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« Nous autres, Français » sic

février 9, 2010

[Le débat sur l’identité nationale touchant à sa fin, j’y apporte ma modeste pierre en ressortant un vieil article rédigé pour scriptoblog il y a plus d’un an. Nonobstant ma flemme éditoriale, l’avenir m’a donné raison quant au creux de mon nez sur ce personnage subitement sorti de l’ombre et qui s’accroche à la lumière politico-médiatique et le caractère néfaste et méphitique de son projet.]

* * *

Dimanche 9 novembre 2008, dans le Journal du même nom, un manifeste rédigé par Yazid Sabeg et signé par moult « intellectuels » et politiques appelait à reproduire en France les conditions supposées favorables à l’élection de Barrack Hussein Obama. Manifeste qui a défrayé la chronique…
Devoir de réserve oblige, la première, deuxième, troisième épouse de l’agité Hongrois de Salonique a longuement commenté dans une entrevue signée Claude Askolovitch alias, le rois des mauvais coups, son regret de ne pas pouvoir le signer. Ses propos mériteraient un article à part entière mais j’ai choisi de m’attarder sur l’article de Sabeg qui, en sa qualité de néo-Français idéal, né en Algérie, inconnu du grand public, mais proche des cercles du pouvoir, nous expose sans vergogne son projet de remise au pas du pays entier. Si l’on excepte une syntaxe fleurie, la clarté des objectifs tournés dans une langue de bois de la plus belle essence en fait  un cas d’école.
 » La République doit relever le défi américain », par Yazid Sabeg
« L’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir. »

Oublions l’embouteillage mental qui structure la phrase. Ce qu’il faut retenir c’est que les Américains ne sont pas racistes puisqu’ils ont élu un homme « qui se trouve être Noir ». Un peu comme s’il ne l’avait pas fait exprès et qu’il l’avait été à l’insu de son plein gré. Ou mieux, si cet état qu’on avait voulu taire avait fini par se savoir en cours de campagne, une sorte de coming out : « Ladies and Gentlemen, I must confess that I’m Black ».  C’est pas grave, lui ont répondu les Ricains, on n’est pas racistes. Pas comme ces obscurantistes de Français qui avaient bien un Togolais député-Maire de Bretagne, mais infoutu de faire élire un Président des Zuhèsses. Noir ou pas, d’ailleurs.
« L’Amérique a confirmé la validité d’un modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité. »
L’Amérique élirait un unijambiste aveugle si le système trouvait judicieux de le faire. Cela étant, on ne voit pas comment un fait sans précédent puisse confirmer la validité d’un modèle qui a priori ne le permettait pas. En revanche, on a bien compris, selon cette logique de Shadock trois points, que si Mc Cain  – en définitive celui qui cumulait pourtant le plus d’handicaps : vieux, fatigué, aussi charismatique qu’une assiette d’asperge, du même parti que le Président sortant honni et entiché d’un co-listtier certes très sexy, femme de surcroît, mais objectivement à la limite de la foldingue –  avait été élu, le « modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité » ® en aurait pris un coup.
« Quelle leçon! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, devons bien écouter celle-ci. »
Ce n’est que le début, mais c’est une phrase à encadrer : elle résume toute la lettre et l’esprit de ce discours, jusque dans la forme impérative ; ce qui suit n’en sera qu’une boursouflure assenée tout du long. Chaque mot vaut son pesant de rapports de la HALDE.
« Quelle leçon »

Point d’exclamation. C’est le chœur des vierges prenant le public à témoin, du haut de son autorité. On se tait et on écoute.
« Nous autres, Français  »

Là, c’est un petit chef d’œuvre de pillage de tombe, d’autant plus impudent qu’il se drape dans un solennel trop grand pour lui.
Je préfère ne pas songer à ce qu’aurait pu penser Georges Bernanos devant ses propres mots exhumés clandestinement par un monsieur qui se permet d’amalgamer à son humble personne de naturalisé, l’ensemble germenique des citoyens d’un pays. Par déformation mentale, j’ai tendance à regarder sous le tapis dès qu’on s’approprie des citations. Je n’ai pas davantage été surpris de découvrir qu’avant lui, c’est Jean Daniel, grand patriote Français devant l’Eternel, qui avait commis cet emprunt libre de droit à Bernanos. Au rayon de ceux qui ne manquent pas d’air, Sebeg fait carrément de l’aérophagie.
« qui revendiquons notre universalisme »

