges qu’on payait, ce n’était pas pour qu’elle laisse traîner du papier toilette sale dans le hall de l’immeuble. Depuis je n’ai plus de nouvelles.

La clef du tableau électrique dans une poche, la game boy du petit dans l‘autre pour commencer le sevrage, je suis parti faire mes repérages avec deux anciennes relations. Un ancien de l’Indo passé entre les mains de Boudarel à qui on ne la fait plus, et un rebouteux marchand de disques, un peu sourcier sur les bords.

Après avoir sillonné la moitié de la France, j’ai fini par découvrir mon Xanadu.

Une station météo désaffectée dans le *** , près du village de ***. Si on peut appeler « près » 80 bornes. Il y a une ancienne bergerie pas loin. J’ai récupéré le tout et mille hectares de terrain pour une bouchée de pain. Les gars de la Mairie croyaient que ça avait été rasé depuis les années soixante ; ils ne retrouvaient plus les papiers du cadastre. L’ensemble a vécu mais les murs sont sains et les fondations solides. Le temps de retaper les toitures, d’installer le système de chauffage de l’eau et de production de gaz par compost selon la méthode Jean Pain (c’est pas les boug*** qui auraient trouvé ça : pas cher, intelligent, efficace ; de toute manière, c’est ardu de faire du compost de branches broyées dans une région où les arbres n’existent que sous forme de papier relié en Coran ; faut pas trop leur en demander), de labourer quelques hectares pour les patates, les petit pois, les carottes, le potimaron, de faire venir des chèvres, des brebis, des poules, des lapins, des canards, des oies, un couple de dindons, deux poneys, une girafe récupéré à un propriétaire de zoo en faillite qui la cédait au plus offrant, quelques bricoles venant des arsenaux serbes et j’étais fin prêt . En rentrant chez moi après six mois d’absence, j’ai été braqué au couteau à pain par mon aîné. Le manque de lumière et une légère sous-alimentation avaient aiguisé leurs réflexes de défense. C’est de bon augure !

Depuis, j’attendais le moment opportun. La 807e panne ou piratage de Desouche a été un signe limpide : tout à l’heure, j’ai réveillé tout le monde au son de Peggy Sue.

Pour l’éducation des enfants, j’ai emporté le strict nécessaire : un Bled, un Bescherelle, un Grévisse, un Larousse illustré en sept volumes; tout Rabelais, Debord, Kerouak, Baudelaire et Sade pour quand ils seront plus grands. Quelques bouquins essentiels de science et le tour est joué : le moins assidu de mes mômes aura quand même dépassé le niveau d’un polytechnicien d’aujourd’hui. Et avec le rythme de vie de Chantiers de jeunesse en jamboree chez les Komsomols qu’ils se verront imposer au quotidien, ils devraient être parés pour le pire et le meilleur et ne plus craindre grand-chose .

J’ai rempli d’eau une vielle citerne en béton. Elle surplombe la vallée. Désormais, je jouerai les crapauds, les doigts de pieds en éventail, un canotier sur la tête, un famas dans la main, un daïquiri banana dans l’autre et les Stooges à fond la caisse sur ma chaîne qui tournera à l’énergie solaire.

Je vous quitte et vous salue gravement, amis de forum. Et bonne chance ! Que Dieu vous accompagne, nous nous retrouverons entre frères de race sur notre terre libérée. D’ici là, fini les conneries.

Votre *** qui pense à vous.

Lundi de…

mars 24, 2008

 

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Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes :

« Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

Il n’est pas ici car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

Mt., 28,  6-7

Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image et du texte

février 19, 2008

Mon dernier post date du 16 novembre…

Qu’ai-je donc bien pu foutre tout ce temps ?

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Faisons le compte : écrit un roman, mis en scène un opéra, terminé deux scénarios, rédigé une demi-douzaine de courts essais – je ne compte pas les dizaines d’articles publiés sur papier – engendré un nouvel enfant, parrainé quatre autres, visité la totalité des musées parisiens, traversé un continent et demi – l’Asie et une grosse partie de l’Afrique – en alternant guest-houses et palaces, me suis mis à la pratique de l’orgue et de la flûte traversière, lu près d’une centaine de livres, construit une maison intégralement de mes mains, effectué un pèlerinage en Terre Sainte et trois retraites en Europe, participé à des fouilles archéologiques au Groenland, bu ou rebu la totalité des grands crus de Bordeaux, commencé à me débrouiller dans le pilotage d’hélicoptère, appris la technique du vitrail depuis le soufflage de verre jusqu’au travail du plomb, cassé les codes de sécurité de la base de Baïkonour, découvert le tricot, la broderie, la tapisserie et le tannage du cuir, révisé mon japonais ancien, traduit Dante, perfectionné la visée de mon mortier et amélioré Firefox. Je crois que j’ai fait le tour.

Autant dire rien…
Allez, au travail ! Rouvrir ce blogue. Remettre du charbon dans la chaudière. Rallumer le feu. Remettre la machine en route. Penser à faire des phrases courtes, maintenant. Surtout des phrases courtes. Sans verbe s’il le faut. Les phrases courtes sont devenues la norme. La seule manière d’être lu. Éventuellement repris *.

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Il paraît que les gens ne lisent pas, n’ont jamais lu les textes longs à l’écran. Enfin, c’est ce qu’il se dit depuis le début du ouaibe très grand public, à l’époque où on ne le numérotait pas – autrement, ça devait correspondre à la version 1.5.9. Permettez-moi d’en douter quand je discute avec d’autres internautes, rencontrés en vrai, qui me confient avoir découvert certains livres en .pdf et ne m’ont jamais parlé des heures passées en impression et des fortunes dépensées en cartouche pour les lire à l’ancienne. Rouleau électronique vs. codex Xerox. Il se peut aussi que nous soyons qu’une minorité de cintrés. Surtout aux yeux – en meilleur état – de ceux qui, considérant sans doute que Ouiquipédia est trop ardu, s’en vont parfaire leur culture générale en lisant les réponses aux questions Iahou. En attendant, je ne sais pas si les gens lisent moins, mais qu’est-ce qu’ils écrivent…

Je sens que ça va être dur de m’y tenir. Aux phrases courtes. Là, je fais un effort surhumain. Au-delà de ce qu’on peut attendre d’un catholique pratiquant pour le Carême. Mieux vaut me contenter de ce que je sais faire, de ne pas forcer ma nature et d’appliquer la règle des quatre « D » – dérisoire, dilettante, dandy et désabusé – la seule marque de fabrique que je revendique.

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(*) Ceux qui prétendent aspirer au contraire me font doucement rigoler: si tel était le cas, ils ouvriraient une application texte, écriraient leurs lignes du jour puis rangeraient leur journal virtuel quelque part au fond de leur disque dur. Par-dessus le marché, s’ils avaient le goût des belles choses, ils écriraient à la main, avec du papier – carnet, cahier, copies, feuilles volantes, pur vélin – et un stylo – Parker, Shaeffer, Pelikan, Pilot retractable, après ce n’est plus dans mes moyens…

Un mot du syndic

octobre 27, 2007

Pressemondiale, mon logeur, gratifie tous les nouveaux arrivants d’un message tartignolle que j’ai décidé de laisser en place pour le moment. Appelons cela de la correction. Vu le prix du loyer, c’est pas cher payé.

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