Le pays qui n’existait pas

décembre 23, 2010

Il est significatif de la dichotomie entre l’être et le fantasmé que, bien que présent dans la bande-annonce, ce morceau ne figure pas dans « Black Hawk Down ».

De toute façon, la Somalie, c’est les Wampas et Edith Piaf sur un air de Céline et de James Crumley.

Comprenne qui pourra.

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Ragoût de sanglier et piquette

décembre 10, 2010

[Où il sera assez peu question de sanglier en définitive, mais le titre devait annoncer ma seule expérience et répondre à un vieux post avant que je ne m’aperçoive que tout le fil de cette conversation méritait de figurer ici. Grâce en soit rendue aux différents acteurs de ces navrants témoignages de la faiblesse humaine.

À leur santé !].

Tout les journaux là dessus, bordel… 10/15 cm de neige, et « Paris » est paralysé. Quelle bande de pattes à ressorts, ces parigots.

Un ami d’un voisin village était justement passé, hier…midi moins le quart…Je lui colle une anisette dans le gésier, et puis une autre, parce que sans être Rapy, le gaillard a une belle contenance.

Le groin en l’air, il hume la belle odeur de tripes que Mme le vieux, restée sur un échec cuisant (c’est le moins que l’on puisse dire ! ) la semaine passée, à voulu remettre au plat du jour. 10h qu’elles mijotent, et « il y gouterait bien »… (aux tripes, pas à Mme le Vieux).

J’essaie comme je peux de le dissuader en lui faisant remarquer que les tripes ne sont pas le fleuron de Mme le Vieux, mais, tact et délicatesse, qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise… Vexée comme un poux, Mme sort immédiatement une assiette supplémentaire. J’essaie encore en lui faisant remarquer qu’il s’est mis soudainement à tomber des flocons gros comme des vaches et si collants qu’ils « tiennent » immédiatement au sol ! « Tu es sûr que tu pourras rouler pour rentrer chez toi ? »… Comme il répond que « oui, bien sur » je l’invite bien volontiers à partager les audaces acharnées de Mme…

Pire que Côte-Rôtie ! il en reprend 3 fois, ce con…Il me mange tout mon repas de demain (encore meilleures réchauffées)…Perfidement, je lui sort une canette que nous avons depuis des années, non pour la faire vieillir, mais parce que personne ne s’est jamais décidé à gouter à un truc pareil…à ce « vinho alentejano tinto » made in Portugal. Le breuvage est entre la confiture de cassis et le madère. Il n’y a pas une seule autre canette à la maison, et « il préfère encore ça à de l’eau »… Le glouton a aussi droit à une morceau de fromage tout racorni par le chauffage qui turbine à fond la caisse; mais là encore, il souligne « que c’est l’intention qui compte » et que ca lui rappelle des petits crottins corses gros comme des pièces de 2 euros apres avoir sèché 10/12 ans !

Comme toute initiative un tant soit peu humaine est impitoyablement châtiée en ce bas monde, en représailles, il nous invite pour le lendemain soir, à bouffer chez lui… J’aime pas sortir le soir.

La couche de neige atteint maintenant 10 bons centimètres, lorsqu’il se remet au volant. Peut-être une toute petite chance d’échapper au repas de demain soir ? (il n’a pas de pneus « contact »)..
© Le Vieux

Envoie ton rouge portos je vais te dire ce que j’en pense.

La première fois que j’ai sifflé du rouquin portos c’était faute de mieux. J’arrive chez un pote, grosses moustaches, le quintal, solide culture classique, boxeur de haut niveau, bon musicien, plus ivrogne que moi à l’époque (quelques années) et lui dit, « Jojo j’arrive pas les mains vides ». Le pif nous a fait la première partie de l’apéro tant il passait bien.
Nous faisions des essais : pelures d’oranges vertes mises dans du whisky de seconde zone (Glenfidich). Bof.
On s’ennuyait ferme le dimanche. C’était boire ou baiser. Lui était marié moi pas. Il buvait plus que moi je baisais plus que lui.
Une impression de vide immense. Un truc à rendre fou, alcoolos, dépressifs les moins charpentés du bulbe.

Un jour nous avons trouvé un exutoire : la cueillette des ananas dans la brousse. Puis, un dimanche, autour d’un verre un troisième larron a prononcé le mot « chasse ». Un quart d’heure plus tard le nez piqué de vin, boîtes de bière dans les poches, flingues en main sommes partis tirer des pigeons et des chauve-souris.
Revenus bredouilles, plus cuits qu’au départ.