Il n’y a que les tenants du nouvel ordre mondial – que ce soit dans leur ensemble ou leurs franchises francs-maçonnes, messianistes ou libérales – qui osent revendiquer une telle chose. Les Français s’en moquent.  Ils ne revendiquent rien sinon le pastis et le pot-au-feu, voire, s’ils sont en verve, cette combinaison unique d’art de vivre, de sédimentation régionales, de gastronomie, de paysages, d’art, de littérature, d’ingénierie, de sciences, de bravoure, de reliquats païens, de foi catholique, d’histoire, agrémentés d’un goût pour la castagne d’idées à tout propos, qu’on nomme la culture française et qui réveille encore quelques échos chez les générations du monde entier nées avant 1970.
« pour faire pièce à cette diversité,  »

Exemple typique d’inversion accusatoire. C’est précisément à l’homogénéité des Français – relative, certes… – que veut s’en prendre Sabeg et qui, pour ce faire,   les accuse à coups de sophisme de ne pas être assez zélés dans l’application d’une démarche à laquelle ils n’ont jamais souscrit.
« devons bien écouter celle-ci. »

La boucle du garot est bouclée. « Obey », commandait Big Brother. « Ecoutez », ordonne plus doucereusement Sabeg.
« En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l’empêche d’être fière de son pays. »
Comment cette frange des « jeunes », disons, ceux qui ont plus de deux heures de lucidité par jour entre la PS3, la défonce, le vol, le deal, les agressions racistes et le caillassage de flics, pourraient en effet d’être fiers d’une France qui rembourse inlassablement les édifices publics qu’ils vandalisent, saccagent, brûlent ; ordonne à ses policiers de ne plus les poursuivre quand ils fuient même à tricycle ; les relâchent de prison avant terme ; renie sa religion historique ; multiplie les lois qui transforment leur concitoyens – de terre et de sang, eux, pas seulement de papiers –  en criminels de la pensée potentiels ; fait tout y compris l’humiliation publique pour qu’ils se sentent si peu « négligés » ?
« Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l’ordre civique qui restent vains et incompris. »
Démonstration communautaire de maghrébins racistes contre chuintement de soupape de ceux qui se sont contentés du minimum syndical de l’indignation  – « Comme si l’on crachait sur la Marseillaise, vous vous rendez compte ? » Non. Personnellement, je ne me rends plus compte parce que cette frange désespérée de la jeunesse crache tant partout, par terre, sur le drapeau (quand elle ne le brûle pas en public comme à Toulouse), sur les gens et qu’un peu plus, un peu moins, sincèrement… – réunis dans un bel euphémisme de « crispations identitaires ».
C’est de la belle ouvrage, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises :
« Il ne faut pas s’étonner que la popularité d’Obama soit si forte ici : elle témoigne des aspirations de tous les enfants de la République, qui vivent par procuration une reconnaissance que la France ne leur donne pas. »
N’y eut-il pas cette virgule, je lui aurais accordé le bénéfice de la bêtise : il arrive même aux pires crapules – ce que ne saurait être ce monsieur – de parler avec leur cœur.
Cette virgule permet d’asseoir le mensonge à la forfaiture.
Mensonge. Comment peut-on encore décemment  évoquer un  déni de reconnaissance quand tout est fait, depuis le lavage de cerveau obligatoire perpétré dès la maternelle, pour que nous tolérions l’étranger sur notre propre sol au prix de la honte de soi et de l’effacement de notre mémoire collective ?
Forfaiture. Il n’y a pas d’autre mots pour qualifier la mainmise sur toute une Nation, fut-ce en tant que porte-voix auto-designé d’une minorité, dans le dessein de lui faire suivre une voie qui n’a jamais été la sienne.
Et en prime, flagrant délit de prise des lecteurs pour des abrutis : quand Le Monde fait état de sondages annonçant des élections virtuelles de Barrack Obama  par 93 % des Français, Sebeg sait pertinemment qu’il fait acte de propagande, pas de journalisme.
« Elle trahit aussi la mauvaise foi de ceux qui saluent la victoire de la modernité hors de nos frontières, pour tolérer ici le statu quo. »
Donnez trois mots à cet enfileur de perles payé à la tâche,  ils vous en tresse un pensum. Ses phrases font les délices du lexicologue et la migraine du lecteur lambda.
Passée au tamis, cette boue mentale nous avertit que les autres – ceux qui sont reconnaissants à la France, je suppose – sont ravis que l’Obama ait été élu.. ailleurs que chez eux. C’est sans doute possible, c’est surtout le signe que le travail a été mal fait puisque il existerait encore des refractaires.
On notera au passage que ce « statu quo » qui attise la hargne de Yazid Sabeg  s’appelle ailleurs « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de ne pas se laisser enquiquiner » ; et qu’en prime, la « tolérance » se voit d’un coup retirer toutes ses vertus
Faisons simple : l’objectif annoncé de ce manifeste est que nous en venions tous à souhaiter, de toute notre âme, un Obama chez nous.
« Pourtant, la société française est l’une des plus métissées du monde. »
Ici, je me tâte. Dois-je renvoyer à l’exemple enchanteur du Brésil, ou celui de l’Afrique du Sud black governed, et me passer de commentaire ? Rappeler que le sens premier de métissage est celui d’un croisement entre races différentes, synonyme d’abâtardissement et que, sur un plan démographique, la France en est, et peut-être même pour longtemps, encore loin ?  Ou apprendre à ce connard – vous me pardonnerez d’appeler les choses par leur nom – que le métissage du graillon de kebab et d’une daube provençale aura plus de rapport avec le parfum de sanitaires mal entretenus que toutes les combinaisons d’influences, choisies, savamment et patiemment entremêlées dans l’espace et le temps ?
