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Le pays qui n’existait pas

décembre 23, 2010

Il est significatif de la dichotomie entre l’être et le fantasmé que, bien que présent dans la bande-annonce, ce morceau ne figure pas dans « Black Hawk Down ».

De toute façon, la Somalie, c’est les Wampas et Edith Piaf sur un air de Céline et de James Crumley.

Comprenne qui pourra.

Summer time – on the road again

août 19, 2008

Liste à jouer de groupes de filles. C’est venu comme ça. Le temps s’y prêtait, la perspective de faire de la route aussi.

Le Camp des Siens

juin 6, 2008

Ou : A country for old men. Oui, « a ». Si cela avait été « no », il n’y aurait pas eu d’histoire. Pas la même, en tout cas.

Ceci n’est qu’un exercice de style de plus, un « à la manière de » – l’intéressé se reconnaîtra – qui, comme les jeux de rôles en tous genres, laisse inévitablement transparaître des travers, obsessions ou désirs personnels. Le paradoxe du comédien, même dans le cadre d’un jeu littéraire, est qu’il ne cesse jamais d’être lui-même. Peu importe la part de bagages intimes que j’y ai mis, le fait est qu’entre survivre, subir ou disparaître, l’option plateau des Glières à la sauce french redneck constituera une opportunité tout à fait valable.

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Mes amis,

Je vous écris depuis un cyber café en périphérie de la ville, les miens m’attendent dans le break.

C’est décidé, ma famille et moi nous partons. Loin. J’ai préparé mon coup tranquillou depuis un an. Je peux vous le dire : je n’avais pas de problème informatique, j’avais imposé à ma famille un stage de survie en milieu hostile : pas d’électricité, tous à à la lampe à huile, et obligation de se nourrir des fruits et légumes cultivés sur le balcon. Au revoir les cochons d’Inde (cuisinés en civet, c’est pas dégueu, mais faut pas espérer inviter tout l’immeuble) maintenant, on élève des lapins. Et des poules. Des voisins ont tenté de faire signer une pétition : je suis allé voir la concierge, à poil, hirsute, avec le torche-cul sur lequel ils avaient griffonné leurs patronymes de jean-foutre en lui faisant remarquer qu’avec les charges qu’on payait, ce n’était pas pour qu’elle laisse traîner du papier toilette sale dans le hall de l’immeuble. Depuis je n’ai plus de nouvelles.

La clef du tableau électrique dans une poche, la game boy du petit dans l‘autre pour commencer le sevrage, je suis parti faire mes repérages avec deux anciennes relations. Un ancien de l’Indo passé entre les mains de Boudarel à qui on ne la fait plus, et un rebouteux marchand de disques, un peu sourcier sur les bords.

Après avoir sillonné la moitié de la France, j’ai fini par découvrir mon Xanadu.

Une station météo désaffectée dans le *** , près du village de ***. Si on peut appeler « près » 80 bornes. Il y a une ancienne bergerie pas loin. J’ai récupéré le tout et mille hectares de terrain pour une bouchée de pain. Les gars de la Mairie croyaient que ça avait été rasé depuis les années soixante ; ils ne retrouvaient plus les papiers du cadastre. L’ensemble a vécu mais les murs sont sains et les fondations solides. Le temps de retaper les toitures, d’installer le système de chauffage de l’eau et de production de gaz par compost selon la méthode Jean Pain (c’est pas les boug*** qui auraient trouvé ça : pas cher, intelligent, efficace ; de toute manière, c’est ardu de faire du compost de branches broyées dans une région où les arbres n’existent que sous forme de papier relié en Coran ; faut pas trop leur en demander), de labourer quelques hectares pour les patates, les petit pois, les carottes, le potimaron, de faire venir des chèvres, des brebis, des poules, des lapins, des canards, des oies, un couple de dindons, deux poneys, une girafe récupéré à un propriétaire de zoo en faillite qui la cédait au plus offrant, quelques bricoles venant des arsenaux serbes et j’étais fin prêt . En rentrant chez moi après six mois d’absence, j’ai été braqué au couteau à pain par mon aîné. Le manque de lumière et une légère sous-alimentation avaient aiguisé leurs réflexes de défense. C’est de bon augure !

Depuis, j’attendais le moment opportun. La 807e panne ou piratage de Desouche a été un signe limpide : tout à l’heure, j’ai réveillé tout le monde au son de Peggy Sue.

Pour l’éducation des enfants, j’ai emporté le strict nécessaire : un Bled, un Bescherelle, un Grévisse, un Larousse illustré en sept volumes; tout Rabelais, Debord, Kerouak, Baudelaire et Sade pour quand ils seront plus grands. Quelques bouquins essentiels de science et le tour est joué : le moins assidu de mes mômes aura quand même dépassé le niveau d’un polytechnicien d’aujourd’hui. Et avec le rythme de vie de Chantiers de jeunesse en jamboree chez les Komsomols qu’ils se verront imposer au quotidien, ils devraient être parés pour le pire et le meilleur et ne plus craindre grand-chose .

J’ai rempli d’eau une vielle citerne en béton. Elle surplombe la vallée. Désormais, je jouerai les crapauds, les doigts de pieds en éventail, un canotier sur la tête, un famas dans la main, un daïquiri banana dans l’autre et les Stooges à fond la caisse sur ma chaîne qui tournera à l’énergie solaire.