Le temps passant ça devenait sérieux. Un gars sur le toit de la cabine du pick-up toujours bourré, ça tirait de partout. Ça devenait compulsif. On s’arrêtait pour l’apéro du dimanche soir au gré des déplacements chez des hôtes complaisants connus pour aimer la bouteille.
© La Rapière

Je te la siffle à la paille, ta topette ! On fait, chez les Porcs Tout Gays, du rouge qui colle aux papilles comme du réglisse, l’image de la confiote est particulièrement bien trouvée tant c’est en trois dimensions. Du picrate pour bourrins, pas cher du tout, 0% de prestige, ça atteint facilement ses 14,5° – l’équivalent vinassier de l’Amsterdamer des pounques !
Mille fois ça plutôt que les Aloxe-Corton 2000 qu’on m’a offerts récemment, et qui n’auraient pas eu plus de personnalité, de complexité ou de finesse si on les avait reconverti en sangria !
Arrière, vile Bourgogne ! A moi, le Douro !
© Génération Perdue

Un peu pareil. Nous étions allé déjeuner dans un.. Comment définir l’endroit ? Une sorte de ferme auberge dont la spécialité était le sanglier qu’ils élevaient plus ou moins eux-même. Un semi bout du monde de Haute-Provence, la salle de restaurant était vaste et meublée de longues tables que l’on ne voit plus que dans le Seigneur des Anneaux, et ouvrait sur une vue splendide, mais en messieurs bien élevés nous en laissâmes la jouissance aux dames.

Dans le ragoût, noir comme du coke un soir sans lune, surnageaient de grosses rondelles de carottes dont l’orange se détachait telles des balises.

Nous commandâmes du vin, qui nous fut servi sans cérémonie dans des carafes de verre blanc. À la première gorgée, les messieurs s’étranglèrent et les dames tournèrent de l’œil.

J’ai déjà bu des vins dégueulasses (les Cévennes sont championnes en ce domaine), ou de la saloperie ordinaire de restaurants en chaîne spécialisés dans la boustifaille carnée avec des petits drapeaux dans l’assiette mais celui-ci était inouï.

Certes imbuvable au premier abord, du genre à créer un incident diplomatique lors d’un dîner d’étudiants fauchés autour de spaghetti à la carbonara ratées, j’ai fait fi de mes a priori et voulu en savoir plus. Le vin s’apparentait en fait à ces individus mal dégrossis, abîmés par l’existence mais entiers et sincères que le hasard de la vie peut vous faire rencontrer et apprécier le temps d’une soirée, dans un lieu improbable et souvent pourri. Il exhalait la même authenticité que Quasimodo : une bonne nature qui ne voulait de mal à personne et faisait du mieux qu’il pouvait malgré les tares qu’ils se trimballait depuis la naissance. Et à cet égard, s’est révélé bien plus sympathique que nombre des ses congénères élevés en batterie en fûts de chêne.

Le sanglier et lui ont pris langue, ils devaient se connaître parce qu’ils ne se sont rien dit de fâcheux et, tandis que je m’enivrais doucement tout en déjeunant, j’avais le sentiment de faire un repas moyenâgeux dans le fief d’un petit seigneur de province reculée.
© ma pomme…

Moi j’aime le résiné .
Djadjiki , tarama , souvlaki . 


Un coup d’Uzo et envoie le résiné … 

Je regarde les ânes qui trottent , un vieux compte son chapelet d’ambre en buvant du Mastic , le pélikan entre dans l’église , d’un coup d’ailes il éteint les cierges , le Pope le poursuit furieux . 


Un souvenir de jeunesse .
© Landru

Contes ordinaires de la jeunesse

décembre 5, 2010

« Papa, je me suis fait dépouiller mon portable par des « Roumains ». Ils avaient environ dix-sept ans [plus âgés que lui] on n’a rien pu faire, il y avait de la neige plein la rue, ils sont arrivés par derrière et ils nous ont chuchoté dans l’oreille « Tou donne toun portable ou onnne té casse la tête ». J’avais cinq euros, je ne leur ai pas donné, mais le portable, ils avaient déjà commencé à nous palper les poches. Non, t’inquiète pas, à part ça ils ne m’ont rien fait. Le plus relou Ce qui m’énerve [rewriting… ], c’est que j’avais dit à mon copain de prendre un autre chemin, mais il a insisté pour qu’on prenne cette ruelle pourrie, dans laquelle il n’y avait personne… Pfff… Ça ne sert à rien de porter plainte, il s’en foutent… Bon, d’accord, si tu m’accompagnes. »