« Mais quelle conception de l’homme faut-il se faire pour accepter que l’élite économique, politique, sociale y reste une chasse gardée ? »
Ça, c’est nouveau ! C’est je crois bien sans précédent – j’en parlais dimanche soir avec Michel Drac, il pourra vous le confirmer – cette méta démagogie des élites qui appellent à leur propre remplacement par ceux qui en sont historiquement, intellectuellement, socialement  – « naturellement »  dirais-je, c’est-à-dire pour de bonnes raisons – exclus. Il ne me semble pas qu’au plus hystérique de la Révolution Française, ses acteurs principaux aient demandé au peuple, j’entends autre chose qu’un concept abstrait mais bien sa réalité la plus plébéienne, les ploucs en somme, d’occuper réellement le pouvoir.
Ne nous leurrons pas. Yazid Sabeg à l’instar d’Attali qui ne réclamera pas l’euthanasie à son prochain anniversaire, ne veut en aucun cas se voir remplacé de son vivant, ni non plus ses successeurs désignés. Il veut tout bonnement que soit rendu impossible une quelconque possibilité de renouvellement desdites élites par la destruction de toutes les classes sociales, éduquées, en les enfouissant sous un brassage de population.
« Les pays qui réussissent à promouvoir l’égalité et la justice, ceux-là seuls auront leur place dans la mondialisation des hommes et des idées. Les autres sont condamnés à devenir des provinces de la démocratie, rétrogrades, décalées, hors du coup. Pour en sortir, nous avons besoin de politiques résolument volontaristes pour l’équité et la diversité. Il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour la faire advenir : c’est un processus de longue haleine et non pas spontané, que nous avons le devoir et l’intérêt d’engager. »
Méditez ce terrifiant programme d’assujettissement programmé des Nations et des peuples au nom d’un idéal. Son auteur nous annonce avec la froideur d’un rapporteur de l’ONU ou d’un haut fonctionnaire de la Commission Européenne que nous allons ingurgiter  de l’ « égalité » et de la « justice » par tous les pores de la peau jusqu’aux plus cachés synapses, quitte à ce que nous en crevions. Il est toujours risible de voire se répandre comme un prurit chez les bien-pensants, professionnels de l’anti-fascisme, le caractère éminemment totalitaire de leur projet dès lors qu’ils se mêlent de vouloir notre bien. A fortiori quand ils nous en exposent les modalités.
« Les Etats-Unis ont engagé en leur temps des actions positives qui ont fait émerger une classe moyenne noire qui a été l’antichambre de l’élite. Sans doute faut-il les adapter au contexte français. Mais nous en avons tant besoin ! »
Ce Monsieur ne semble pas savoir qu’il y avait une bourgeoisie noire qui vivait séparée, bien avant qu’on force les Universités à accueillir des Noirs qui ont fini par faire la démonstration qu’ils étaient plus enclins aux Black Studies ou au sport qu’à la physique quantique. Mais, quitte à comparer des sociétés qui n’ont rien de commun, pourquoi on ne chercherait-on pas plutôt à copier la Grande-Bretagne avec qui nous avons historiquement plus de liens et calquer leur système scolaire plus élitiste encore que le nôtre, tant qu’à faire ? Je vous laisse multiplier les exemples.
Au pire, parmi celles qui aspirent à conserver la distinction d’être devenues Françaises, nous avons seulement besoin de personnes capables. C’est-à-dire prêtes, désireuses et en mesure de faire la preuve par elles-mêmes de leurs mérites et de leur vertu. À la force de leur poignet et de leur intelligence, donc, comme cela a toujours été le cas.
«  La France est fatiguée des médiateurs, des organismes aux dénominations tonitruantes, des actes symboliques et des déclarations formelles. »
Sincèrement, je me suis demandé en lisant ces lignes, s’il n’était pas simplement en train de monter un hénaurme canular.
« Avec l’arrivée d’Obama, on ne pourra plus faire très longtemps le coup de la diversité ennemie du mérite, ni justifier l’injustice par le principe d’égalité. »
Il est rétrospectivement surprenant que lors de l’élection de « W » Bush  dont le côté côté neu-neu – « différent » en terme pudique de bonne famille – avait nourri tant d’éditoriaux, l’on ne soit pas venu nous demander de signer des tribunes pour la promotion des mongoliens, ni du reste améliorer quoi que ce soit à leur prise en charge.
« Nous, acteurs de la vie publique, Français et Françaises de bonne volonté, soucieux de la promesse démocratique de notre pays, désireux de restaurer une conscience civique authentique, demandons la mise en œuvre effective d’un programme minimal pour l’égalité réelle: »
Ce qui se présente comme un préambule de Constitution rédigée en songeant à la place qu’elle prendra dans les livres d’histoire, est beau comme une mise au pas totalitaire.
Cela débute par des mots dont un bordel de Kinshasa ne voudrait plus tellement ils ont été vidés de leur substance, et se termine logiquement par la promesse enthousiaste de faire table rase de ce que nous sommes encore, d’un systématisme que n’auraient pas renié les poètes du Kampuchea démocratique.
«     * Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations.
* Systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires.
* Promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement.
* Inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat.
* Limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique.
* Soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité . »

Combattre… systématiser… promouvoir… limiter… forcer… soumettre… organiser…
Vœux pieux et grand principes généreux diront les derniers naïfs, tels des poulets rivés par les pattes sur la chaîne avant la décapiteuse.
Soyons magnanimes envers ceux-ci : faisons-leur lire ces lignes en remplaçant simplement les propositions avancées par « discrimination positive d’une élite de souche française » et s’ils se récrient demandons-leur simplement : pourquoi ?
Ceux qui marqueront un temps d’arrêt pour réfléchir seront sauvables, les autres qui avanceront une explication toute prête se seront condamnés eux-mêmes.
Nous autres, Français, et c’est un Français qui vous parle, savons désormais ce qui nous attend. Il n’appartient qu’à nous de nous y opposer.

PS. Dans le même numéro, André Kaspi préconise, dans son rapport à paraître, de faire le ménage dans les commémorations. Comprendre : les garder toutes in fine, quitte à mettre les plus farfelues sous cloche, déclenchant la polémique des gardiens de la repentance. Un bon cru, décidément.
http://www.lejdd.fr

La liste nwâre

septembre 25, 2009

M. Patrick Lozès, président, porte-parole, trésorier et membre principal du CRAN – qu’il ne faudrait pas confondre avec un version en couleur et non-confessionnelle du CRIF – est un monsieur sérieux qui poursuit un combat non moins respectable. Témoin, l’ardeur mise à poursuivre sa tâche qui le contraint à scruter * étudier à la loupe des illustrés pour en extirper tel un point noir comédon les immondices racistes envers ses frères en mélamine.