Je vous quitte et vous salue gravement, amis de forum. Et bonne chance ! Que Dieu vous accompagne, nous nous retrouverons entre frères de race sur notre terre libérée. D’ici là, fini les conneries.

Votre *** qui pense à vous.

Le lapin blanc du président

octobre 31, 2007

Revenu comme une baffe qui part sans prévenir en me regardant Président (le seul morceau rock de ce film dont la fin en queue de poisson m’a presque gâché ma soirée * ). C’est marrant parce que j’ai toujours été persuadé de ne rien connaitre de Jefferson Airplane or, cette chanson-là, j’ai l’impression qu’elle m’a accompagnée depuis ma naissance. Même si on s’était un peu perdu de vue.

« Trop connu », avait estimé un pote du virtuel. M’en fous, si l’on se contentait déjà de connaître tout ce qui est trop connu, on aurait acquis un bagage musical qui permettrait de voir venir.

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(*) Je vous l’épargnerai, mais il n’y a rien de pire que les fins qui n’assument pas la conclusion du récit. Ils l’ont écrit à deux plus une troisième. On appelle ça une collaboration, c’est soit pour pallier une panne, soit un docteur appelé après-coup pour une intervention pas toujours heureuse – mieux vaut accoucher dans une maternité, surtout quand il y a des complications, que dans un bus bondé avec le concours d’une infirmière qui se trouvait là – et, bien que le sujet évite et la trop bonne conscience, et le cynisme de bon aloi, cette fin à la con qui ne mène à rien, si ce n’est le faux suspens auquel on ne croit guère, et pour cause, sens très fort l’intervention de dernière minute, ou la concession arrachée à la fatigue.

Autrement, c’est plutôt fortiche dans la description de la mécanique du pouvoir politico-élyséen. Auparavant, et sans remonter jusqu’à l’autre Président, de Verneuil, dont ce n’était à proprement parler pas le sujet, on n’avait eu droit qu’au Promeneur du Champs de Mars, à la main et la calvitie de Mitterrand dans Operation Corned Beef, le reste du corps en version longue dans Le Bon Plaisir. Films dont le sujet – ou la silhouette – reposait sur la description d’une seule et même personne et qui, franchement, évoquaient peu le quotidien et la réalité de l’exercice du pouvoir présidentiel.

Une réalité cinématographique, équivalente dans mon esprit aux réalités littéraires ou artistiques : moins fondée sur l’exactitude des faits que sur leur vraisemblance. Une vraisemblance composée, selon une alchimie délicate, d’ on-dits notoires, de psychologie universelle, d’un minimum d’attention à ce qui est donné à voir dans le moindre reportage, et d’anecdotes qui ne peuvent pas avoir été inventées. Ou bien ce serait trop beau.

En l’espèce, je pense moins à la scène de la jeune comédienne qui débarque à poil dans la chambre du président, plus un cliché qu’autre chose – même si les clichés ne sont qu’une exploitation paresseuse et stéréotypée de faits avérés – qu’au culte révérencieux que rend Claude Rich à la liquette royale que portait Louis XVI en montant à l’échafaud, conservée pieusement et secrètement loin des regards de la populace – pour le cas où il lui viendrait des idées de Restauration ou, plus vraisemblablement, signe manifeste, car honteux, d’un remords fondamental, équivalent au trognon de pomme qu’aurait conservé Adam par-devers lui. Autre hypothèse encore : l’ultime trophée républicain analogue au cœur ou à la tête d’un ennemi vaincu, préservé telle une relique dans le Saint des Saints, illustration de la jalousie mal assumée que les franc-mac athées ont toujours entretenu vis-à-vis du sacré.

Enfin, un quotidien administratif, professionnel, de rapports humains, nécessairement trivial mais cohérent avec un milieu spécifique. Ce dont le cinéma français semble avoir perdu le secret, ou plutôt le contact, depuis que les réalisateurs sont formés à l’ENA du cinoche qu’est la FEMIS, mais que l’on retrouve néanmoins dans certains films tels que La Sentinelle, Les patriotes, ou Scènes de Crimes, aussi exceptionnel à la règle que cela soit de la part de Rochant ou Desplechin, compte tenu de leur cursus.

Dans le cas présent, on aura à l’esprit les scènes de discussions dans les lavabos, les pt’tits jeunes du Parti qui n’en veulent, les rapports avec la presse, le garde du corps rebeu – qui, étant donné sa discrétion, ne semble pas expressément répondre à une obligation de quota – ou le protocole bureaucratique à suivre avant d’obtenir une accréditation Secret-Défense.

Autrement, l’intrigue du film – l’entrée à l’Elysée en tant que conseiller d’un petit Mariton, ci-devant amoureux de la fille du locataire, au CV lourdingue d’X, fils de militant gauchiste suicidé en cellule, qui décidé opportunément de jouer les chevaliers blancs avant d’être re-conquis par la personnalité du chef de l’État – alterne faiblesses et réussites, mais parce qu’il ne semble pas , s’inspirer de situations et d’une figure éponyme réelles – navré, je n’y ai pas vu Sarko, même s’il se descend une fois une bonne piste de neige – le résultat est déjà en soi méritoire.

NB. Tout bien considéré, veuillez re-qualifier ce qui se situe au-dessus de la vidéo comme une note de haut de page…

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