Vade-mecum du bordel

novembre 7, 2010

[« Bréviaire du chaos » était déjà pris, tant mieux, et pour le titre, le contenu et la pérennité de l’ensemble – je parle bien sûr de Caraco. Mais pour éviter que ce blogue n’aille rejoindre le cimetières des carcasses échouées, il faut bien lui faire prendre l’air, quitte à caboter nonchalamment ; d’où cette compilation de quelques lieux communs personnels. Vous trouverez de plus patentes démonstrations de cette énergie du désespoir (c’est « énergie », le mot important, surtout) qui caractérise tant la fachoréacoréinfoHLPSDNHmosisi… oh merde ! sympatochesphère, tiens !. chez MM. french carcan, Stag aka GIpi, fromage+, Ivane, même qui, s’il date un peu, a entr’ouvert le temps d’un billet sa loge de diva, la fine équipe du Cigibi, le drôle d’oiseau qui prend son pied et bien sûr le Michel Drac’s workship, pour ne citer qu’eux. ]

Autrefois, les enfants rythmaient leur marche en égrenant leurs doigts aux grilles des squares, de nos jours ils évitent les barrières de protection Decaux contre lesquelles ils risqueraient de se blesser.

Les grilles des squares par ailleurs dessinées comme des pilums d’apparat quand, aujourd’hui, le nec plus ultra du « mobilier urbain » serait réformé par l’armée pour inesthétisme patent si on les proposait comme défense anti-char.

Ce sont parmi les plus rétifs à reconnaître les différences entre les races que l’on trouve les plus grands laudateurs de la diversité.

Confusion des genres : être Français – être UN Français.

« La France a toujours été une terre d’immigration »
Comment se fait-il que nous ne soyons pas tous noirs ?

Les grandes écoles et les universités prestigieuses sont l’école hôtelière de l’hyper classe : des fabriques à loufiats de luxe.
Certains parvenant à finir concierges de palaces, cela donne aux autres le courage de continuer à faire les chambre.

J’aime mon époque moins qu’hier et plus que demain.

Nous en voulons à notre époque de nous avoir rendus incapable de transmettre l’espoir à nos enfants.
Et par « époque » nous entendons ces ordures de la génération précédente qui ont délibérément joui du déclin provoqué de leurs successeurs.

Le sentiment d’être séparé d’un océan de merde par un polder dont chaque moellon saute l’un après l’autre…


J’ai parfois le sentiment qu’il s’agit d’une page cachée de l’Apocalypse qui nous est donnée à vivre mais qui a été cachée par Lucifer ou par Dieu pour nous punir.

La Rapière

Il m’arrive moi aussi parfois mais de plus en plus fréquemment de ressentir le Mal à l’œuvre. Il ne peut pas s’agir que de effet de l’histoire, du cours des choses, de l’évolution de nos sociétés, en d’autre termes, ce ne peut être humainement de notre seule responsabilité.

Et ce qui me tue, c’est l’aveuglement et la surdité volontaires de mes contemporains. Ce refus de réaliser, parce que cela briserait le voile de leur assurance que tout ne va pas si mal.

Ça manque de filles 4

novembre 7, 2010

Susanne, avec un ‘s’, Benton, jeune et jolie actrice découverte dans Apocalypse 2024, de LQ Jones, d’après une nouvelle du déjà-inconnu-ou-tombé-dans-l’oubli-quoique-essentiel-mais-bon-vous-savez-les-gens-ne-lisaient-déjà-pas-beaucoup-avant…- nouvelliste, Harlan Ellison

Brûle Babylone, brûle !

juin 15, 2010

[Un constat épique et enlevé signé Landru. ]