Prenant mon courage citoyen à deux mains, j’ai mollement et sans effort particulier recensé un petit nombre d’exemples à son attention dans lesquels notre ancêtre à tous a été représenté sous des traits qui le rendent impossible à confondre avec Harry Roselmack. On notera cette vision d’un continent systématiquement dépeint comme légèrement moins développé que Shanghai en 2009…

Qu’il en fasse bon usage – la plupart des auteurs étant morts, il saura j’en suis sûr, retrouver la trace des ayants-droits qui vivent des revenus de leurs méfaits.

[Cette liste sera complétée au gré de mes trouvailles, ou des vôtres.]

On ne présente plus cet ex-Rexiste de sinistre mémoire

missié tintin

Son concurrent Spirou n’était pas en reste

tembo tabou

« Péchés de jeunesse », la collection bien nommée

jijé nègre blanc

« Nos ancêtres les Gaulois » dans toute leur blonde splendeur

yambo "taranis"

Les rêves de Winsor Mc Kay, cauchemars de l’amateur de mafé au manioc

little_nemo

Yves Chaland, réactionnaire passéiste ayant eu le bon goût de ne pas s’éterniser

chaland001

Mélanésiens certes, mais le ‘N’ de CRAN n’a jamais signifié euh… numide, si ?

mandrake

Une parodie du précédent signée Bill Elder, avec un « der » comme dans « Der Stürmer »

mad001

Guère étonnantes, en vérité, ces aventures dessinées par Marcel Jeanjean

Cadet  Cadette Afrique

Un fantôme aux curieux fantasmes

phantom-large

Plus facile de parler du rythme dans la peau que de lister les innombrables inventions noires, messieurs Morris et Goscinny ?..

lucky luke mississippi

 

Pour Bécassine, la bien-nommée, il n’y a pas bon Banania

 

Chez Rockwell, le white boy ne daigne pas lever les yeux

rockwell002

Jamais en retard d’une horreur à dessiner, Reiser n’hésitait pas à écrire  « un nègre »…

reiser001

Et ça vous fait ‘i’e ?

baba

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* « Scruter » n’est plus un verbe acceptable depuis que Pierre Péchin en a tiré, à la 42e seconde, l’une des répliques d’un sketch qui aurait du rester oublié des mémoires si le ouaibe n’était devenu ce réceptacle à ordures sur l’usage duquel il va bien falloir finir par légiférer un peu sérieusement au nom de la liberté.

Ochouitsse : un banal accident de la route

février 11, 2009

Non, ce n’est pas moi qui le prétend, ni un quelconque prélat traditionaliste dont on aurait ressorti une coupe au montage, gardée pour la bonne bouche, non, c’est seulement l’avocat d’une vieille dame qui se réveille soixante-cinq ans après et réclame plein de sous pour la déportation de son père.

« On demande simplement à être traité comme n’importe quel citoyen, victime de l’amiante ou d’un accident de la circulation, quand on subit un préjudice on demande à ce qu’il soit réparé », a poursuivi l’avocat…

Époque farce qui traîne d’une main au tribunal et si possible en prison quiconque avancerait l’hypothèse que les déportés seraient morts ailleurs et autrement que dans des chambres  à gaz, mais permet au détour d’une plaidoirie pour la bonne cause de ramener cela au rang d’un accident de vélib’.

C’est à se demander si Harendt ne s’était pas trompée de cible en théorisant sur la « banalité » du mal.

En tout cas, parti comme on l’est, les révisionnistes auront beau jeu d’arguer qu’ils ne font que remettre en question un constat automobile.

PS.

Oui, ça fait deux posts en en une semaine sur le même sujet, traités différemment, mais étant d’une génération pour qui cet épisode ne faisait pas encore partie des humanités obligatoires en maternelle mais constituait un élément de la jeunesse de nos parents au même titre qu’Hiroshima et Nagasaki, le 6 juin, la bataille du Vercors ou le Pont de la Rivière Kwai, donc du monde qui nous a immédiatement précédé, je ne cesse de m’épater de l’usage excessivement désinvolte que peuvent en faire ses gardiens attitrés.