Tout est contaminé par un champignon fuligineux , tout est moisi , la France est malade jusqu’au coeur , de ses familles décomposées , de ses mômes camés , de ses commerces faillis , de ses rues taguées . Ce pays est devenu dégueulasse , les gens eux mêmes sont dégueulasses au propre comme au figuré , on se marche dessus , on se vole , demain on s’entretue . Une poubelle , une immense poubelle qui pue la mort , il faut ouvrir les yeux , les gamins se distribuent des coups de surin comme on se disait merde et pendant ce temps des tarés abolissent la fessée ! Putain de décalage , non ? On te verbalises pour une clope et à cent mètres ça deale de l’héro . Tu vas devant les tribunaux pour avoir écrit “tapette” et à coté on distribue des stages d’insertion à des cambrioleurs professionnels . Tout est faux , les chiffres officiels , les statistiques , les sondages , peut être même les élections , de toutes façons si c’est pas truqué en aval ça l’est en amont par la sidération médiatique . Les enfants des riches se barrent tandis que leurs pères expliquent aux chomeurs que tout va bien , il faut juste se serrer la ceinture . On distribue du pognon qu’on a pas , en prévision d’impôts sur des activités qu’on délocalise ou qu’on exécutent fiscalement . Il faut Bac plus cinq pour conduire un tram et les mecs qui le font se font pogromer tout en continuant à se syndiquer chez les défenseurs de leurs agresseurs . Partout des clodos , partout des visages hostiles , des flics aigris qui se vengent de leur ulcère , des ratamars improbables avec des gueules à enlever Pinocchio , des épouvantails d’un mètre vingt venus du fond des marais moldaves pour laver absolument ton pare-brises contre ta volonté , des poufs des antipodes qui godillent en dandinant tout en hurlant dans des portables , avec des derches immenses et qui poussent des brouettes de mômes qui te regardent étonnés avec l’air de se dire “qu’ est ce qu’il fout là celui-là ” , d’autres plus grands qui tiennent les trottoirs et qui te matent comme s’ils allaient te bouffer . Des barbus du douzième siècle en grosses cylindrés allemandes qui maitrisent la technologie . La télé qui gueule , avec les mêmes gueules , des clowns aux salaires de chirurgiens du cerveau , ce qu’ils sont d’ailleurs tant ils nous mangent la tête . Une vie de travail à deux pour avoir une boite à godasses en béton et huit mètres carrés de gazon . Des serpents de gens épuisés qui passent aux caisses avec des chariots de bouffe insipide au prix du platine , de la bidoche pleine d’eau mais égorgée rituellement , des tomates avec des gênes de souris , des sodas avec vingt sucres par verre , des patates qui clignotent quand elles ont soif ., de l’eau du robinet sous plastique , des yaourts qui guérissent du cancer .Adam et Eve qui regardent les clowns de la télé . Eve qui se fait avorter . Adam qui se fait métrosexuel . Caïn qui filme le meurtre d’ Abel avec son portable . Esaü qui bouffe des lentilles OGM et hydroponiques . Des fous qui restaurent la tour de Babel avec le sang des peuples comme mortier . La maison n’a plus ni portes ni fenêtres , ceux qui y vivent croient qu’elle est chauffée en fait c’est le toit qui brûle .

BRULE BABYLONE BRULE !

De l’insurrection qui ne vient pas

mai 19, 2010

L’insurrection ne viendra pas si elle n’est pas déclenchée par des personnes et non pas des évènements.

L’évènement pour lui même ne vaut pas grand-chose.

Seule la diversité de par sa psychologie tribale est aujourd’hui capable de s’agglomérer en masse à la suite d’un incident quelconque, avec les conséquences qu’entraîne la constitution d’une foule, encore faut-il la présence d’un meneur qui, sans avoir nécessairement désiré ce rôle, saura, pourra, en tout cas permettra de l’entraîner dans une émeute.

Notre bon peuple, toutes tendances confondues, exceptions faites des flash-mobs éthyliques lancées via fesse bouc, ne se mobilise plus, et de moins en moins, qu’à l’appel de syndicats sous perfusion qui organisent des manifestations encadrées et festives*.

Certaines professions comme les marins-pêcheurs, les agriculteurs en général et les pompiers sont coutumières de débordements, mais cela fait partie du rituel. Le seul dérapage incontrôlé restera l’incendie du parlement de Bretagne dans les années 1990, consécutive à une connerie, et non pas une volonté délibérée d’y mettre le feu.

À gauche, les gâ sont plus motivés et organisés pour mettre le daoua lors de manifs, mais ça reste du bris de vitre, vite remplacées, vite oubliées. 

Chez nous, il y a de rares actions, comme la poignée de lecteurs de Desouche et e-deo venus s’opposer aux payday bécoteurs – ce qui est en soi assez dérisoire, quand on y réfléchit bien – sur le parvis de Notre-Dame, mais c’est anecdotique et ne traduit pas un mouvement de fond. 200 personnes à tout casser, en comptant large, sur des dizaines de milliers de lecteurs a priori concernés, on est loin du réveil national tant espéré.

Les gens sont pourtant à cran, mais assommés. Leur problème est d’avoir encore de quoi tenir qui les retient d’avoir le sentiment de n’avoir plus rien à perdre. 

L’ennui c’est qu’ils raisonnent toujours par rapport à des biens matériels ou la jouissance d’un confort quand il s’agit de la survie de leur âme. Et je ne raisonne pas uniquement en chrétien, mais donne à ce mot, le sens plus général de ce que qui constitue l’essence d’un peuple et d’un pays.