C’est le problème général des franchises : Mc Do ou Louvre, dès qu’il y a de l’agent en jeu, on est tout de suite moins regardant…

Un sac de billes, la pelle, le seau et tout le landau

février 22, 2008

Addendum au billet d’avant-hier

Quand j’avais suggéré à l’Etat un moyen de mutiler les consciences façon bonsaï, en les prenant en main dès la maternelle, j’en étais resté à cette annonce selon laquelle, à l’âge où nous essuyions les plâtres des maths modernes, nos enfants se coltineront la liste de Schindler. Je pensais, en faisant preuve d’une exagération de bon aloi, avoir atteint les limites de l’entreprise.

En fait non. J’étais en deçà. Il faut les prendre au berceau.

Il y a un square, dans le nord de Paris qui s’étend sur trois niveau en terrasses à cause d’un surplomb entre deux des rues qui l’encadrent. C’est un square de construction récente, de belle superficie pour le quartier, avec plusieurs aires de jeux : agrès pour les minots, araignée de cordage pour les plus alpinistes, tables de tennis du même nom, balançoires en pneus et un terrain de foot grillagé pour les djeunes. Il y a même un bassin d’eau trouble alimenté par une cascade qui se prolonge en canal au dessus duquel sautent les plus téméraires et tombent les moins dégourdis.

À l’entrée de ce square sans histoire – avec un petit comme un grand « h » – juste au croisement des allées, ce qui fait qu’on ne peut pas le manquer où qu’on aille, on a planté ces jours-ci un panneau. Un panneau de dimension surprenante ; du genre de celle qu’on ne voit jamais nulle part, sauf dans les westerns, à l’entrée des villes, ou dans les films de guerre pour avertir d’un champ de mines.

En substance, ce panneau visible par un aveugle déplore que sous l’Occupation, les parcs et jardins étant « interdits aux chiens et aux Juifs » , les enfants déportés, en particulier les tous petits, n’auraient de toutes les façons même pas eu le loisir d’y jouer.

Comme d’autre part ces petits enfants étaient trop jeunes pour être scolarisés et, de ce fait, figurer soixante ans plus tard sur les plaques commémoratives des écoles – plaques qui, bonne pâte, n’hésitent pas à accueillir en leur sein les inscriptions d’anciens élèves, voire, dans certains cas, d’enfants « habitant le quartier » – il fallait à tout prix combler cette brèche injuste dans le devoir de mémoire laïc et obligatoire.

Ainsi fut fait : grâce au concours d’une assoce subventionnée par la Mairie, on vient enfin d’ériger une stèle qui a la forme d’un monolithe de verre, avec des noms surmontés de deux mains de bébés gravées à la mode des faire-parts de naissance pour parents qui manquent d’imagination et de goût, tellement immonde que si j’étais de la famille, je leur ferais un procès pour outrage.

Des esprits chagrins et pointilleux feront remarquer qu’un tel monument doublé d’un rappel pédagogique rédigé à la truelle n’a peut-être pas tout à fait sa place, ni la légitimité d’être, dans un jardin public qui n’existait même pas, à l’époque. Ce serait faire injure à la mission formatrice, éducative – ludique, pourquoi pas ? – en un mot : gratifiante, de l’enseignement mémoriel appliqué à tous les âges de la vie. Si possible, dès le plus jeune.

A la rigueur, les petites têtes blondes promenées par leur nounou ivoiriennes et les petites têtes brunes accompagnées de leur grand-mère fraîchement arrivées du bled, parviendront-elles à passer entre les gouttes, mais elles ne perdent rien pour attendre. Pour ce qui me concerne, mes enfants n’ont ni l’une, ni l’autre.

Le mot d’obscénité ayant été lâché par des voix plus autorisées et médiatiques que la mienne, je me contenterai d’ajouter que lorsque le viol des consciences va jusqu’à faire chier des mômes et leurs parents dans un square, toujours et uniquement dans le même sens, j’appelle cela de la pédophilie mémorielle.

PS.

S’il leur reste un peu de sous, je leur propose d’apposer un peu partout, devant les tabacs, les cinémas, les commerces, les marchands de journaux etc. des plaques rappelant qu’untel ne pourra plus jamais faire ses courses ici, ni s’en jeter un, ni voir un film, ni acheter son pain. Je leur fait même cadeau de l’argumentaire : une manière de renouer avec l’esprit de ces panneaux historiques et désuets qu’on trouve encore parfois en province et qui rappellent qu’ici, Napoléon a pissé contre un arbre en revenant de l’île d’Elbe.

S’il te plaît, dessine-moi un déporté

février 19, 2008

Notre président bien-aimé a eu l’idée lumineuse, généreuse et surtout pas repentatoire de sommer les élèves de Septième – oui, je suis un vieux schnoque qui s’assume… – à endosser le souvenir de chacun des petits enfants juifs déportés depuis la Vrounze.

A l’heure où j’écris, on s’orienterait vers une application plus collective de l’opération de parrainage, à l’échelle d’une classe. D’ici à ce qu’on rebaptise des collèges… À mon avis, parti comme ça l’est, même les collèges franchisés Anne Frank ont du soucis à se faire parce qu’il y a des cas où la préférence nationale cesse d’être un gros mot pour devenir une grande cause prioritaire.

L’essentiel ayant été dit sur la pertinence, le bien-fondé et les bienfaits à attendre de cette décision – je renvoie à toutes fins utiles les lecteurs aux articles de MM. Nicolas von ILYS et Le bal des Dégueulasses – je m’interroge encore.

Passons pudiquement sur le dilemme schyzophrénique de la résolution de la quadrature morale du cercle vertueux que posera à des enfants perfusés à l’antiracisme depuis qu’ils sont en âge de dire « Bonjour maîtresse » la distinction entre les victimes, et posons-nous les bonnes questions.

Pourquoi le CM2 ? * En effet, pourquoi si tard ? Pourquoi pas dès le CP – ou Onzième… – par le biais de dictées tirée des listes de noms de famille ce qui, au passage, permettra de démontrer l’inanité de la méthode globale ?

Ou, mieux encore, dès la maternelle pour que, avant même qu’ils ne sachent lire et écrire, nos tiots nenfants qui croient encore au Père-Noël soient bien imprégnés de l’idée de mort, de souffrances, de cruauté et surtout, surtout, de culpabilité collective, au travers d’exemples ô combien représentatifs de leur propre vécu et certainement pas sélectifs ni abstraits tant leur compréhension des tenants et aboutissants de la Deuxième Géhèmme, sans parler de sa seule réalité historique mentale, est innée ?

Entre nous soit dit, c’est quand même une plus belle manière de s’ouvrir à l’autre en apprenant par cœur des noms imprononçables et des destins qui ne leur parlent pas, plutôt que d’écouter leur grand-père gâteux raconter, quand il a l’œil vague, les souvenirs familiaux de ce que lui avait vécu de la guerre. Les vieux, ça enjolive tout : la preuve, il ne serait pas là pour le dire, si cela avait été si dur. Quant aux histoires de Résistance, on sait bien ce qu’elles valent : ce ne sont quand même pas eux qui ont tué Hitler.

Ne leur encombrons pas l’esprit avec de notions compliquées ou des mots obsolètes comme exode, rutabagas, rationnement, maquis, prisonniers, queues, patrouilles, STO, rafle, Milice, Pétain, De Gaulle, Londres, Bir-Hakeim, Vercors, héroïsme, courage, peur, etc. Ils sont encore petits et auront toute la vie pour apprendre.

Restons simples : lâcheté, collaboration, étoile jaune, Police Française, Ochouitsse.

Et puis cela leur offrirait l’occasion de se perfectionner dans l’exercice imposé du bonhomme en y adjoignant de la couleur et de l’émotion. Et de meubler leur univers intérieur.

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Enfin, je laisse le dernier mot à l’une de mes connaissances qui n’est pas plus concernée que vous et moi. Si, un peu plus quand même, dans ce sens où si nous avions eu l’âge requis à l’époque, il aurait eu plus de chance que moi de prendre le train gare de l’Est avec un aller simple, ou alors il m’aurait fallu partager d’urgence ma chambre avec lui, ce qui ne m’aurait pas emballé outre mesure parce qu’il peut être prompt à se montrer pénible n’est pas toujours d’un commerce facile et qu’il aurait passé le reste de l’Occupation à m’expliquer que c’est aussi très difficile pour lui, voire plus, que c’est la guerre, tout cela… En plus, on ne partage pas les mêmes goûts musicaux.

Quand t’es vivant, on te fait chier ; quand t’es mort … on te fout pas plus la paix.

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(*) Deux neurones en éveil me tirent par la manche : en quel classe est le petit dernier – en date – de son altesse le prince de DisneylandParis ?