* Y avait-il des vendeurs de merguez place de la Concorde, le 6 Février 1934 ?..

« Nous autres, Français » sic

février 9, 2010

[Le débat sur l’identité nationale touchant à sa fin, j’y apporte ma modeste pierre en ressortant un vieil article rédigé pour scriptoblog il y a plus d’un an. Nonobstant ma flemme éditoriale, l’avenir m’a donné raison quant au creux de mon nez sur ce personnage subitement sorti de l’ombre et qui s’accroche à la lumière politico-médiatique et le caractère néfaste et méphitique de son projet.]

* * *

Dimanche 9 novembre 2008, dans le Journal du même nom, un manifeste rédigé par Yazid Sabeg et signé par moult « intellectuels » et politiques appelait à reproduire en France les conditions supposées favorables à l’élection de Barrack Hussein Obama. Manifeste qui a défrayé la chronique…
Devoir de réserve oblige, la première, deuxième, troisième épouse de l’agité Hongrois de Salonique a longuement commenté dans une entrevue signée Claude Askolovitch alias, le rois des mauvais coups, son regret de ne pas pouvoir le signer. Ses propos mériteraient un article à part entière mais j’ai choisi de m’attarder sur l’article de Sabeg qui, en sa qualité de néo-Français idéal, né en Algérie, inconnu du grand public, mais proche des cercles du pouvoir, nous expose sans vergogne son projet de remise au pas du pays entier. Si l’on excepte une syntaxe fleurie, la clarté des objectifs tournés dans une langue de bois de la plus belle essence en fait  un cas d’école.
 » La République doit relever le défi américain », par Yazid Sabeg
« L’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir. »

Oublions l’embouteillage mental qui structure la phrase. Ce qu’il faut retenir c’est que les Américains ne sont pas racistes puisqu’ils ont élu un homme « qui se trouve être Noir ». Un peu comme s’il ne l’avait pas fait exprès et qu’il l’avait été à l’insu de son plein gré. Ou mieux, si cet état qu’on avait voulu taire avait fini par se savoir en cours de campagne, une sorte de coming out : « Ladies and Gentlemen, I must confess that I’m Black ».  C’est pas grave, lui ont répondu les Ricains, on n’est pas racistes. Pas comme ces obscurantistes de Français qui avaient bien un Togolais député-Maire de Bretagne, mais infoutu de faire élire un Président des Zuhèsses. Noir ou pas, d’ailleurs.
« L’Amérique a confirmé la validité d’un modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité. »
L’Amérique élirait un unijambiste aveugle si le système trouvait judicieux de le faire. Cela étant, on ne voit pas comment un fait sans précédent puisse confirmer la validité d’un modèle qui a priori ne le permettait pas. En revanche, on a bien compris, selon cette logique de Shadock trois points, que si Mc Cain  – en définitive celui qui cumulait pourtant le plus d’handicaps : vieux, fatigué, aussi charismatique qu’une assiette d’asperge, du même parti que le Président sortant honni et entiché d’un co-listtier certes très sexy, femme de surcroît, mais objectivement à la limite de la foldingue –  avait été élu, le « modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité » ® en aurait pris un coup.
« Quelle leçon! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, devons bien écouter celle-ci. »
Ce n’est que le début, mais c’est une phrase à encadrer : elle résume toute la lettre et l’esprit de ce discours, jusque dans la forme impérative ; ce qui suit n’en sera qu’une boursouflure assenée tout du long. Chaque mot vaut son pesant de rapports de la HALDE.
« Quelle leçon »

Point d’exclamation. C’est le chœur des vierges prenant le public à témoin, du haut de son autorité. On se tait et on écoute.
« Nous autres, Français  »

Là, c’est un petit chef d’œuvre de pillage de tombe, d’autant plus impudent qu’il se drape dans un solennel trop grand pour lui.
Je préfère ne pas songer à ce qu’aurait pu penser Georges Bernanos devant ses propres mots exhumés clandestinement par un monsieur qui se permet d’amalgamer à son humble personne de naturalisé, l’ensemble germenique des citoyens d’un pays. Par déformation mentale, j’ai tendance à regarder sous le tapis dès qu’on s’approprie des citations. Je n’ai pas davantage été surpris de découvrir qu’avant lui, c’est Jean Daniel, grand patriote Français devant l’Eternel, qui avait commis cet emprunt libre de droit à Bernanos. Au rayon de ceux qui ne manquent pas d’air, Sebeg fait carrément de l’aérophagie.
« qui revendiquons notre universalisme »

Il n’y a que les tenants du nouvel ordre mondial – que ce soit dans leur ensemble ou leurs franchises francs-maçonnes, messianistes ou libérales – qui osent revendiquer une telle chose. Les Français s’en moquent.  Ils ne revendiquent rien sinon le pastis et le pot-au-feu, voire, s’ils sont en verve, cette combinaison unique d’art de vivre, de sédimentation régionales, de gastronomie, de paysages, d’art, de littérature, d’ingénierie, de sciences, de bravoure, de reliquats païens, de foi catholique, d’histoire, agrémentés d’un goût pour la castagne d’idées à tout propos, qu’on nomme la culture française et qui réveille encore quelques échos chez les générations du monde entier nées avant 1970.
« pour faire pièce à cette diversité,  »

Exemple typique d’inversion accusatoire. C’est précisément à l’homogénéité des Français – relative, certes… – que veut s’en prendre Sabeg et qui, pour ce faire,   les accuse à coups de sophisme de ne pas être assez zélés dans l’application d’une démarche à laquelle ils n’ont jamais souscrit.
« devons bien écouter celle-ci. »

La boucle du garot est bouclée. « Obey », commandait Big Brother. « Ecoutez », ordonne plus doucereusement Sabeg.
« En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l’empêche d’être fière de son pays. »
Comment cette frange des « jeunes », disons, ceux qui ont plus de deux heures de lucidité par jour entre la PS3, la défonce, le vol, le deal, les agressions racistes et le caillassage de flics, pourraient en effet d’être fiers d’une France qui rembourse inlassablement les édifices publics qu’ils vandalisent, saccagent, brûlent ; ordonne à ses policiers de ne plus les poursuivre quand ils fuient même à tricycle ; les relâchent de prison avant terme ; renie sa religion historique ; multiplie les lois qui transforment leur concitoyens – de terre et de sang, eux, pas seulement de papiers –  en criminels de la pensée potentiels ; fait tout y compris l’humiliation publique pour qu’ils se sentent si peu « négligés » ?
« Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l’ordre civique qui restent vains et incompris. »
Démonstration communautaire de maghrébins racistes contre chuintement de soupape de ceux qui se sont contentés du minimum syndical de l’indignation  – « Comme si l’on crachait sur la Marseillaise, vous vous rendez compte ? » Non. Personnellement, je ne me rends plus compte parce que cette frange désespérée de la jeunesse crache tant partout, par terre, sur le drapeau (quand elle ne le brûle pas en public comme à Toulouse), sur les gens et qu’un peu plus, un peu moins, sincèrement… – réunis dans un bel euphémisme de « crispations identitaires ».
C’est de la belle ouvrage, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises :
« Il ne faut pas s’étonner que la popularité d’Obama soit si forte ici : elle témoigne des aspirations de tous les enfants de la République, qui vivent par procuration une reconnaissance que la France ne leur donne pas. »
N’y eut-il pas cette virgule, je lui aurais accordé le bénéfice de la bêtise : il arrive même aux pires crapules – ce que ne saurait être ce monsieur – de parler avec leur cœur.
Cette virgule permet d’asseoir le mensonge à la forfaiture.
Mensonge. Comment peut-on encore décemment  évoquer un  déni de reconnaissance quand tout est fait, depuis le lavage de cerveau obligatoire perpétré dès la maternelle, pour que nous tolérions l’étranger sur notre propre sol au prix de la honte de soi et de l’effacement de notre mémoire collective ?
Forfaiture. Il n’y a pas d’autre mots pour qualifier la mainmise sur toute une Nation, fut-ce en tant que porte-voix auto-designé d’une minorité, dans le dessein de lui faire suivre une voie qui n’a jamais été la sienne.
Et en prime, flagrant délit de prise des lecteurs pour des abrutis : quand Le Monde fait état de sondages annonçant des élections virtuelles de Barrack Obama  par 93 % des Français, Sebeg sait pertinemment qu’il fait acte de propagande, pas de journalisme.
« Elle trahit aussi la mauvaise foi de ceux qui saluent la victoire de la modernité hors de nos frontières, pour tolérer ici le statu quo. »
Donnez trois mots à cet enfileur de perles payé à la tâche,  ils vous en tresse un pensum. Ses phrases font les délices du lexicologue et la migraine du lecteur lambda.
Passée au tamis, cette boue mentale nous avertit que les autres – ceux qui sont reconnaissants à la France, je suppose – sont ravis que l’Obama ait été élu.. ailleurs que chez eux. C’est sans doute possible, c’est surtout le signe que le travail a été mal fait puisque il existerait encore des refractaires.
On notera au passage que ce « statu quo » qui attise la hargne de Yazid Sabeg  s’appelle ailleurs « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de ne pas se laisser enquiquiner » ; et qu’en prime, la « tolérance » se voit d’un coup retirer toutes ses vertus
Faisons simple : l’objectif annoncé de ce manifeste est que nous en venions tous à souhaiter, de toute notre âme, un Obama chez nous.
« Pourtant, la société française est l’une des plus métissées du monde. »
Ici, je me tâte. Dois-je renvoyer à l’exemple enchanteur du Brésil, ou celui de l’Afrique du Sud black governed, et me passer de commentaire ? Rappeler que le sens premier de métissage est celui d’un croisement entre races différentes, synonyme d’abâtardissement et que, sur un plan démographique, la France en est, et peut-être même pour longtemps, encore loin ?  Ou apprendre à ce connard – vous me pardonnerez d’appeler les choses par leur nom – que le métissage du graillon de kebab et d’une daube provençale aura plus de rapport avec le parfum de sanitaires mal entretenus que toutes les combinaisons d’influences, choisies, savamment et patiemment entremêlées dans l’espace et le temps ?
« Mais quelle conception de l’homme faut-il se faire pour accepter que l’élite économique, politique, sociale y reste une chasse gardée ? »
Ça, c’est nouveau ! C’est je crois bien sans précédent – j’en parlais dimanche soir avec Michel Drac, il pourra vous le confirmer – cette méta démagogie des élites qui appellent à leur propre remplacement par ceux qui en sont historiquement, intellectuellement, socialement  – « naturellement »  dirais-je, c’est-à-dire pour de bonnes raisons – exclus. Il ne me semble pas qu’au plus hystérique de la Révolution Française, ses acteurs principaux aient demandé au peuple, j’entends autre chose qu’un concept abstrait mais bien sa réalité la plus plébéienne, les ploucs en somme, d’occuper réellement le pouvoir.
Ne nous leurrons pas. Yazid Sabeg à l’instar d’Attali qui ne réclamera pas l’euthanasie à son prochain anniversaire, ne veut en aucun cas se voir remplacé de son vivant, ni non plus ses successeurs désignés. Il veut tout bonnement que soit rendu impossible une quelconque possibilité de renouvellement desdites élites par la destruction de toutes les classes sociales, éduquées, en les enfouissant sous un brassage de population.
« Les pays qui réussissent à promouvoir l’égalité et la justice, ceux-là seuls auront leur place dans la mondialisation des hommes et des idées. Les autres sont condamnés à devenir des provinces de la démocratie, rétrogrades, décalées, hors du coup. Pour en sortir, nous avons besoin de politiques résolument volontaristes pour l’équité et la diversité. Il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour la faire advenir : c’est un processus de longue haleine et non pas spontané, que nous avons le devoir et l’intérêt d’engager. »
Méditez ce terrifiant programme d’assujettissement programmé des Nations et des peuples au nom d’un idéal. Son auteur nous annonce avec la froideur d’un rapporteur de l’ONU ou d’un haut fonctionnaire de la Commission Européenne que nous allons ingurgiter  de l’ « égalité » et de la « justice » par tous les pores de la peau jusqu’aux plus cachés synapses, quitte à ce que nous en crevions. Il est toujours risible de voire se répandre comme un prurit chez les bien-pensants, professionnels de l’anti-fascisme, le caractère éminemment totalitaire de leur projet dès lors qu’ils se mêlent de vouloir notre bien. A fortiori quand ils nous en exposent les modalités.
« Les Etats-Unis ont engagé en leur temps des actions positives qui ont fait émerger une classe moyenne noire qui a été l’antichambre de l’élite. Sans doute faut-il les adapter au contexte français. Mais nous en avons tant besoin ! »
Ce Monsieur ne semble pas savoir qu’il y avait une bourgeoisie noire qui vivait séparée, bien avant qu’on force les Universités à accueillir des Noirs qui ont fini par faire la démonstration qu’ils étaient plus enclins aux Black Studies ou au sport qu’à la physique quantique. Mais, quitte à comparer des sociétés qui n’ont rien de commun, pourquoi on ne chercherait-on pas plutôt à copier la Grande-Bretagne avec qui nous avons historiquement plus de liens et calquer leur système scolaire plus élitiste encore que le nôtre, tant qu’à faire ? Je vous laisse multiplier les exemples.
Au pire, parmi celles qui aspirent à conserver la distinction d’être devenues Françaises, nous avons seulement besoin de personnes capables. C’est-à-dire prêtes, désireuses et en mesure de faire la preuve par elles-mêmes de leurs mérites et de leur vertu. À la force de leur poignet et de leur intelligence, donc, comme cela a toujours été le cas.
«  La France est fatiguée des médiateurs, des organismes aux dénominations tonitruantes, des actes symboliques et des déclarations formelles. »
Sincèrement, je me suis demandé en lisant ces lignes, s’il n’était pas simplement en train de monter un hénaurme canular.
« Avec l’arrivée d’Obama, on ne pourra plus faire très longtemps le coup de la diversité ennemie du mérite, ni justifier l’injustice par le principe d’égalité. »
Il est rétrospectivement surprenant que lors de l’élection de « W » Bush  dont le côté côté neu-neu – « différent » en terme pudique de bonne famille – avait nourri tant d’éditoriaux, l’on ne soit pas venu nous demander de signer des tribunes pour la promotion des mongoliens, ni du reste améliorer quoi que ce soit à leur prise en charge.
« Nous, acteurs de la vie publique, Français et Françaises de bonne volonté, soucieux de la promesse démocratique de notre pays, désireux de restaurer une conscience civique authentique, demandons la mise en œuvre effective d’un programme minimal pour l’égalité réelle: »
Ce qui se présente comme un préambule de Constitution rédigée en songeant à la place qu’elle prendra dans les livres d’histoire, est beau comme une mise au pas totalitaire.
Cela débute par des mots dont un bordel de Kinshasa ne voudrait plus tellement ils ont été vidés de leur substance, et se termine logiquement par la promesse enthousiaste de faire table rase de ce que nous sommes encore, d’un systématisme que n’auraient pas renié les poètes du Kampuchea démocratique.
«     * Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations.
* Systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires.
* Promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement.
* Inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat.
* Limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique.
* Soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité . »

Combattre… systématiser… promouvoir… limiter… forcer… soumettre… organiser…
Vœux pieux et grand principes généreux diront les derniers naïfs, tels des poulets rivés par les pattes sur la chaîne avant la décapiteuse.
Soyons magnanimes envers ceux-ci : faisons-leur lire ces lignes en remplaçant simplement les propositions avancées par « discrimination positive d’une élite de souche française » et s’ils se récrient demandons-leur simplement : pourquoi ?
Ceux qui marqueront un temps d’arrêt pour réfléchir seront sauvables, les autres qui avanceront une explication toute prête se seront condamnés eux-mêmes.
Nous autres, Français, et c’est un Français qui vous parle, savons désormais ce qui nous attend. Il n’appartient qu’à nous de nous y opposer.

PS. Dans le même numéro, André Kaspi préconise, dans son rapport à paraître, de faire le ménage dans les commémorations. Comprendre : les garder toutes in fine, quitte à mettre les plus farfelues sous cloche, déclenchant la polémique des gardiens de la repentance. Un bon cru, décidément.
http://www.lejdd.fr

Morts pour un conglomérat

janvier 7, 2010

« La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble.

Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. »

Eric Besson, ci-devant Ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale du Conglomérat National, dans des propos tenus à la Cité des 4000, équivalent dans son esprit a ce qu’a été Villers-Cotterêt pour François Ier.

Illustration volée sans son autorisation à Waterman, chez Desouche.

Une altercation banale

décembre 16, 2009

Mortellement blessé par un «tir de chevrotine de calibre 12», le jeune Amar, inconnu des services de police, est décédé dimanche après-midi lors de son transfert à l’hôpital. Un deuxième adolescent de 17 ans, a été blessé à la cuisse et a pu quitter l’hôpital dimanche soir.

Selon les premiers éléments de l’enquête, confiée à la brigade criminelle de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Rhône, «trois à cinq individus encagoulés» et «armés de deux armes longues», une «carabine» et une «arme 7,62 mm de type fusil mitrailleur», ont ouvert le feu dimanche vers 17h30 sur un groupe de jeunes, dans le 8e arrondissement de Lyon.

[…]

Quatorze impacts de balles ont été retrouvés par les enquêteurs, principalement sur les vitrines d’un bureau de tabac et d’un commerce d’alimentation.

[…]

«Il s’agit d’une altercation banale, pour un motif futile, entre jeunes de quartiers différents», a précisé le parquet de Lyon, qui a exclu une «histoire de guerre entre bandes rivales».

Source : Le journal de Mickey Le Figaro